PREMIÈRE PARTIE

I

«Ça marche! Ça marche! Enfoncées les poupées anglaises! Ce gamin de

Bamberg est étonnant avec ses trucs. N'a-t-il pas imaginé de remplacer

les yeux de verre, des yeux fixes, des yeux bêtes par des petites

sphères, grosses comme des noisettes, qui pivotent sur elles-mêmes dès

que l'on appuie sur un levier minuscule dissimulé sous le chignon? Une

pression sur la nuque et hop! les yeux bleus s'enfoncent sous la

paupière supérieure pendant qu'apparaissent des yeux noirs. Ce petit

ingénieur est extraordinaire en machinations.

«L'hiver prochain je vais doubler ma vente. Ma petite Simone, qui est

une habilleuse plus forte que Worth, chiffonnera du satin autour de mes

princesses. Et allez donc ne pas acheter des bébés qui, vêtus comme des

princes, ont des yeux de rechange!

«Et allez donc ne pas acheter...» Dans la joie de son triomphe sur les

fabricants de poupées anglaises, M. Gosselet, gesticulant, avec sa

canne, faillit casser le bras à un Amour en plâtre qui tirait des

flèches tout en se tenant en équilibre sur un orteil,--ce qui est une

bien mauvaise position pour un tireur, même pour un tireur d'arc.

M. Gosselet qui accouchait, bon an mal an, de trois à quatre cent mille

poupées, se sentait les reins assez robustes pour enfanter un million de

bébés, maintenant qu'il pouvait leur donner des yeux de rechange.

Brusquement il s'arrêta, se gratta le bout du nez, devint grave et se

mit à palper tous les doigts de sa main gauche entre le pouce et l'index

de sa main droite comme pour s'assurer de la souplesse de ses

articulations.

En réalité M. Gosselet se livrait à un calcul très compliqué et se

servait de ses phalanges, de ses phalanges seulement, alors que d'autres

emploient des tables de logarithmes. Il parlait haut puis murmurait,

puis poussait de petits grognements quand l'opération se brouillait

comme un quadrille dansé par des jeunes gens frais échappés du collège.

--A cent francs la douzaine, prix de revient... A mille francs la

douzaine, prix de vente, je gagne...

Le gain prévu par M. Gosselet était si considérable, qu'il enjamba, par

distraction, les petits arcs en bois qui bordaient l'allée sablée de

jaune et fit deux ou trois enjambées dans le gazon. Or le gazon de M.

Gosselet était de ces gazons bourgeois que nul pied ne doit fouler,

gazons faits pour la joie de l'oeil comme les petits sapins que les

enfants exhument des boîtes de jouets.

Le marchand de poupées regagna vite l'allée, confus d'avoir été surpris

en ce mauvais pas par Tant-Seulement, le jardinier.

En effet, à dix mètres de là, Tant-Seulement, qui taillait au cordeau

des buis de bordure, regardait son patron bouche bée. M. Gosselet lui

faisait chausser des espadrilles deux fois par an, pour la tondaison de

la pelouse, prétextant que les sabots de bois du bonhomme creusaient des

trous dans le sol, et voilà que le fabricant de poupées foulait l'herbe

haute comme un poulain lâché!

Tant-Seulement--on avait affublé Jean Patard de ce sobriquet, parce

qu'il avait la manie de mettre beaucoup d'adverbes dans les phrases

qu'il adressait aux bourgeois, pour cacher son ignorance, comme les

mauvaises cuisinières prodiguent les oignons dans leurs plats pour

dissimuler la fadeur de l'apprêt,--Tant-Seulement était stupéfait. M.

Gosselet vint à lui, souriant:

--Mon pauvre Tant-Seulement, il faut que j'augmente tes gages. Tout

pousse à souhait, ici. Le gazon--je l'ai mesuré--me monte jusqu'au

genou! Tes mosaïques de fleurs sont d'une couleur et d'un dessin

merveilleux. As-tu débarbouillé au papier de verre les deux Neptunes du

bassin? Ma femme prétend que les teintes sales et les moisissures leur

siéent bien, mais je veux, moi, que mes statues soient blanches comme

neige.

--Oui, monsieur. Mais je ne peux plus toucher à l'enfant nu qui lance

des flèches. La fossette du menton s'en va. Encore un tant-seulement

petit peu et il va devenir maigre.

--Bien, tu le frotteras moins fort, mon garçon. On a l'habitude de voir

des enfants un peu mal mouchés: ça n'offusque personne. Soigne la

toilette des grandes personnes, soigne les pieds surtout. C'est aux

pieds, vois-tu, que l'on reconnaît les gens chics de ceux qui ne sont

pas... chics. Mais tu ne connais rien aux choses très compliquées du

savoir-vivre, Tant-Seulement. Ma femme est extraordinaire là dessus.

--C'est vrai de vrai, et Mlle Simone est quasiment plus forte que

Madame. Je vous remercie bien, monsieur. Je vous remercie bien. Je

n'avais pas été augmenté depuis quatre ans... aujourd'hui, c'est-à-dire

depuis la noyade du petit chien de Madame.

--Je me souviens... Je suis content du gazon. Il est haut, épais; on

pourrait se rouler dessus comme le font les paysans; il me monte à

mi-jambe: je l'ai mesuré. Aussi j'augmente tes gages de vingt francs par

an.

--Je remercie infiniment monsieur.

Courbé sur la bordure de buis, Tant-Seulement se mit à la besogne,

taillant les ramilles à grands coups de sécateur, peu satisfait de son

augmentation. Et M. Gosselet se dirigea à petits pas vers son usine, se

frottant les mains.

Le fabricant de poupées qui avait un nom honorablement connu sur la

place de Paris avait convaincu son jardinier qu'il n'avait mis le pied

sur la pelouse que pour mesurer la hauteur du gazon. Un homme qui est

dans les affaires n'a pas le droit d'être distrait. Le rival de M.

Gosselet, le fabricant Tuffard aurait fait, s'il l'avait su, des

réflexions désobligeantes sur les écarts de pensée de M. Gosselet, et,

dame, la fabrique de bébés aurait périclité. Vingt francs donnés tous

les ans à ce pauvre Tant-Seulement et la maison était sauvée!

Le fabricant de poupées, tout réjoui par la découverte des yeux de

rechange, se permit ce matin-là un petit extra de promenade dans le

parc.

Le parc de M. Gosselet, qui occupait, entre la gare de Bel-Air et la

place de la Bastille, cinq ou six hectares d'un terrain de banlieue,

était un parc rectangulaire entouré de murailles en briques rougies

chaperonnées de larges dalles blanches. Il longeait la rue Michel-Bizot

et la rue Claude Decaen sur deux faces, le chemin de fer et l'usine sur

les deux autres côtés.

Malgré son nom prétentieux de parc, l'enclos du fabricant renfermait un

petit potager que l'architecte avait malencontreusement dessiné le long

de la voie ferrée. Tous les matins, Tant-Seulement devait épousseter les

escarbilles de charbon tombées sur ses salades.

A part ce léger inconvénient, le parc de M. Gosselet avait fort bon air.

Sur la grille, des bébés en or dansaient des farandoles ou se laissaient

glisser au bas des barreaux en fer. Les grandes allées étaient couvertes

d'un sable blond à peu près vierge de traces, parce que les

propriétaires se promenaient de préférence dans les petits sentiers dits

de service. Les arbres d'ornement étaient taillés en rond, en carrés, en

pain de sucre, en pyramides, en hexagones. Les arbres à fruit étaient

crucifiés comme tous les arbres à fruit qui se respectent. Des massifs

de fusains entourés de sentes en lacis formaient des labyrinthes

inextricables pour des coccinelles. Des poissons qui n'étaient pas

rouges nageaient dans des bassins servant de bains-de-pieds à une

demi-douzaine de dieux aquatiques.

Au milieu du parc s'élevait, en un bouquet d'acacias plantés à la

diable, une maison d'habitation d'une grande simplicité, percée de

larges baies à deux glaces. Un balcon de pierre ajourée faisait le tour

du deuxième étage. Des logettes en fer forgé encadraient toutes les

fenêtres de l'étage supérieur. Un double escalier en granit conduisait

au perron dallé de bleu du rez-de chaussée, perron que ne protégeait pas

une marquise en fer-blanc. Ce chalet, à faces irrégulières, n'était pas

flanqué de tourelles comme de béquilles. Le toit en tuiles rouges

n'était pas surchargé de girouettes, le pauvre!

M. Gosselet avait dû se faire violence pour permettre la construction

d'une maison si humble d'aspect au centre d'un parc si géométriquement

beau.

Le châlet communiquait avec l'usine par une allée de tilleuls longue de

deux cents pas, allée close au mur d'enceinte par une porte en chêne

ornée de têtes de clous grosses comme des soucoupes.

Cette porte avec ses croix en fer, ses gonds énormes, semblait avoir été

construite pour protéger ce parc bourgeois contre les rébellions

possibles du monstre ouvrier crachant des pierres et de la fumée.

Cependant elle n'avait point l'air terrible, encadrée dans le vert de

lilas en fleur placés près de ses portants comme deux brûle-parfums

purifiant l'air empuanti d'odeurs de résine et de houille.

Dans l'allée de tilleuls, toujours souriant, M. Gosselet lorgnait la

grande cheminée de son usine se dressant par-dessus le mur.

Il n'était plus qu'à dix mètres de la porte enferraillée quand un

gazouillis de voix féminines attira son attention.

--J'ai de quoi faire un bouquet, Berthe! Encore cette grosse branche et

je descends. Si le père Gosselet m'attrapait, ma chère... Pousse un

peu... Là, je suis assise sur le mur.

Le fabricant de poupées voulut surprendre les chipeuses de lilas mais le

gravier craquant sous son pied, il n'aperçut que deux grands yeux noirs

sous un casque blond. Il entendit:

--Lâche tout, Berthe, voici le père Gosselet.

Il cria:

--Voleuses! Je saurai bien vous reconnaître à l'atelier.

Mais il ne songea pas à les poursuivre. Le temps d'ouvrir la porte

solidement cadenassée et les petites ouvrières seraient penchées sur

leur établi, bien sages, coiffant les poupées ou vermillonnant avec un

pinceau les lèvres exsangues en carton pâte. Pas respectueuses ces

gamines! Il n'était pour elles que le «père Gosselet».

Brusquement, il revint sur ses pas, la canne levée comme pour châtier

l'insolence de ces petites filles.

--Tant-Seulement!

--Monsieur!

--Je t'ai promis vingt francs d'augmentation, mon garçon. Ce n'est pas

tout.

Tant-Seulement, surpris, laissa tomber son sécateur et sourit large.

--Tant-Seulement, mes ouvrières viennent baguenauder dans la cour sous

toutes sortes de prétextes, puis elles grimpent sur le mur et cassent

des branches de lilas, le lilas de ma fille.

--Ah! monsieur, c'est des Parisiennes. Et les petites Parisiennes ça

vous a des nez de millionnaire, quasiment. Mais le lilas de

mademoiselle, vrai, ce n'est pas pour leurs museaux.

--Aux heures de rentrées et de sorties des ateliers, tu te cacheras le

long du mur. Tant Seulement. Tu seras armé d'une baguette et taperas sur

les menottes qui s'accrocheront aux dalles. Tu ne taperas pas trop fort,

mon garçon. Elles me feraient payer la casse. Connais-tu les

polisseuses?

--Oh! presque toutes, monsieur. Il y a Fricassée, la Grande-Bobêche, la

Petite-Souris, Mouron-pour-les-petits-oiseaux, l'Embaumée... Ça pourrait

bien être l'Embaumée qui vous vole vos fleurs, monsieur. Quand elle a

une rose au corsage, elle n'a pas toujours deux sous de petit-noir dans

l'estomac... Il y a encore...

--Bien, cela suffit.

--C'est que je les connais bien, allez. Je les rencontre tous les soirs,

vraisemblablement, à la station des tramways... Ce qu'elle est fière,

cette l'Embaumée, malgré sa bosse!

--Pince les voleuses, Tant-Seulement, et à chaque prise tu toucheras une

prime de quarante sous.

--Mais si je cogne sur les doigts immédiatement, je ne verrai pas les

têtes, probablement.

--Prends le signalement et tape ensuite... mais pas trop fort.

--Bien, monsieur. Je connais le métier, je fais ça naturellement.

--Quel métier, mon garçon?

--Pincer les maraudeurs.

--Ah bast!

--Mais, certainement; en été, monsieur me donne congé le dimanche, je

vais soigner les rosiers du maire de Viroflay. Drôlement taillés les

rosiers du maire. Ils poussent tous comme des chardons et allongent la

tête par-dessus le mur de briques qui borde le chemin. Il passe là un

tas de jeunesses avec des ombrelles rouges et des petits rires qui

sonnent comme des cornets à piston, venues à la campagne pour manger des

pissenlits tout crus cueillis dans le fossé. Elles voient les roses,

passent les menottes par-dessus le mur. Et hop! les voilà prises. Je les

maintiens par le poignet pendant que le garde champêtre dresse

procès-verbal. Si elles sont accompagnées par des hommes, on leur fait

payer une amende. Quand elles sont seules, on plaisante un brin et elles

griffent le garde champêtre.

--Et que gagnes-tu à ce vilain métier, mon pauvre Tant-Seulement?

--Trois francs par jour, mais je ne touche pas à l'argent des Parisiens.

--Les amendes sont pour les pauvres? Tiens! ton maire a une façon bien

amusante de faire la charité!

--Oh! monsieur, je crois certainement que le maire partage l'argent avec

le garde champêtre.

--C'est juste! Tu vas gagner de jolies pièces de quarante sous, mon

garçon, puisque tu as déjà chassé aux maraudeurs.

--Sûrement, mais je n'ai pas le garde-champêtre pour m'aider. Enfin je

vous dirai le nom des voleuses. Je pense que Mlle l'Embaumée a déjà son

corsage tout plein fleuri de votre lilas.

* * * * *

Rassuré sur la conservation de ses arbustes, M. Gosselet se dirigea vers

son usine pour entretenir le petit Bamberg, le second ingénieur, sur un

perfectionnement apporté par lui, Gosselet, à l'invention des yeux de

rechange.

Le fabricant de poupées avait en effet imaginé de peindre sur les

petites sphères déjà illustrées de prunelles noire et de prunelles

bleues, des yeux bruns et verts, ce qui lui avait permis de lancer des

réclames sur le système oculaire «_inventé par l'ingénieux M.

Gosselet_».

Assis devant son bureau, il parcourait les journaux qu'on lui avait

adressés pour la justification des annonces. Certaine feuille mondaine

consacrait à la découverte du fabricant un article, dit scientifique,

célébrant les mérites du «_patriotique inventeur qui, non content de

donner la parole aux poupées françaises, les dotait de jolies prunelles

à nuances changeant au gré des petites mamans_. _Cette découverte_,

continuait le journaliste, _permettra aux petites filles de créer une

mode de prunelles à l'usage des bébés en carton. Au printemps, les yeux

verts seront de mise. L'été on ne portera que des yeux bleus. A

l'automne les yeux bruns. A l'hiver les yeux noirs_.»

Cet article à cheval sur la _une_ et sur la _deux_, c'est-à-dire

commencé en première page et terminé en deuxième, avait coûté près de

cinquante louis au «patriote fabricant». Mais à l'incessante sonnerie du

téléphone qui mettait l'usine en communication avec la maison de vente

du faubourg Saint-Denis, M. Gosselet pouvait se rendre compte de l'effet

produit par cette prose élogieuse sur les revendeurs de jouets

parisiens.

En entrant à l'usine, il avait fait mander le petit Bamberg pour hâter

la fabrication de ces prunelles de quatre-saisons. On frappa.

--Entrez, Bamberg! Entrez!

Bamberg, un petit jeune homme blond, aux yeux gris, parut, timide,

rougissant presque.

--Ça marche, hein! Bamberg? Quand pourrons-nous livrer nos nouvelles

poupées?

--Dans quinze jours, monsieur, dès que l'outillage sera complètement

installé. Nous pourrons faire face, alors, à toutes les commandes.

--Lisez donc l'article de Dupont dans le _Cervantès_. Il a oublié

d'annoncer que l'invention était de vous, mon cher ami, mais peu

importe, n'est-ce pas! Qu'est cela pour vous? Une machinette! Vous

inventerez des choses autrement merveilleuses. D'ailleurs, je vous en

saurai gré, Bamberg, je vous en saurai gré.

Bamberg protesta de la main contre une augmentation possible de ses

appointements, mais M. Gosselet se contenta de répéter en hochant la

tête avec obstination:

--Parfaitement, je vous en saurai gré, mon petit Bamberg.

Bamberg rougit beaucoup, salua et retourna à ses sphères à prunelles

pendant que M. Gosselet consultait sa montre:

--Onze heures déjà! Juste le temps de passer une redingote. Dire que je

ne peux pas déjeuner en veston chez moi!

En poussant la lourde porte enferraillée, M. Gosselet constata de

nouvelles déprédations commises par mesdemoiselles les polisseuses.

Pendant qu'il était à son bureau, les chipeuses avaient dépouillé de

leurs fleurs tous les rameaux surplombant le mur d'enceinte. Il cria

comme si elles pouvaient l'entendre:

--Je les chasserai, les gueuses, je les chasserai! Elles n'ont pas la

première notion du tien et du mien.

Des traces de pas qu'il aperçut sur le sable de l'allée longeant la

muraille ne firent qu'augmenter sa mauvaise humeur. Les «gueuses»

osaient-elles donc prendre leurs ébats dans son parc, et cela

précisément dans l'allée que préférait sa femme! Il examina

attentivement les empreintes dessinées sur le sol et put se convaincre

que ses ouvrières étaient innocentes de ce nouveau méfait.

Les traces n'étaient pas de la même grandeur et semblaient avoir été

faites par des chaussures de sexes différents, des chaussures du

meilleur monde. Les plus grandes cheminaient à côté des plus petites,

celles-ci effleurant à peine le gravier, celles-là marquées nettement

comme à l'emporte-pièce.

Tous les deux mètres, le sable piétiné témoignait que les chaussures

avaient dû faire là un brin de causette. Brusquement, elles s'arrêtaient

près d'un banc de pierre placé au-dessous du petit Amour lançant des

flèches. Elles avaient dû faire une longue halte en cet endroit, le tuf

étaient zébré d'écorchures mettant à nu la terre végétale.

Cette étude d'empreintes, agréable pour un rêveur ou un poète, n'était

pas pour satisfaire M. Gosselet.

Il héla le jardinier.

--Quand avez-vous ratissé cette allée, Tant-Seulement?

--Hier soir, monsieur, à nuit tombée, mêmement.

--Ma femme n'est pas venue se promener dans le parc, ce matin?

--Je n'ai pas vu madame.

--Avez-vous aperçu Mlle Simone?

--Je ne l'ai pas vue pareillement.

--Bien!

Tant-Seulement se retira, l'échine courbée comme il avait l'habitude de

le faire toutes les fois que son maître ne le tutoyait pas.

Assis sur un banc, aux pieds du petit Amour qui lançait ses flèches, M.

Gosselet se livra à une nouvelle étude des empreintes, étude douloureuse

mais fructueuse puisqu'il ne tarda pas à être convaincu que seules Mme

Gosselet et sa fille portaient d'assez mignons souliers pour laisser sur

le sable d'une allée de semblables traces.

Simone: Histoire d'une jeune fille moderne · 第 4 / 39 题