MARTIAL DE SAIRMEUSE.»

Il plia cette lettre d'une main fiévreuse, et la remettant au

commissionnaire avec un louis:

--Voici la réponse, dit-il, hâtez-vous...

Mais le commissionnaire ne bougea pas...

Il glissa la lettre dans sa poche; puis, d'un geste violent, fit

tomber sa barbe et ses cheveux rouges...

--Lecoq!... s'écria Martial, devenu plus pâle que la mort.

--Lecoq, en effet, monseigneur, répondit le jeune policier. Il me

fallait une revanche, mon avenir en dépendait... j'ai osé imiter, oh!

bien mal, l'écriture de M. d'Escorval...

Et comme Martial se taisait:

--Je dois d'ailleurs dire à monsieur le duc, poursuivit-il, qu'en

remettant à la justice l'aveu écrit de sa main, de sa présence à la

_Poivrière_, je donnerai des preuves de sa complète innocence.

Et pour montrer qu'il n'ignorait rien, il ajouta:

Mme la duchesse étant morte, il ne saurait être question de ce qui a

pu se passer à la Borderie.

Huit jours après, en effet, une ordonnance de non-lieu était rendue

par M. Segmuller en faveur du duc de Sairmeuse...

Nommé au poste qu'il ambitionnait, Lecoq eut le bon goût,--ce dut être

un calcul,--de grimer de modestie son triomphe...

Mais le jour même, il avait couru au passage des Panoramas, commander

à Sterne un cachet portant ses armes parlantes, et la devise à

laquelle il est resté fidèle: _Semper vigilans_.

Monsieur Lecoq — Volume2 L'honneur du nom · 第 97 / 98 题