VII. L'influence d'un confesseur.

À peine les orphelines eurent-elles quitté la femme de Dagobert,

que celle-ci, s'agenouillant, s'était mise à prier avec ferveur;

ses larmes, longtemps contenues, coulèrent abondamment: malgré sa

conviction sincère d'avoir accompli un religieux devoir en livrant

les jeunes filles, elle attendait avec une crainte extrême le

retour de son mari. Quoique aveuglée par son zèle pieux, elle ne

se dissimulait pas que Dagobert aurait de légitimes sujets de

plainte et de colère, et puis enfin, la pauvre mère devait encore,

dans cette circonstance déjà si fâcheuse, lui apprendre

l'arrestation d'Agricol, qu'il ignorait. À chaque bruit de pas

dans l'escalier, Françoise prêtait l'oreille en tressaillant; puis

elle se remettait à prier avec ferveur, suppliant le Seigneur de

lui donner la force de supporter cette nouvelle et rude épreuve.

Enfin, elle entendit marcher sur le palier; ne doutant pas cette

fois que ce ne fût Dagobert, elle s'assit précipitamment, essuya

ses yeux à la hâte, et pour se donner une contenance, prit sur ses

genoux un sac de grosse toile grise qu'elle eut l'air de coudre,

car ses mains vénérables tremblaient si fort, qu'elles pouvaient à

peine tenir son aiguille.

Au bout de quelques minutes la porte s'ouvrit. Dagobert parut. La

rude figure du soldat était sévère et triste: en entrant, il jeta

violemment son chapeau sur la table, ne s'apercevant pas tout

d'abord de la disparition des orphelines, tant il était

péniblement préoccupé.

-- Pauvre enfant... c'est affreux! s'écria-t-il.

-- Tu as vu la Mayeux? tu l'as réclamée? dit vivement Françoise,

oubliant un moment ses craintes.

-- Oui, je l'ai vue, mais dans quel état! c'était à fendre le

coeur; je l'ai réclamée, et vivement, je t'en réponds; mais on m'a

dit: «Il faut avant que le commissaire aille chez vous pour...»

Puis Dagobert, jetant un regard surpris dans la chambre,

s'interrompit et dit à sa femme:

-- Tiens... où sont donc les enfants?...

Françoise se sentit saisie d'un frisson glacé. Elle dit d'une voix

faible:

-- Mon ami... je... Elle ne put achever.

-- Rose et Blanche, où sont-elles? réponds-moi donc... Rabat-Joie

n'est pas là non plus.

-- Ne te fâche pas.

-- Allons, dit brusquement Dagobert, tu les auras laissées sortir

avec une voisine; pourquoi ne pas les avoir accompagnées toi-même,

ou priées de m'attendre si elles voulaient se promener un peu...

Ce que je comprends, du reste... cette chambre est si triste!...

mais je suis étonné qu'elles soient parties avant de savoir des

nouvelles de cette bonne Mayeux, car elles ont des coeurs

d'ange... Mais... comme tu es pâle! ajouta le soldat en regardant

Françoise de plus près. Qu'est-ce que tu as donc, ma pauvre

femme?... est-ce que tu souffres?

Et Dagobert prit affectueusement la main de Françoise.

Celle-ci, douloureusement émue de ces paroles prononcées avec une

touchante bonté, courba la tête et baisa en pleurant la main de

son mari. Le soldat, de plus en plus inquiet en sentant les larmes

brûlantes couler sur sa main, s'écria:

-- Tu pleures... tu ne me réponds pas... mais dis-moi donc ce qui

te chagrine, ma pauvre femme... Est-ce parce que je t'ai parlé un

peu fort en te demandant pourquoi tu avais laissé ces chères

enfants sortir avec une voisine. Dame... que veux-tu?... leur mère

me les a confiées en mourant... tu comprends... c'est sacré...

cela... Aussi je suis toujours pour elles comme une vraie poule

pour ses poussins, ajouta-t-il en riant pour égayer Françoise.

-- Et tu as raison de les aimer...

-- Voyons, calme-toi, tu me connais: avec ma grosse voix, je suis

bon homme au fond... puisque tu es bien sûre de cette voisine, il

n'y a que demi-mal... mais désormais, vois-tu, ma bonne Françoise,

ne fais jamais rien à cet égard sans me consulter... Ces enfants

t'ont donc demandé à aller se promener un peu avec Rabat-Joie?

-- Non... mon ami... je...

-- Comment, non?... Quelle est donc cette voisine à qui tu les a

confiées? où les a-t-elle menées? à quelle heure les ramènera-t-

elle?

-- Je... ne sais pas... murmura Françoise d'une voix éteinte.

-- Tu ne sais pas! s'écria Dagobert irrité; puis, se contenant, il

reprit d'un ton de reproche amical:

-- Tu ne sais pas... tu ne pouvais pas lui fixer une heure, ou

mieux ne t'en rapporter qu'à toi... et ne les confier à

personne?... Il faut que ces enfants t'aient bien instamment

demandé de s'en aller promener. Elles savaient que j'allais

rentrer d'un moment à l'autre: comment ne m'ont-elles pas attendu,

hein? Françoise?... Je te demande pourquoi elles ne m'ont pas

attendu. Mais réponds-moi donc... mordieu! tu ferais damner un

saint!... s'écria Dagobert en frappant du pied, réponds-moi

donc...

Le courage de Françoise était à bout; ces interrogations

pressantes, réitérées, qui devaient aboutir à la découverte de la

vérité, lui faisaient endurer mille tortures lentes et poignantes.

Elle préféra en finir tout d'un coup; elle se décida donc à

supporter le poids de la colère de son mari en victime humble et

résignée, mais opiniâtrement fidèle à la promesse qu'elle avait

jurée devant Dieu à son confesseur. N'ayant pas la force de se

lever, elle baissa la tête, et, laissant tomber ses bras de chaque

côté de sa chaise, elle dit à son mari d'une voix accablée:

-- Fais de moi ce que tu voudras... mais ne me demande plus ce que

sont devenues ces enfants... je ne pourrais pas te répondre...

La foudre serait tombée aux pieds du soldat qu'il n'eût pas reçu

une commotion plus violente, plus profonde; il devint pâle; son

front chauve se couvrit d'une sueur froide; le regard fixe,

hébété, il resta pendant quelques secondes immobile, muet,

pétrifié.

Puis, sortant comme en sursaut de cette torpeur éphémère, par un

mouvement d'énergie terrible il prit sa femme par les deux

épaules, et, l'enlevant aussi facilement qu'il eût enlevé une

plume, il la planta debout devant lui, et alors penché vers elle,

il s'écria avec un accent à la fois effrayant et désespéré:

-- Les enfants!

-- Grâce!... grâce!... dit Françoise d'une voix éteinte.

-- Où sont les enfants?... répéta Dagobert en secouant entre ses

mains puissantes ce pauvre corps frêle, débile, et il ajouta d'une

voix tonnante:

-- Répondras-tu? Ces enfants!!!

-- Tue-moi... ou pardonne-moi... car je ne peux pas te répondre...

répondit l'infortunée avec cette opiniâtreté à la fois inflexible

et douce des caractères timides, lorsqu'ils sont convaincus d'agir

selon le bien.

-- Malheureuse... s'écria le soldat. Et, fou de colère, de

douleur, de désespoir, il souleva sa femme comme s'il eût voulu la

lancer et la briser sur le carreau... Mais cet excellent homme

était trop brave pour commettre une lâche cruauté. Après cet élan

de fureur involontaire, il laissa Françoise...

Anéantie, elle tomba sur ses genoux, joignit les mains, et, au

faible mouvement de ses lèvres, on vit qu'elle priait...

Dagobert eut alors un moment d'étourdissement, de vertige; sa

pensée lui échappait; tout ce qui lui arrivait était si soudain,

si incompréhensible, qu'il lui fallut quelques minutes pour se

remettre, pour bien se convaincre que sa femme, cet ange de bonté

dont la vie n'était qu'une suite d'adorables dévouements, sa

femme, qui savait ce qu'étaient pour lui les filles du maréchal

Simon, venait de lui dire: «Ne m'interroge pas sur leur sort, je

ne peux te répondre.» L'esprit le plus ferme, le plus fort, eût

vacillé devant ce fait inexplicable, renversant. Le soldat,

reprenant un peu de calme, et envisageant les choses avec plus de

sang-froid, se fit ce raisonnement sensé:

-- Ma femme peut seule m'expliquer ce mystère inconcevable... Je

ne veux ni la battre ni la tuer... employons donc tous les moyens

possibles pour la faire parler, et surtout tâchons de nous

contenir.

Dagobert prit une chaise, en montra une autre à sa femme, toujours

agenouillée, et lui dit:

-- Assieds-toi. Obéissante et abattue, Françoise s'assit.

-- Écoute-moi, ma femme, reprit Dagobert d'une voix brève,

saccadée, et pour ainsi dire accentuée par des soubresauts

involontaires qui trahissaient sa violente impatience à peine

contenue. Tu le comprends... cela ne peut se passer ainsi... Tu le

sais... je n'userai jamais de violence envers toi... Tout à

l'heure... j'ai cédé à un premier mouvement... j'en suis fâché...

je ne recommencerai pas... sois-en sûre... Il faut que je sache où

sont ces enfants... leur mère me les a confiées... et je ne les ai

pas amenées du fond de la Sibérie ici... pour que tu viennes me

dire aujourd'hui: «Ne m'interroge pas... je ne peux pas te dire ce

que j'en ai fait!...» Ce ne sont pas des raisons... Suppose que le

maréchal Simon arrive tout à l'heure, et qu'il me dise: «Dagobert,

mes enfants!» Que veux-tu que je lui réponde?... Voyons... je suis

calme... mets-toi à ma place... encore une fois, que veux-tu que

je lui réponde, au maréchal?... hein!... mais dis donc!... parle

donc!...

-- Hélas!... mon ami...

-- Il ne s'agit pas d'hélas! dit le soldat en essuyant son front,

dont les veines étaient gonflées et tendues à se rompre; que veux-

tu que je réponde au maréchal?

-- Accuse-moi auprès de lui... je supporterai tout...

-- Que diras-tu?

-- Que tu m'avais confié deux jeunes filles, que tu es sorti, qu'à

ton retour, ne les ayant pas retrouvées, tu m'as interrogée, et

que je t'ai répondu que je ne pouvais pas te dire ce qu'elles

étaient devenues.

-- Ah!... et le maréchal se contentera de ces raisons-là?... dit

Dagobert en serrant convulsivement ses poings sur ses genoux.

-- Malheureusement je ne pourrai pas lui en donner d'autres... ni

à lui ni à toi... non... quand la mort serait là, je ne le

pourrais pas...

Dagobert bondit sur sa chaise en entendant cette réponse faite

avec une résignation désespérante. Sa patience était à bout, ne

voulant cependant pas céder à de nouveaux emportements ou à des

menaces dont il sentait l'impuissance, il se leva brusquement,

ouvrit une des fenêtres, et exposa au froid et à l'air son front

brûlant; un peu calmé, il fit quelques pas dans la chambre et

revint s'asseoir auprès de sa femme.

Celle-ci, les yeux baignés de pleurs, attachait son regard sur le

Christ, pensant qu'à elle aussi on avait imposé une lourde croix.

Dagobert reprit:

-- À la manière dont tu m'as parlé, j'ai vu tout de suite qu'il

n'était arrivé aucun accident qui compromît la santé de ces

enfants.

-- Non... oh!... non... grâce à Dieu elles se portent bien...

c'est tout ce que je puis te dire...

-- Sont-elles sorties seules?

-- Je ne puis rien te dire.

-- Quelqu'un les a-t-il emmenées?

-- Hélas! mon ami, à quoi bon m'interroger? je ne peux pas

répondre.

-- Reviendront-elles ici?

-- Je ne sais pas... Dagobert se leva brusquement; de nouveau, la

patience était sur le point de lui échapper. Après quelques pas

dans la chambre, il revint s'asseoir.

-- Mais enfin, dit-il à sa femme, tu n'as aucun intérêt, toi, à me

cacher ce que sont devenues ces enfants; pourquoi refuser de m'en

instruire?

-- Parce que je ne peux faire autrement.

-- Je crois que si... lorsque tu sauras une chose que tu m'obliges

à te dire; écoute-moi bien, ajouta Dagobert d'une voix émue: si

ces enfants ne me sont pas rendues la veille du 13 février, et tu

vois que le temps presse... tu me mets, envers les filles du

maréchal Simon, dans la position d'un homme qui les aurait volées,

dépouillées, entends-tu bien? dépouillées, dit le soldat d'une

voix profondément altérée. Puis, avec un accent de désolation qui

brisa le coeur de Françoise, il ajouta:

-- Et j'avais pourtant fait tout ce qu'un honnête homme peut

faire... pour amener ces pauvres enfants ici... Tu ne sais pas,

toi, ce que j'ai eu à endurer en route... mes soins, mes

inquiétudes... car enfin... moi, soldat, chargé de deux jeunes

filles... ce n'est qu'à force de coeur, de dévouement, que j'ai pu

m'en tirer... et lorsque, pour ma récompense, je croyais pouvoir

dire à leur père: «Voici vos enfants...»

Le soldat s'interrompit...

À la violence de ses premiers emportements succédait un

attendrissement douloureux: il pleura.

À la vue des larmes qui coulaient lentement sur la moustache grise

de Dagobert, Françoise sentit un moment sa résolution défaillir;

mais songeant au serment qu'elle avait fait à son confesseur, et

se disant qu'après tout il s'agissait du salut éternel des

orphelines, elle s'accusa mentalement de cette tentation mauvaise

que l'abbé Dubois lui reprocherait sévèrement.

Elle reprit donc d'une voix craintive:

-- Comment peut-on t'accuser d'avoir dépouillé ces enfants ainsi

que tu disais?

-- Apprends donc, reprit Dagobert en passant la main sur ses yeux,

que si ces jeunes filles ont bravé tant de fatigues et de

traverses pour venir ici du fond de la Sibérie, c'est qu'il s'agit

pour elles de grands intérêts, d'une fortune immense peut-être...

et que si elles ne se présentent pas le 13 février... ici... à

Paris, rue Saint-François... tout est perdu... et cela par ma

faute... car je suis responsable de ce que tu as fait.

-- Le 13 février... rue Saint-François, dit Françoise en regardant

son mari avec surprise; comme Gabriel...

-- Que dis-tu!... de Gabriel?

-- Quand je l'ai recueilli... le pauvre petit abandonné, il

portait au cou une médaille... de bronze...

-- Une médaille de bronze! s'écria le soldat frappé de stupeur,

avec ces mots:

À Paris, vous serez, le 13 février 1832, rue Saint-François?

_-- _Oui... Comment sais-tu?...

-- Gabriel! dit le soldat en se parlant à lui-même; puis il ajouta

vivement: Et Gabriel sait-il que tu as trouvé cette médaille sur

lui?

-- Je lui en ai parlé dans le temps; il avait aussi dans sa poche,

quand je l'ai recueilli, un portefeuille rempli de papiers écrits

en langue étrangère; je les ai remis à M. l'abbé Dubois, mon

confesseur, pour qu'il pût les examiner. Il m'a dit plus tard que

ces papiers étaient de peu d'importance. Quelque temps après,

quand une personne bien charitable, nommée M. Rodin, s'est chargée

de l'éducation de Gabriel et de le faire entrer au séminaire,

M. l'abbé Dubois a remis ces papiers et cette médaille à M. Rodin;

depuis, je n'en ai plus entendu parler.

Lorsque Françoise avait parlé de son confesseur, un éclair soudain

avait frappé l'esprit du soldat; quoiqu'il fût loin de se douter

des machinations depuis longtemps ourdies autour de Gabriel et des

orphelines, il pressentit vaguement que sa femme devait obéir à

quelque secrète influence de confessionnal, influence dont il ne

comprenait, il est vrai, ni le but ni la portée, mais qui lui

expliquait, du moins en partie, l'inconcevable opiniâtreté de

Françoise à se taire au sujet des orphelines.

Après un moment de réflexion, il se leva et dit sévèrement à sa

femme en la regardant fixement:

-- Il y a du prêtre... dans tout ceci.

-- Que veux-tu dire, mon ami?

-- Tu n'as aucun intérêt à me cacher les enfants; tu es la

meilleure des femmes; tu vois ce que je souffre; si tu agissais de

toi-même tu aurais pitié de moi...

-- Mon ami...

-- Je te dis que tout ça sent le confessionnal! reprit Dagobert.

Tu sacrifies moi et ces enfants à ton confesseur; mais prends bien

garde... je saurai où il demeure... et, mille tonnerres!... j'irai

lui demander qui de lui ou de moi est le maître de mon ménage, et

s'il se tait... ajouta le soldat avec une expression menaçante, je

saurai bien le forcer de parler...

-- Grand Dieu! s'écria Françoise en joignant les mains avec

épouvante en entendant ces paroles sacrilèges, un prêtre!...

songes-y... un prêtre!

-- Un prêtre qui jette la discorde, la trahison et le malheur dans

mon ménage... n'est qu'un misérable comme un autre... à qui j'ai

le droit de demander compte du mal qu'il fait à moi et aux

miens... Ainsi, dis-moi à l'instant où sont les enfants... ou,

sinon, je t'avertis que c'est à ton confesseur que je vais aller

le demander. Il se trame ici quelque indignité dont tu es complice

sans le savoir, malheureuse femme... Du reste... j'aime mieux m'en

prendre à un autre qu'à toi.

-- Mon ami, dit Françoise d'une voix douce et ferme, tu t'abuses

si tu crois par la violence imposer à un homme vénérable qui,

depuis vingt ans, s'est chargé de mon salut... c'est un vieillard

respectable.

-- Il n'y a pas d'âge qui tienne...

-- Grand Dieu!... où vas-tu? Tu es effrayant!

-- Je vais à ton église... tu dois y être connue... Je demanderai

ton confesseur, et nous verrons.

-- Mon ami... je t'en supplie, s'écria Françoise avec épouvante en

se jetant au-devant de Dagobert, qui se dirigeait vers la porte;

songe à quoi tu t'exposes. Mon Dieu!... outrager un prêtre... Mais

tu ne sais donc pas que c'est un _cas réservé!!!_

Ces derniers mots étaient ce que, dans sa candeur, la femme de

Dagobert croyait pouvoir lui dire de plus redoutable; mais le

soldat, sans tenir compte de ces paroles, se dégagea des étreintes

de sa femme, et il allait sortir tête nue, tant était violente son

exaspération, lorsque la porte s'ouvrit.

C'était le commissaire de police, suivi de la Mayeux et de l'agent

de police portant le paquet saisi sur la jeune fille.

-- Le commissaire! dit Dagobert en le reconnaissant à son écharpe;

ah! tant mieux, il ne pouvait venir plus à propos.

Le juif errant - Tome I · 第 72 / 101 题