XIV

--Où donc est passé l'oncle Marc?...--demanda Chiffon en entrant le soir

dans le salon quelques minutes avant l'arrivée des invités--je l'ai

cherché partout... il n'est nulle part...

--Tu sais bien qu'il se terre, ce soir...--dit le marquis--qu'est-ce que

tu lui veux?...

--Je veux lui montrer ma robe... il ne m'a vue dedans que le jour... et

dame!... le soir... je suis si tellement mieux!...

--Tu la lui montreras une autre fois... il est grincheux ce soir...

Et il ajouta en riant:

--Il paraît que tout le monde a ses nerfs, aujourd'hui?...

--Oui...--dit Coryse--à dîner, j'ai bien vu qu'il était tout chose...

qu'est-ce qu'il a... que tu crois?...

--Il a un mauvais caractère...--déclara la marquise.

--Oh!...--protesta Chiffon avec vivacité--ça, jamais!...

Puis, revenant à son idée:

--Je vais encore le chercher?...

--Mais non!...--fit madame de Bray, avec humeur--reste ici... on va

commencer à arriver...

La gaie frimousse de la petite s'assombrit:

--Ah! mon Dieu!... c'est vrai!... il est dix heures!... qui est-ce qui

va arriver les premiers?... j'parie que c'est les plus embêtants de

tous!... Patatras!... quand je le disais!... c'est les Bassigny!...

C'était en effet madame de Bassigny, très serrée dans une éclatante robe

argentée; suivie du colonel, sanglé aussi dans un uniforme un peu

étroit, qui remontait barrant le dos d'un grand pli à la hauteur des

épaules. Madame de Bassigny sembla vexée d'arriver la première. Elle ne

trouvait pas ça chic, et rejeta cette faute d'élégance sur le colonel.

Puis, d'un ton pointu, elle demanda à Coryse «si sa discussion politique

de la veille ne l'avait pas empêchée de dormir?...» La petite répondit

«qu'elle avait un si excellent sommeil qu'elle dormait toujours, même

après les plus embêtantes soirées»... et les arrivants interrompirent la

conversation qui tournait à l'aigre.

Le petit Barfleur entra, collé aux jupes de sa mère et visiblement

inquiet des suites de sa déclaration. Il s'avouait que vraiment il

l'avait «fait un peu trop à la passion», et n'était pas resté dans la

note.

L'accueil indifférent de Chiffon, qui semblait ne se souvenir de rien,

le rassura tout à fait et il reprit vite son bel aplomb; allant, venant,

caquetant à tort et à travers, et remplissant les salons de sa

papillonnante et minuscule personne.

L'entrée du comte d'Axen lui fit l'effet d'une douche. Il commença par

l'examiner avec un grand respect, ému en quelque sorte par la présence

d'un prince «pour de bon»; mais bientôt, il oublia le prince et ne vit

plus que «le rival».

La venue de ce petit bonhomme, plus jeune et guère plus beau que lui,

diminuait considérablement son prestige.

Quand l'orchestre préluda, _Deux liards de beurre_ voulut s'élancer vers

Coryse, mais il arriva devant elle à l'instant même où elle filait,

entraînée par le comte d'Axen. Il constata avec découragement que le

prince valsait à trois temps merveilleusement, comme seuls les gens de

son pays savent valser.

Et non seulement il aurait ce soir le succès de situation, de curiosité,

d'étiquette, auquel il avait droit, mais encore il aurait un succès

d'homme également mérité. De cela, le petit Barfleur ne se consolait

point.

Il courut à madame de Liron qui arrivait, suivie de son mari et de son

beau-frère,--délicieuse et éclatante dans la robe rose entrevue chez la

couturière,--et lui demanda «cette valse»...

Mais la petite de Liron désirait avant tout se faire voir au comte

d'Axen «dans son bon jour», et elle savait que les petits hommes ne font

pas valoir les femmes qui dansent avec eux. Elle répondit, un peu agacée

de cet empressement intempestif:

--Mais... tout à l'heure!... j'arrive... laissez-moi respirer!...

Puis, s'adressant au marquis:

--Alors... c'est sérieux?... votre ours de frère n'est pas là?...

--Tout ce qu'il y a de plus sérieux!...

--Et il ne paraîtra pas?...

--Et il ne paraîtra pas...

Elle leva les yeux au plafond:

--Il est là-haut?... au-dessus de ce vacarme?...

--Mais oui...

--Qu'est-ce que ça lui fait... où il est?...--se demanda Coryse, qui

regardait la jeune femme toute fraîche sous son auréole de diamants.

Rien dans cette rondelette poupée, aux yeux polissons, aux lignes un peu

vulgaires, ne plaisait à Chiffon. Mais en voyant l'enthousiasme excité

par la petite de Liron, elle se disait, avec un effort presque

douloureux pour comprendre cette admiration qu'elle ne s'expliquait

point:

--Paraît qu'elle est bien jolie!...

Le duc d'Aubières s'approcha:

--A quoi pensez-vous... mademoiselle Chiffon?... vous avez l'air d'un

petit conspirateur?...

Coryse rougit:

--A rien...

--Tiens!... vous avez l'air préoccupé... je dirais sombre... si ce

vilain mot tout noir pouvait s'appliquer à vous...

Et, comme la petite troublée balbutiait une insignifiante réponse, il

demanda affectueusement:

--Est-ce que vous avez du chagrin?... est-ce que quelque chose ne va pas

comme vous voulez?...

--Mais non!... je n'ai pas de chagrin... ni rien...--dit vivement

Chiffon.

Et, voulant faire cesser cet interrogatoire qui, sans qu'elle sût

pourquoi, l'embarrassait, elle interrogea à son tour:

--L'élection de l'oncle Marc est sûre... s'pas?...

--Je le crois!... mais il ne me paraît pas s'en soucier beaucoup... de

son élection!... je l'ai vu ce matin... et il ne m'en a pas dit trois

mots... il a l'air d'oublier que c'est dimanche prochain... lui aussi...

il a l'air préoccupé!...

--Ah!...--fit la petite, inquiète.

Et tout de suite elle pensa:

--C'est peut-être à cause de madame de Liron... qu'il est préoccupé?...

Le colonel remarqua le regard vague de Coryse et la petite moue serrée

de ses lèvres:

--Vous voilà encore partie bien loin d'ici... mademoiselle Chiffon?...

bien loin... dans le pays bleu...

Elle répondit, sans bien savoir qu'elle parlait:

--Pas si bleu que ça!...

Peu à peu, ils s'étaient rapprochés des grandes baies ouvertes sur le

jardin. La nuit était orageuse, une chaleur de plomb les enveloppait.

--On étouffe, là dedans!...--fit Chiffon, en secouant ses cheveux

lourds.

Et elle sortit, suivie de M. d'Aubières.

--Tiens!...--s'écria le duc, le nez en l'air--le voilà... cet animal de

Marc!... il va et vient paisiblement dans sa chambre... sans se douter

que nous le voyons d'en bas?...

Chiffon regarda, et vit la haute silhouette de l'oncle Marc qui se

détachait très sombre dans le cadre lumineux de la fenêtre.

--Tiens! oui!... le voilà!...

Madame de Liron arrivait dans le jardin au bras de M. de Bray. Elle

aussi aperçut le vicomte.

Elle s'écria gaiement:

--Une bonne farce... ce serait de monter lui dire bonsoir, à votre

frère!... qu'est-ce que vous en dites?...

--Mais...--répondit le marquis, embarrassé--je ne sais pas trop...

--Si!... faisons ça... voulez-vous?... ça sera très drôle!... montons

chez lui en farandole?...

Et, s'adressant au colonel:

--En êtes-vous... monsieur d'Aubières?...

--Non, madame... je craindrais que mon ami Marc ne me mît à la porte?...

--Mais moi?...--demanda la jeune femme en souriant--est-ce qu'il me

mettrait à la porte aussi?...

Sans attendre la réponse, elle se tourna vers M. de Bray:

--Si je montais... dites?... tout doucement... par l'escalier de la

bibliothèque... ce serait une bonne farce... hein?...

--Excellente!...--murmura Chiffon, d'un ton infiniment impertinent.

--Conduisez-moi... monsieur de Bray... voulez-vous?...

--Madame, moi... il faut que je m'occupe ici d'un tas de

choses...--expliqua le marquis, très embarrassé du rôle que la jeune

femme voulait lui faire jouer--mais... Aubières que voici va vous

conduire...

--Jusqu'à l'escalier...--dit en souriant le duc, qui arrondit son bras.

Coryse restait seule.

Le beau Trêne, tout svelte dans son uniforme de hussard, descendit le

perron:

--Enfin je puis vous saluer... mademoiselle!...

Chiffon, qui se précipitait pour suivre M. d'Aubières et madame de

Liron, s'arrêta, mécontente d'être gênée dans son mouvement.

--Mais... vous m'avez saluée déjà!...--fit-elle sèchement.

Elle avait parlé un peu haut. La silhouette un instant disparue de

l'oncle Marc vint au balcon et y demeura immobile.

--Je vous ai saluée en entrant... mais je n'ai pas pu vous complimenter

sur votre jolie toilette...

Coryse ne répondant rien, il reprit, d'un ton plein de mystère et de

sous-entendus bêtas:

--Après ça... est-ce bien la toilette qui est jolie?... je ne voudrais

pas vous faire un banal compliment... mademoiselle... en vous répétant

ce qu'on a dû vous dire cent fois depuis hier au soir... mais vous

êtes...

--Charmante!...--interrompit Chiffon en riant--oui... c'est convenu,

ça!...

Et, pressée de filer, elle ajouta brusquement:

--... et si c'est tout ce que vous avez à me dire...

Interloqué, M. de Trêne répondit:

--Mais... je voudrais aussi vous supplier de m'accorder une valse?...

--Laquelle?...

--Celle que vous daignerez me donner?... la première... si vous le

voulez bien?...

--La première est au comte d'Axen...

--Encore!...

--Comment, «encore»?...--fit Coryse, agacée--vous allez compter combien

de fois je danse avec celui-ci ou celui-là?...

Elle s'arrêta court. Il lui semblait que l'oncle Marc se penchait

au-dessus d'eux les écoutant. Mais elle n'osa pas, en regardant en

l'air, indiquer sa présence.

Le beau Trêne reprit:

--La seconde valse... alors?...

--Elle est à M. d'Aubières... voulez-vous la quatrième... à partir de

maintenant?...

Le comte d'Axen arrivait, courant presque:

--C'est ma valse... mademoiselle Chiffon!...

A la fenêtre, la grande ombre de l'oncle Marc s'agita inquiète, et

Coryse pensa:

--Je parie que dans ce moment-ci... il a son sourcil fâché?...

--Mademoiselle...--demanda M. de Trêne--je voudrais avoir l'honneur

d'être présenté à monseigneur le comte d'Axen?...

Chiffon, quittant à regret des yeux la fenêtre, se tourna vers le

prince:

--Permettez-vous... monseigneur?...

Et comme il s'inclinait, elle bafouilla très vite:

--Monsieur de Trêne...

--Je suis ravi de vous connaître... monsieur,--dit le comte d'Axen, en

tendant la main à l'officier;--nous allons... la semaine prochaine, être

camarades de régiment... je suis autorisé à assister aux manoeuvres...

et je dois marcher avec vous...

Puis, saisissant Chiffon par la taille:

--Voulez-vous que nous valsions sur ce beau grand perron?... on y entend

très bien la musique... et dans les salons on étouffe!...

Elle se laissa faire, n'osant pas résister, mais craignant, sans savoir

pourquoi, de déplaire à l'oncle Marc, toujours immobile à son balcon.

Lorsque le prince s'arrêta, il dit à Coryse:

--Je regrette vivement de ne pas voir votre oncle ce soir...

--Il est chez lui... à cause de son deuil...--balbutia-t-elle, en

regardant furtivement du côté de la fenêtre.

--C'est un charmant homme... que j'aime infiniment!... nous nous sommes

beaucoup promenés ensemble, ces derniers jours... à pied et à cheval...

--Tiens!...--pensa la petite, étonnée--il ne me l'a pas dit... il ne m'a

jamais parlé de lui depuis l'autre soir...

Le comte d'Axen reprit:

--M. de Bray a la plus belle intelligence que je connaisse... et une âme

exquise...

--N'est-ce pas, monseigneur?...--cria Chiffon, qui avait envie de sauter

au cou du prince.

--Je serai bien content...--continua-t-il--si les manoeuvres finissent

de façon à me permettre de partir avec lui...

--Partir?...--demanda la petite angoissée--partir pour où?...

--Mais... il ne vous a pas dit...

--Si... si...--fit-elle, voulant savoir--il m'a dit... à peu près...

--Eh bien, tout de suite après les élections, M. de Bray va voyager

pendant deux mois...

--Ah!...

--Il veut voir de près bien des misères... se rendre compte de bien des

choses... en un mot... il veut et peut faire beaucoup de bien... Votre

oncle... mademoiselle Chiffon... est un de ces rares hommes qui passent

leur vie à faire de belles actions qu'ils cachent comme si c'étaient des

crimes...

--Oui... je lui ai déjà dit ça!...--murmura Coryse, se tenant à quatre

pour ne pas pleurer.

La pensée que l'oncle Marc allait partir la bouleversait toute. A son

retour, s'il était élu, il s'en irait à Paris où les Bray ne

s'installaient qu'au printemps... elle ne le verrait plus!... plus du

tout!...

A ce moment, le vicomte, penché sur l'appui du balcon, se retourna

brusquement vers l'intérieur de sa chambre. Évidemment, quelqu'un venait

d'entrer chez lui.

--C'est elle!...--pensa Chiffon, dont le coeur battit trop vite.

Et, comme la valse finissait, elle salua le prince et se faufila à

travers les danseurs qui regagnaient leurs places.

En arrivant dans la bibliothèque, elle grimpa le vieil escalier de chêne

qui montait directement à l'appartement du vicomte, décidée à voir, à

écouter, à savoir n'importe comment quelque chose de précis. Mais, tout

à coup, elle s'arrêta découragée.

--Non!...--fit-elle--ça serait vilain!... et puis... je sais tout ce que

je peux savoir!...

Un froufrou de tulle et de soie l'avertit que quelqu'un descendait

au-dessus d'elle. Dégringolant rapidement les marches, elle se blottit

derrière l'escalier.

Toute pimpante, madame de Liron passa à côté d'elle et rentra dans le

grand salon en criant, pour bien indiquer qu'elle ne cachait pas sa

visite:

--Ah!... mais!... c'est qu'il n'était pas content, figurez-vous!...

c'est tout juste s'il ne s'est pas fâché!...

--Elle ment!...--pensa Chiffon--il était ravi... elle dit ça pour pas

que ça ait l'air...

Et, montant à son tour chez le vicomte, elle ouvrit la porte sans

frapper.

Assis devant son bureau, la tête appuyée sur son bras replié, l'oncle

Marc ne l'entendit pas entrer. D'une voix blanche, très émue, elle

demanda rageusement:

--Qu'est-ce qu'elle t'a fait?...

A la voix de sa nièce, il se leva mécontent.

--Qu'est-ce que tu viens faire ici... toi?...

Lorsqu'elle vit le pauvre visage bouleversé, qui se tournait menaçant

vers elle, Chiffon ne sentit plus qu'une immense tendresse pour l'oncle

qu'elle aimait tant! Elle oublia tout, répétant, surprise et troublée

profondément:

--Tu pleures?... pourquoi pleures-tu?... mon Dieu!...

Et, timidement:

--A cause d'elle... s'pas?...

Le vicomte éclata:

--Je ne sais pas qui tu appelles «elle»!... mais je te prie de retourner

à tes danses et à tes flirts!... va écouter les compliments de cette

brute de Trêne... et valser dans le jardin avec le comte d'Axen, puisque

ça t'amuse... mais laisse-moi tranquille chez moi!...

Elle murmura:

--Tranquille?... à pleurer?...

--A pleurer si ça m'amuse!...

Chiffon apercevait dans le cabinet de toilette deux grandes malles

ouvertes. Affolée, elle demanda:

--Tu pars donc plus tôt?...

--Plus tôt que quoi?... et d'abord... comment sais-tu que je pars?...

--C'est le comte d'Axen qui...

Il ricana:

--Ah!... vous parlez de moi quand vous êtes ensemble?...

--Oui!... il m'a dit que tu vas voyager... faire du bien...

Et comme il ne répondait pas, elle demanda, d'une voix tremblée, qui

disait toutes ses épouvantes:

--Et moi?... qu'est-ce que je vais devenir?...

Sans la regarder, il répondit d'un ton coupant:

--Dame!... tu ne penses pas que je peux t'emmener, n'est-ce pas?... ni

rester ici pour te servir de bonne?...

--Oh!...--fit douloureusement Chiffon, dont les yeux de pervenche se

voilèrent de larmes--comme tu me parles... oncle Marc!... comme tu me

parles vilainement!...

--Pourquoi viens-tu me tourmenter comme ça?...

Elle resta un moment sans répondre; immobile au milieu de la chambre,

toute rose dans la robe neigeuse qui coulait droite le long de ses

hanches, dessinant la ligne si pure de son petit corps jeune et

vigoureux. La nappe de cheveux blonds qui flottait autour d'elle,

envolée au courant d'air de la fenêtre, lui donnait l'aspect d'une

petite fée, d'un petit être bizarre et irréel. Et, malgré lui, Marc, qui

avait relevé la tête, la regardait avec une expression d'immense

tendresse au fond de ses yeux rougis.

Trop myope pour voir ce regard, Chiffon demanda, après avoir longuement

réfléchi:

--Alors, comme ça... d'après ce que m'a dit le prince... tu t'en vas

d'ici pour faire des belles actions?...

Il haussa les épaules. La petite reprit:

--Ben, moi... je pourrais t'en indiquer une à faire... et pas loin... de

belle action?...

Et, comme il ne répondait pas, elle murmura dans un faible souffle:

--Ça serait de m'épouser?...

Devenu très pâle, le vicomte marcha vers elle:

--Qu'est-ce que tu as dit?...

--Tu as très bien entendu...

Il répliqua d'une voix rauque:

--Tu as la plaisanterie féroce... et pas drôle!...

--La plaisanterie!...--s'écria Chiffon effarée--ah Dieu!... mais je

t'aime plus que tout!... et il y a des instants où il me semble que tu

m'aimes aussi plus que le reste... alors, je te dis: «Épouse-moi!»

--Chiffon!...--fit doucement l'oncle Marc, qui attira la petite dans ses

bras--mon Chiffon!... Oh! oui, je t'aime, va!... je t'aime!... je

t'aime!... je t'aime!...

--Alors... tu veux bien?...

Il la couvrait de baisers sans parler. Elle soupira, toute frissonnante:

--Oh! que c'est bon... d'être embrassée par toi!...

Puis, éclatant de rire:

--Crois-tu qu'ils vont faire un nez... en bas... quand ils sauront

ça?...

L'oncle Marc regardait Chiffon, hésitant encore à la croire à lui.

Penché sur son visage, il murmura dans un baiser:

--Ah! petit Chiffon!... si tu savais combien j'ai été malheureux!... et

désespéré!... et jaloux!...

--Jaloux?... oh! ça!... fallait pas!...

Et se serrant éperdument contre lui, elle balbutia, câline et tendre:

--... car ça m'étonnerait rudement si je te trompais jamais... toi!...

Le mariage de Chiffon · 第 22 / 25 题