Mme de Noares leva les bras: «Le bouddhisme!
--Comment... le bouddhisme! répétait le comte.
--Le connaissez-vous? dit Pécuchet à M. Jeufroy, qui s'embrouilla.
--Eh bien, sachez-le! mieux que le christianisme, et avant lui,
il a reconnu le néant des choses terrestres. Ses pratiques sont
austères, ses fidèles plus nombreux que tous les chrétiens, et pour
l'incarnation, Vichnou n'en a pas une, mais neuf! Ainsi, jugez!
--Des mensonges de voyageurs, dit Mme de Noares.
--Soutenus par les francs-maçons», ajouta le curé.
Et tous parlant à la fois:
«Allez donc, continuez!
--Fort joli!
--Moi, je le trouve drôle.
--Pas possible.»
Si bien que Pécuchet, exaspéré, déclara qu'il se ferait bouddhiste!
«Vous insultez des chrétiennes!» dit le baron.
Mme de Noares s'affaissa dans un fauteuil. La comtesse et Yolande se
taisaient. Le comte roulait des yeux; Hurel attendait des ordres.
L'abbé, pour se contenir, lisait son bréviaire.
Cette vue apaisa M. de Faverges, et, considérant les deux bonshommes:
«Avant de blâmer l'Évangile, et quand on a des taches dans sa vie, il
est certaines réparations...
--Des réparations?
--Des taches?
--Assez, messieurs! vous devez me comprendre!»