[Illustration: Le cardinal Rampolla.--Phot. J. Felici.]
A peu de semaines de distance, le Sacré Collège a perdu deux de ses plus
éminentes figures. Ce fut d'abord, tout récemment, le cardinal
camerlingue Oreglia qui s'en alla, terrassé par l'âge, après une longue
et magnifique carrière dans la pourpre romaine. Le cardinal Rampolla ne
devait pas tarder à le suivre. Le célèbre secrétaire d'État de Léon
XIII, le ministre francophile du Vatican, le pape désigné du dernier
Conclave et que, seul, le veto de l'Autriche empêcha de monter sur le
trône de Saint-Pierre, est décédé, presque subitement, mercredi dernier,
un peu après minuit, dans son palais Sainte-Marthe, derrière
Saint-Pierre.
Le cardinal Rampolla était né, il y a soixante-dix ans, à Polizzi, dans
le diocèse de Cefalu, en Sicile. En 1867, il était entré à l'académie
des nobles ecclésiastiques qui prépare les futurs diplomates de
l'Église. Il fit la première partie de sa carrière dans les nonciatures
et dans l'administration romaine. Ses succès diplomatiques comme nonce
en Espagne lui valurent le rang de cardinal en 1887 et peu après le
premier poste politique de l'Église. On sait l'esprit de conciliation et
d'entente dont il fit preuve durant ce long ministère. Depuis l'élection
de Pie X, le cardinal Rampolla vivait dans une retraite pleine de
dignité et de grandeur. Il ne cessa jamais d'être un ami sincère de la
France.