CLENCHE, suivant Boiste, signifie _loquet de porte_: mais _clencher_

n'est pas français: conséquemment l'on ne doit pas dire, _on clenche à

la porte_, etc.

COEUR, CHOEUR se prononcent _keur_. Gardez-vous de dire avec le peuple,

_qu-eur_.

COFFEE. Il est du dernier ridicule d'aller chercher le mot anglais

_coffee_, que l'on prononce comme les anglais, _kâu-fé_ tandis que nous

avons le terme français _café_, dont l'_a_ est aigu, et que l'on doit

par conséquent prononcer _caf-é_.

COUETTE pour signifier, cheveux de la nuque noués, n'est pas français.

COLLÉREUX-EUSE, dites, _colère_.

COLLATION est féminin. _J'ai mangé du fruit à_ MON _collation_,--_il a

fait un_ BON _collation_, sont des sollécismes insupportables.

COLLECTER (du verbe anglais _to collect_) est un barbarisme. Il ne faut

donc pas dire, COLLECTER _des dettes_,--_des souscriptions_; mais,

RECUEILLIR _des dettes_, _des souscriptions_.

COLLECTEUR. Ce mot se dit seulement de celui qui est chargê de percevoir

les taxes, les impositions; mais non de celui qui recueille des

souscriptions, des dettes, etc.

CONDUITE n'est pas synonyme d'_économie_: et c'est une faute grossière

que de dire, _cet homme a beaucoup de_ CONDUITE, pour signifier qu'il

est fort entendu en économie.

CORDEAU est une petite corde pour aligner: et c'est à tort qu'on

l'emploie au pluriel comme synonyme des _rênes_ ou _guides_, que l'on

attache à la bride d'un cheval attelé à une voiture.

CORDON, employé pour signifier une mesure de bois de chauffage, n'est

pas français.

_Cordon d'aube_ est une faute: dites, _ceinture d'aube_.

COTON employé pour designer une tige sans feuilles; un épi de blé d'Inde

dépouillé de ses grains; la souche d'un choux; etc., est une faute

grossière.

COÛTE QUI COÛTE. Dites, _coûte_ QUE _coûte_.

CRACKER. Rejettez ce mot vulgaire anglais, par lequel on désigne une

sorte de petit biscuit dur et cassant; et dites en français _biscotin_.

CRAQUÉ. _Le mur est_ CRAQUÉ,--_le verre est_ CRAQUÉ, sont des

expressions incorrectes: dites, _le mur est fendu, ou crevassé_;--_le

verre est fêlé_.

CRI-CRI est le grillon domestique: il ne doit pas être confondu avec le

_criquet_, habitant des champs, qui est une autre espèce de grillon.

CROCHET et TAQUET sont des instrumens recourbés pour tenir quelque

chose. On ne doit pas confondre ces mots avec _verrou_, qui est une

fermeture de porte d'une autre forme.

CROUSTILLANT-TE, ne se trouve dans aucun dictionnaire. Conséquemment

l'on ne doit pas dite: _pâtisserie_ CROUSTILLANTE:--_comptes_

CROUSTILLANS: mais, _pâtisserie croquante_;--_comptes croustilleux_.

CUSTODE. Au lieu de _tabernacle_, le peuple dit _custode_, pour désigner

l'ouvrage fait en forme de petit temple pour renfermer le saint ciboire.

_Custode_ n'est qu'une couverture du ciboire.

DALLE. L'emploi de ce mot, pour désigner le petit canal qui conduit

l'eau à la roue d'un moulin, est une faute: AUGE est le vrai terme.

DÉCESSER n'est pas français. _Il ne_ DÉCESSE _de parler_; dites, _il ne

cesse de parler_.

DÉFONCER _une porte_, est un solécisme: dites, _enfoncer une porte_.

DÉGRADER, terme de marine, signifie _dégréer et abandonner un vaisseau_.

_Navire_ DÉGRADÉ signifie aussi un _navire arrêté, ou éloigné de sa

route par la violence des vents_.

C'est contrairement aux règles de la langue que l'on emploie le mot

_dégrader_ en parlant des voyages par terre. Ainsi l'on dit, _nous avons

été_ DÉGRADÉS _par le mauvais temps_: pour, _nous avons été arrêtés en

chemin par le mauvais temps_;--_j'ai_ DÉGRADÉ _mon compagnon de voyage_;

pour, _j'ai devancé mon compagnon de voyage_, etc.

DÉGRAS. _Être au dégras_, qui se dit de quelqu'un devenu infirme et

incapable d'agir; ou de quelque chose qui est usé et hors de service,

n'est pas français.

DÉMANCHER, qui veut dire, ôter la manche à un instrument, est employé

abusivement pour signifier démonter un instrument composé de plusieurs

pièces, défaire un ouvrage, détruire, démettre, disloquer, etc., comme

dans ces phrases: _cet ouvrage est mal fait, il faut le_ DÉMANCHER:--_il

faut_ DÉMANCHER _cette lunette d'approche, pour en nettoyer les

verres_:--_il s'est_ DÉMANCHÉ _une épaule_.

Mais on dit, _cette affaire se_ DÉMANCHE, pour signifier qu'elle va mal.

DEMI-ARD ou DEMIARD, dans le langage vulgaire, signifie une mesure de

liquide, de la demi-contenance d'une chopine.

_Demi-ard_ ne se trouve pas dans les dictionnaires; et par quel terme le

remplacer?--Par celui de _demi-chopine_ ou de _demi-setier_ sans doute,

puisque la _chopine_ et le _setier_ sont une même mesure.

DEPUIS. Ne dites pas, DEPUIS _Québec jusqu'à Montréal il y a 60

lieues_;--DEPUIS _ici jusque-là_: dites, DE _Québec à Montréal_

etc.--D'_ici jusque-là_.

DÉTEINDRE. Ne dites pas, _ce drap_ DÉTEINT, mais SE _déteint_.

DIFFICILE. C'est une faute de dire, _ces livres sont_ DIFFICILES _à se

procurer_: il faut, _il est difficile à se procurer ces livres_.

DINDON est un substantif masculin qui signifie _coq-d'Inde_. _Dinde_ est

la _poule-d'Inde_, et féminin par conséquent: _voilà_ UN BEAU

_dinde_,--_j'ai mangé_ DU _dinde_, sont donc des solécismes: dites,

_voilà_ UNE BELLE _dinde_:--_j'ai mangé_ DE LA _dinde_.

On dit au moral, _voilà un grand dindon_ (niais) et non pas, _voilà un

grand dinde_.

ÉBAROUI. Terme de marine, qui se dit d'un navire dont le bordage est

desséché par le soleil. Ce mot n'a point d'autre acception, et par

conséquent les expressions, _ce seau est_ ÉBAROUI,--_cette cuve est_

ÉBAROUIE, ne valent rien.

ECCLESIASTIQUE. Terme qui désigne tout membre du clergé, qu'il soit ou

non _prêtre_. C'est donc à tort que l'on applique ce mot aux seuls

aspirans, qui n'ont pas reçu l'ordre de la prêtrise.

ÉLEVEZ _les yeux au ciel_; phrase vicieuse: dites, _levez les yeux au

ciel_.

EMBARQUEMENT. DÉBARQUEMENT. ABORDAGE. Le peuple emploie ces mots pour

signifier un lieu propre pour embarquer et débarquer. Il faut dire,

EMBARCADÈRE.

EMBARQUER, S'EMBARQUER, DÉBARQUER, pour signifier, monter en voiture,

descendre de voiture, en parlant de voitures de terre, ne seraient que

des expressions ridicules, si elles fussent restées dans les derniers

rangs de la société: mais que ces locutions ignobles aient gagné nos

salons respectables, c'est un vrai scandale. _Monsieur est_ DÉBARQUÉ _du

carosse_,--_Madame est_ EMBARQUÉE _dans la calèche_,--_je m'_EMBARQUERAI

_dans mon traîneau_. Quel pitoyable langage!

ÉMIGRATION est l'action d'émigrer. Il est l'opposé d'IMMIGRATION, qui

signifie l'établissement d'étrangers dans un pays.

EMMANCHER, (prononcez _an-manché_, et non pas _a-manché_) signifie

mettre un manche. On voit par là combien ce mot est employé abusivement

dans ces phrases, _cet artiste a mal_ EMMANCHÉ _ma lunette

d'approche_,--_l'ouvrier a_ EMMANCHÉ _le tuyau du poële_, etc.

Cependant le verbe réfléchi, _s'emmancher_, s'emploie figurément pour

signifier _s'arranger_, _s'ajuster_;--_cela ne_ S'EMMANCHE _pas ainsi_.

EN QUELQUE PART, locution ridicule: _il est allé_ EN QUELQUE PART:

retranchez EN.

ENCANTER, ou, _mettre sur le_ CAN, sont des expressions barbares que

l'on doit remplacer par l'adverbe _de champ_, qui signifie posé

horisontalement sur le côté le plus étroit. Ainsi placer une brique _de

champ_, c'est la placer sur la face la plus étroite: mettre des solives

_de champ_, c'est les poser sur la partie la moins large.

ENGRENER; _Laisser_ ENGRENER _le mal_, pour signifier _laisser augmenter

la maladie_, est un solécisme.

ESCOUSSE veut dire course pour mieux sauter. On confond souvent ce mot

avec _fois_, et l'on dit, _essayez encore une_ ESCOUSSE, pour, _essayez

encore une_ FOIS:--_à une autre_ ESCOUSSE _je serai plus heureux_, pour,

_une autre_ FOIS _je serai plus heureux_.

ÉTANCHE pour signifier qui ne coule pas, n'est pas français. _Un baril_

ÉTANCHE,--_un navire_ ÉTANCHE, sont donc des locutions vicieuses.

Ce qui suit se lit dans le Dict. de Trévoux.

«On dit d'un vaisseau qui ne prend point eau, qu'il est

_étanché_: on dit aussi que les soufflets d'un orgue sont bien

_étanchés_, lorsque le vent ne se perd pas.»

EXAMEN. On prononce _examène_ et _examin_. Cette dernière prononciation

est préférable.

FARD. On désigne souvent par le mot _fard_ les viandes et herbes hachées

mince pour mettre dans la volaille, etc. C'est une faute; il faut dire

_farce_.

FER. C'est abusivement qu'on nomme _marchands de fer_, ceux qui exercent

la profession de _taillandier_ et de _ferronnier_.

FIÈREMENT. C'est peu connaître la valeur de ce mot que de l'employer

comme suit; _cet homme est_ FIÈREMENT _laid_ (très-laid); _cet enfant

est_ FIÈREMENT _gauche_ (très-gauche), etc.

FIXEMENT. Prononcez _fixce-ment_, et non pas _fix-é-ment_.

FLÉAU, instrument pour battre les grains, se prononce _flé-ô_ et non pas

_flô_.

FORT est souvent, mais abusivement, employé pour village, bourg,

bourgade: _allons au_ FORT _de Varennes_.

L'existence jadis de forts bâtis par les premiers colons du pays, pour

se mettre à l'abri des incursions des indigènes, a donné lieu à cette

locution vicieuse.

FOURRIÈRE est le lieu où l'on enferme les chevaux, le bétail saisis: on

dit, _mettre en fourrière_, _être en fourrière_.

_Enclos public_ pour signifier _fourrière_, est une faute grossière.

FRAÎCHE. _Prendre la_ FRAÎCHE est un barbarisme; dites, _prendre le_

FRAIS.

FRICASSER _des coups à quelqu'un_,--_fricasser son camp_,--_je m'en

fricasse_, sont des expressions si basses que la plume refuse presque de

les tracer.

FRICOT, terme bas et populaire, que ne profèrent jamais les personnes

d'éducation.

FRINGALE, mot vulgaire employé pour signifier faim pressante, n'est pas

dans les dictionnaires.

GAUSSER, pour signifier couper menu du bois, ou autre chose, comme font

les enfans pour s'amuser, n'est pas français.

GENRE de certains substantifs. Les erreurs populaires relativement au

genre de certains substantifs, doivent être évitées avec une attention,

toute particulière. Quoi de plus révoltant que les expressions,

_l'angelus est_-ELLE SONNÉE?--UNE _appétit_ DÉVORANTE:--CETTE _ouvrage

est très_-BELLE: _on donne de_ FORTES _gages à ce domestique_, etc.

GERMAGE: barbarisme, dont nos paysans se servent pour exprimer l'état

des grains qui, après avoir été sciés et mis en javelle, ont germé sur

le sillon.

GINGUER, ÊTRE EN GINGUE: expressions barbares pour signifier faire des

gambades, en parlant des quadrupèdes, et même des personnes.

GOUTTIÈRE est un canal pour les eaux de pluie des toits: c'est à tort

que l'on emploie comme synonymes de _gouttière_ les termes _dalle_ et

_dallot_, qui signifient, le premier, _canal de pompe_, ou, _tablettes

de pierres dures_, _dont on revêt les trottoirs_, _les terrasses_, etc.:

le second, _canal pour l'écoulement des eaux d'un navire_.

Le mot _gouttière_ est, à son tour, employé improprement employé pour

signifier, _petite fente_ ou _trou_ dans un toit, une voûte, etc., par

lequel les eaux suintent.

GRAINS _de pluie_, faute grossière: dites, _gouttes de pluie_.

GRÉER, que le peuple prononce _grayer_, signifie _équipper un vaisseau_.

Les locutions suivantes prouvent jusqu'à quel point le vulgaire abuse du

mot _gréer_. _C'est un homme bien_ GRAYÉ _en chevaux_:--_je me_ GRAYE

_pour aller à la chasse_,--_vous n'êtes pas_ GRAYÉ _pour loger tant de

monde_, etc.

GROCERY. Rejettez ce mot anglais, et dites _épicerie_. D'ailleurs la

prononciation du mot _grocery_ donne lieu à une équivoque, en ce que

l'on croit entendre le mot français _grosserie_, qui signifie commerce

en gros, ou gros ouvrages de taillandiers.

Groseille d'après le Dict. de l'Acad. est une espèce de _petit

fruit..qui vient par grappes. Il y a groseille rouge et blanche._

_Groseille à maquerau ou groseille verte_, d'après la même autorité, est

un _fruit vert ou rougeâtre, plus gros que les groseilles ordinaires,

qui vient sur un arbrisseau épineux_.

Ces descriptions de la groseille s'accordent avec celles des

naturalistes.

Quant au mot _gadelle_, par lequel nous désignons d'ordinaire la

groseille à grappes, il ne se trouve ni dans le Dict. de l'Acad. ni dans

celui de l'Hist. Nat. de Valmont-Bomare. Boiste dit que _gadelle_ est

une espèce de _groseille_: et on lit dans le Dict. d'Hist. Nat. par une

société de savans, que _gadelle est le nom que portent les groseilles

dans la ci-devant province du Perche_ en France.

De ces observations il résulte, que c'est une erreur de nommer

_gadelle_, le fruit à grappes, dont il est question.

GUELLARD prononcez _gheu-lar_ et non pas, _gu-el-lar_. Celle dernière

prononciation est vicieuse, et elle doit être evitée également dans les

mots suivants.

Gueule, _prononcez_ gheule.

Gueulée, ---- gheu-lé.

Gueuler, ---- gheu-lé.

Gueules, ---- gheule.

Gueulette, ---- gheu-lette.

Gueusaille, ---- gheu-saille.

Gueusailler, ---- gheu-sail-lé.

Gueusant, ---- gheu-san.

Gueuse, ---- gheuse.

Gueuser, ---- gheusé.

Gueuserie, ---- gheu-se-ri.

Gueux, ---- gheu.

Dégueuler, ---- dé-gheu-lé.

HONTEUX. L'_h_ de ce mot est aspiré. Qu'il est pénible d'entendre dire

_cè-tonteux_,--_il è-tonteux_, pour, _c'est-honteux_,--_il est-honteux_!

ICI. Ne dites pas, _ces jours-ici_,--_ces livres-ici_: ce sont des

fautes: il faut dire, _ces jours-ci_,--_ces livres-ci_, etc.

IL N'A QU'À _pleuvoir_; _Paul n'a qu'à tomber_; solécismes; dites, _s'il

vient à pleuvoir_,--_si Paul vient à tomber_, ou, _s'il pleut_,--_si

Paul tombe_.

ILS employé pour ELLES, est un solécisme révoltant. Quel pitoyable

langage que celui qui suit! _Où sont ces Demoiselles? ont-_ILS _oublié

l'invitation à dîner chez notre tante?--non, Monsieur,_ ILS _ne l'ont

pas oublié;_ ILS _sont au jardin, et vous y attendent._

Les mêmes remarques s'appliquent à _eux_ et à _eux-autres_, qu'on

emploie fréquemment pour _elles_.

IMPERTINENCE. _Donner des impertinences à quelqu'un_, est une locution

barbare.

INFLAMMATION. Gardez-vous de prononcer avec le peuple AN-_flâ-mâ-tion_:

dites, _in-flamme-mace-i-on_.

INGÉNIEUR. C'est une erreur de désigner par ce terme celui qui dirige

les machines d'un moulin à vapeur; d'un bateau-à-vapeur, etc.:

_machiniste_ est le mot propre.

INVECTIVER _quelqu'un_, n'est pas français: il faut dire, _invectiver

contre quelqu'un_.

JOLIMENT. On fait quelquefois un étrange abus de ce mot; comme quand on

dit, _cet homme est_ JOLIMENT _laid_:--_il fait_ JOLIMENT _froid_.

LARD. _Lard salé_, _lard frais_, _manger du lard_; expressions barbares;

dites, _porc salé_, _porc frais_, _manger du porc_.

_Lard_ est la graisse ferme qui est entre le cuir et la chair du porc,

de la baleine, etc.

_Porchet_ pour _jeune porc_ n'est pas français.

LARGUER. On emploie souvent, mais abusivement, ce terme de marine, pour

signifier, lâcher prise, laisser aller, détendre, etc.

LENDEMAIN. _Du jour au lendemain_ est une locution incorrecte: dites

d'un jour à l'autre: ou, de la veille au lendemain.

LETTRE MOULÉE est une lettre imprimée: c'est aussi une écriture à la

main qui imite l'imprimé. Dans ce dernier sens on dit, _écriture en_

LETTRES MOULÉES:--_écrire un compliment en_ LETTRES MOULÉES: et non pas

_écriture_ IMPRIMÉE:--IMPRIMER _un compliment_.

LOCUTIONS LATINES. Les locutions latines, _exempli gratiâ_--_verbi

gratiâ_,--_id est_,--_anno Domini_,--_ante meridiem_,--_post

meridiem_,--_junior_, _senior_, etc. n'ayant pas été incorporées à la

langue, doivent être rejettées.

LONGUE-VUE employé pour signifier _lunette d'approche_, ou _lunette à

longue vue_, est un solécisme.

LORSQUE. Faites sonner l'_s_ de ce mot: mais garder-vous de faire

entendre trois syllabes en prononçant _lor-se-que_.

MACONNE n'est pas un substantif. C'est une erreur très-commune

d'employer ce moi pour _maçonnage_, qui est le travail du maçon: et pour

_maçonnerie_, qui est l'ouvrage achevé.

MAL. _J'ai mal à_ MA _jambe_,..._à_ MON _bras_: dites, _j'ai mal à_ LA

_jambe_,...AU _bras_.

MAL COMPLAISANT. Dites, PEU _complaisant_. Les locutions _mal appris_,

_mal éduqué_ sont incorrectes; il faut dire _mal élevé_.

MANCHONNIER. Dites, _foureur_, car _manchonnier_ ne se trouve pas dans

les dictionnaires.

MARBRE. _Bille_ est le nom de la petite boule de marbre, qui sert de

jouet aux enfans. Il faut donc dire, _jouer aux_ BILLES, et non pas,

_jouer aux_ MARBRES.

MARIER (se). On ne se marie pas AVEC quelqu'un, mais À quelqu'un.

La locution, _Mons. N. a marié Mlle N._ pour signifier _a épousé Mlle

N._, est révoltante.

MÉGARD. Le vrai mot, est _mégarde_: ainsi ne dites pas, _j'ai fait cela

par_ MÉGARD, mais..._par_ MÉGARDE.

MEILLEUR. _Au_ MEILLEUR _de mon jugement_,--_au_ MEILLEUR _de ma

connaissance_,--_Monsieur vous offre ses_ MEILLEURS _complimens_,

--_Madame vous présente ses_ MEILLEURS _respects_, sont des anglicismes

que la langue française repousse.

MENOIRES, TRAVAIL, pour désigner les deux pièces de bois d'un traîneau,

entre lesquelles le cheval est attelé, sont des barbarismes. Dites

_limonière_.

_Limon_ est l'une des branches de la _limonière_, et ne doit pas être

confondu _avec timon_, qui est la longue pièce d'un chariot ou d'un

carrosse, des deux côtés de laquelle on attelle les chevaux.

MENTHE se prononce _mante_. Gardez-vous de dire avec le vulgaire, _une

décoction de_ MINTHE,--_je bois de la_ MINTHE,--_la_ MINTHE _est un

fébrifuge_, etc. Cette prononciation est insupportable.

MER n'est pas synonyme de _vague_. Ne dites pas, _il fut emporté par

une_ MER: dites, _il fut emporté par une lame_, _par une vague_, ou _par

un coup de mer_.

MIDI, MINUIT n'ont point de pluriel. _Je sors tous les_ MIDIS;--_je

m'éveille tous les_ MINUITS, sont donc des locutions incorrectes: dites,

_je sors tous les jours à_ MIDI:--_je m'éveille toujours à_ MINUIT.

MITOUCHE (sainte). Dites, _sainte_ NITOUCHE,--_faire la sainte_

NITOUCHE.

MOINDREMENT ne se trouve dans aucun dictionnaire.

MOUILLER. _Il_ MOUILLE,--_il va_ MOUILLER, pour, _il pleut_,--_il va

pleuvoir_, sont des fautes grossières.

MOYENNANT QUE n'est pas français: dites, _pourvu que_.

NAVIRE. C'est une erreur de désigner par ce mot les seuls vaisseaux à

trois mâts. _Navire_ signifie en général, _bâtiment de mer_: et l'on

dit, _un navire à trois mâts_,--_à deux mâts_.

NEIGE. _Chute de neige_,--_abat de neige_,--_bordée de neige_, sont des

solécismes; aussi bien que ces autres expressions, en parlant de neige:

_il poudre_,--_il fait une grosse poudrerie_, etc.

ORDRE. _J'ai_ ORDRE _de vous notifier_; dites, _j'ai_ REÇU _ordre_,....

ORGE est féminin, excepté dans ces mots, _orge mondé_,--_orge perlé_.

_Orge mondaine_ est une faute grossière.

OUBLIE est une sorte de pâtisserie, et c'est une faute d'employer ce mot

pour signifier _pain à cacheter_.

OUSSE _qu'il est?_ expression barbare: dites, _où est-il?_

OUVREZ. Quand on frappe à votre porte, dites, _entrez_, et non pas

_ouvrez_.

PAGAIE est le terme propre pour désigner la rame dont les Indiens se

servent pour faire aller leurs pirogues et canots d'écorce. _Aviron_

pris dans ce sens est une faute, parce que _aviron_ est une sorte de

rame de batelier.

PAGAYEUR, celui qui tire à la pagaie.

PAGÉE de clôture. Le mot _pagée_ n'est pas français.

PAIRE _de vache_, faute grossière: dites, _Pis de vache_, PIS _de

brebis_, PIS _de truie_.

Considéré comme bon à manger, _pis_ prend le nom de _tétine_. _Manger

d'une tétine_.

PARAPET. On désigne souvent par ce mot le chemin élevé, pratiqué le long

des rues, des ponts, etc., pour les gens à pied. C'est une faute:

_trottoir_ est le terme propre.

PARCE QUE, conjonction, se prononce en deux syllabes, et non en trois.

PARFAIT. _Il chante au_ PARFAIT,--_cela va au_ PARFAIT.--Dites, _il

chante parfaitement_,--_cela va parfaitement_.

PAR RAPPORT QUE, employé pour _parce que_, ou _par la raison que_, est

une locution vicieuse. Il ne faut donc pas dire: _je ne puis encore

répondre à votre question_ PAR RAPPORT QUE _je n'ai pas eu le temps de

l'examiner à fond_:--dites.._parce que_, ou, _par la raison que je n'ai

pas eu le temps_, etc.

PAS MAL est une expression incorrecte, lorsqu'elle est employée pour

signifier une certaine abondance, une quantité ou un nombre passable,

comme dans ces locutions: _il pleut_ PAS MAL,--_il y avait_ PAS MAL _de

monde à l'assemblée_:--_il reste_ PAS MAL _de vin dans cette

caraffe_,--_son discours a été_ PAS MAL _long_.

_Pas guère_ est un barbarisme.

PASSÉ, contraction ridicule des mots _pas_ et _assez_. _Je n'ai_ PASSÉ,

(pas assez) _d'argent pour faire cette emplette_.

PELLETER, qu'on emploie pour signifier, jetter quelque chose avec une

pelle, n'est pas français. On doit donc éviter les expressions: PELLETER

_la neige_,--PELLERER _la terre_, etc. Mais on dit, _pellée_, _pellerée_

ou _pelletée de neige_,--_de terre_, etc.

PELOTE. _Jeu de_ PELOTE;--_jouer à la_ PELOTE, sont des expressions

vicieuses: dites: _jeu de_ PAUME,--_jouer à la_ PAUME.

C'est avec une _balle_, et non avec une _pelote_, qu'on joue à la paume.

Mais on dit, _se battre à coups de pelotes de neige_..._de boules de

neige_.

Le verbe neutre _peloter_, signifie, jouer à la paume, sans faire de

partie réglée.

PICOTE, PICOTE-VOLANTE, sont des barbarismes. Il faut, VARIOLE,

VARICELLE: ou PETITE-VÉROLE, PETITE-VÉROLE VOLANTE.

Mais on dit, _picoté_ pour signifier _marqué de petite vérole_.

PIEDS. _Il a ses souliers_ DANS _ses pieds_;--_il a ses bas_ DANS _ses

jambes_: dites, _il a ses souliers_ AUX _pieds_..._ses bas_ AUX

_jambes_.

PLANCHE. La table peinte en noir pour écrire, tracer des figures, etc.,

dans les écoles, se nomme TABLEAU et non pas PLANCHE.

PLANCON. On désigne ainsi une longue et forte pièce de bois écarrie:

c'est une faute: _plançon_ est une branche de saule, ou d'un autre

arbre, qui vient de bouture.

POCHETÉE. _Une_ POCHETÉE _de blé_:--_une_ POCHETÉE _de sel_, sont des

barbarismes: dites,--_une_ POCHE ou _un_ SAC _de blé_:--_une_ POCHE ou

_un_ SAC _de sel_.

POIGNÉE. C'est à tort que l'on emploie ce mot pour désigner les _anses_

qui servent à porter un coffre, une casette, une malle. _Portant_ est le

mot propre.

_Poignée de serrure_ est aussi une faute: dites, _bouton de serrure_.

On dit cependant _poignée d'une épée_.

POIS CHICHE est une sorte de gros pois. Le peuple dit _pois_ CHIQUES: et

il emploie cette expression pour désigner de mauvais pois.

PORTANT, participe du verbe _porter_, ne doit pas être employé comme

adjectif verbal. Il ne faut donc pas dire, _je suis bien_

PORTANT,--_elle est bien_ PORTANTE: mais, _je me porte bien_,--_elle se

porte bien_.

PRENDRE _du froid_,--_un rhume_, sont des anglicismes que l'on doit

éviter: il faut dire, _attraper_ ou _gagner du froid_, _un rhume_, _la

fièvre_, _une maladie_.

PRÊT. Au lieu de _prêt_ et _prête_, le peuple emploie souvent les mots

_paré_ et _parée_. Delà des expressions pitoyables, telles

que,--_êtes-vous_ PARÉ _à commencer_?--_cette Dame est-elle_ PARÉE _à

partir_? etc.

PROMETTRE. _Je vous_ PROMETS _qu'il est arrivé_; expression vicieuse,

qui doit être remplacée par, _je vous_ ASSURE _qu'il est arrivé_.

PROMOUVOIR (qui n'est guère employé qu'à l'infinitif et aux temps

composés) signifie _avancer à quelque dignité_: il se dit

principalement d'un ordre, d'une dignité ecclésiastique. PROMOUVOIR _les

intérêts de quelqu'un_;--PROMOUVOIR _la prospérité du pays_; etc., sont

donc des barbarismes.

QUASIMENT: dites, _quasi_, _presque_.

QU'EST-CE QUE T'AS?--T'AS _mal agi_;--QU'EST-CE _qui appelle_? sont des

expressions barbares.

QUEUE. Prononcez, _keu_ et non pas _qu-eu_:--_la queue de votre

robe_;--_Pacha à trois queues_: dites, _la_ KEU _de votre robe_:--_Pacha

à trois_ KEU.

RAIDE n'est jamais substantif. Il faut donc éviter l'expression

vulgaire, _avoir son_ RAIDE _à_, comme dans cette phrase, _il a eu tout

son_ RAIDE _à soulever ce fardeau_.

RAISONS. Ne dites pas, _avoir des_ RAISONS avec quelqu'un: mais, _avoir

dispute_, ou _querelle avec quelqu'un_.

Manuel des difficultés les plus communes de la langue française, adapté au jeune âge et suivi d'un recueil de locutions vicieuses · 第 8 / 9 段