genre humain. Ce mot vient du Grec.
PTERYGOMATA, _um_, n. Les lèvres de la bouche perpendiculaire; les bords
du bassin amoureux. Ou: les nymphes; les dames des eaux du palais de
Vénus; les ailes, les ailerons que l'Amour applique quelquefois à son
caducée.
PUBERALE, _is_, n. Le mont de Vénus; la motte; le pénil.
PUBES, _is_, f. _Cic._ Le poil qui couvre le mont de Vénus[199]. Ou
(_Virg._): Voy. CUNNUS.
[199] Ou qui se trouve à l'origine des parties génératives de l'homme.
PUBES, _eris_, _omn. gen._ _Cic._ A qui le poil follet commence à
couvrir le mont de Vénus; qui entre en puberté.
PUBIS, _is_, f. _Prud._ Voy. PUBES.
PUDENDA, _orum_, n. Les parties de la pudeur[200].
[200] C'est un terme d'anatomie.
PUDENDAGRA, _ae_, f. La vérole, le mal de Naples; ou: chancre aux
parties de la génération, etc.; maladie qui rend véritablement honteuses
les parties qu'elle attaque.
PUDENDUM, _i_, n. La partie de la pudeur[201].
[201] Celle que l'on cache pour en doubler le prix lorsqu'on la
montre.
(N) PUDOR, _oris_, m. La pudeur, le fard du beau sexe. _Pudorem pellere,
vel ponere_: oublier la pudeur. Il n'y a rien de plus agréable pour un
homme, que de causer cet oubli pour quelques instants. Elle revient chez
certaines femmes, mais il y en a qui s'en privent, par goût: ce ne sont
pas les plus aimables.
PUELLA EXPERTA VIRUM. _Hor._ Fille qui a éprouvé ce que vaut un homme en
amour; belle qui a goûté des fruits de l'amour[202].
[202] Qui sait à quoi s'en tenir sur les mystères de la nature.
_Puella procax_ (_Ovid._): fille agaçante, et dont l'aimable
vivacité excite le désir du combat amoureux.
PUELLASCO, _ere_. _Varr._ S'efféminer; prendre des airs de fille;
contrefaire la fillette; imiter les jeunes filles; faire la poulette;
faire la mignarde, la pouponne; se mignarder[203].
[203] _Quod non solum innubae fiunt communes, sed etiam veteres
puellascunt, et multi pueri puellascunt (Fragmentum ex M. T.
Varrone)._
PUELLITOR, _ari_, dép. _Laber._ Clitoriser; jouer du clitoris; badiner
au clitoris; folâtrer du bout du doigt avec une jeune fille; chatouiller
au bel endroit; jouer du bout du doigt à la manière des jeunes filles.
PUER, _i_, m. _Mart._ Un jeune mignon; un Ganymède[204].
[204] Les jeunes esclaves mâles avaient souvent, chez les Anciens, le
bonheur de plaire à leurs maîtres par cette sorte de complaisance.
Les Grecs et les Romains menaient de front l'amour de la femme et de
l'homme; et ceux-ci avaient souvent la préférence sur les femmes,
quoique, pour plaire à leurs amants ou à leurs maris, elles se
prêtassent souvent à leurs sales fantaisies.
_Divisit Natura mares: pars una puellis,
Una viris genita est..._
dit Martial. Je ne crois pas que Buffon, qui a mieux étudié que lui
la nature humaine, ait été de cet avis.
_Pusio_ est synonyme de _puer_. Lisez le nº VI dans les _Monuments
de la vie privée des Césars_, pages 21 à 24.
(N) PUERA, _ae_, f. Fille qui oublie son sexe et qui sert de Ganymède.
PUERARIUS, _ii_, Voy. PAEDICO.
PULLARIA, _ae_, f. _Plaut._ Main qui patine, qui farfouille[205].
[205] Qui chiffonne.
PULLARIAM FACERE. _Petr._ Patiner; farfouiller.
PULLARIUS, _ii_, PULLIPREMO, _onis_, Voy. PAEDICO.
PULLUS, _i_, m. _Fest._ Mignon; Ganymède; bardache[206].
[206] Mon poulet: c'est le nom que l'on donnait à son mignon.
(N) PUSIO, _onis_, m. Jeune garçon; jeune esclave mâle réservé pour la
couche du maître. Voy. PUER.
PUTA, _ae_, f. _Hor._ La conque amoureuse[207].
[207] Virgile a dit _putus_ pour désigner un Giton.
PUTILLA, _ae_, f. _Hor._ Un conichon; un conin; une coniche.
PUTILLUS, _i_, m. _Plaut._ Une courte; une guigi; une margot; une gotte.
(N) PYGAE, _arum_, f.; NATES, _ium_, f.; CLUNES, _ium_, f. Ce sont trois
synonymes pour dire la même chose. En Français: les fesses, ou les
coussins d'amour.
PYGIACA SACRA. _Petr._ PYGIACA, _orum_, n. Le combat des fesses. Ou: les
fêtes de Vénus antistrophe; ou: ses mystères postérieurs; l'exercice de
l'art subtil.
PYGISMA, _tis_, n. Voy. PAEDICATIO.
PYGISTA, _ae_, m; PYGISTES, _ae_, m. Voy. PAEDICO.
(N) PYRAMIS TENTA LIBIDINOSA NERVOS. La pique d'amour dans toute sa
raideur.
PYTISMA, _tis_, n. _Juv._ Onction avec du crachat pour faire couler;
liniment avec du crachat pour faire glisser; enduit de crachat pour
faciliter l'introduction[208].
[208] Chez les jeunes filles trop étroites. Les femmes cessent trop
tôt d'avoir besoin de ce liniment.
Q
(N) QUADRUPUS, _odis_, m. f. L'androgyne; le genre humain faisant la
bête à quatre pieds, la bête à deux dos.
R
RADIUS, _ii_, m. Le rayon de la géométrie d'amour.
(N) RAMUS, _i_, m. Le rameau pacificateur entre mari et femme, entre
amant et maîtresse; l'arbre de vie. Voy. HASTA, MENTULA. Ausone, dans
son _Cento nuptialis_, a plaisamment parodié le vers de Virgile en
disant de l'époux prêt à livrer le premier assaut: _aperit ramum qui
veste latebat_.
(N) REN, _renis_, m. _Auson._ Il prend les reins pour la matrice, par
licence poétique:
_Utere rene tuo: casta puella anus est._
C'est un précepte très humain, que celui qui prescrit de faire usage des
membres et des biens qu'on reçoit de la Nature; mais le mot, dans le
vers cité, est obscène par l'idée qu'il présente.
(N) RESOLUTA FOEMINA. _Ovid._ Femme en attitude de combat.
RESUPINANDUS, _a, um_. _Cels._ Qu'il faut coucher le ventre en haut;
qu'on doit renverser sur le dos; à qui l'on doit faire voir la feuille à
l'envers.
RESUPINATUS, _a, um_. _Juv._ Voy. RESUPINUS.
RESUPINO, _are_. _Liv._ Coucher le ventre en haut; renverser sur le dos.
Ou (_Juv._): faire voir la feuille à l'envers.
RESUPINUS, _a, um_. _Ovid._ Couché le ventre en haut; renversé sur le
dos; à qui l'on fait voir la feuille à l'envers. Ou (_Quintil._): mou,
efféminé.
RETRO AGERE ALIQUEM. _Plin._ Faire travailler quelqu'un du derrière;
Ganymédiser quelqu'un; aiguillonner quelqu'un postérieurement.
(N) RIGIDUS DEUS. Priape, le dieu le plus ferme. _Rigere_ ou _arrigere_
servent, dans le style licencieux, à exprimer le mouvement naturel qui
fait qu'un homme se trouve capable d'en créer un autre.
(N) RUMPERE LATUS IN VENERE. Se fatiguer au jeu d'amour; ne pouvoir plus
remuer les reins. _Rumpi tentigine_, être en proie aux plus violents
désirs.
(N) RUSTICUS, _a, um_. En style amoureux, c'est celui qui va trop vite
au fait, sans préliminaires ni consentement.
S
SACANDRUS, _i_, m. La partie qui mérite des saccades amoureuses.
SAGITTATA OSCULA. _Plaut._ Des baisers à la pigeonne; baisers où les
coups de langue vont dru[209].
[209] Où les langues se dardent.
(N) SALACITAS, _atis_. f. Extrême lubricité.
SALAPUTIUM, _ii_, n. Voy. PUTILLUS.
(N) SALAX, _acis_. De _salire_: celui que la Nature rend très habile au
jeu d'amour. _Salax deus_, Priape, dieu de l'impureté; _salax eruca_, la
roquette, herbe aphrodisiaque ou qui excite à l'amour.
(N) SALIO, _ire_. Monter à l'assaut; couvrir la femelle (ce qui se dit
des animaux). _Vox saliente libidine_: cri que le plaisir arrache à qui
jouit passionnément.
SALMACIDA SPOLIA. _Cic._ Une victoire amoureuse.
SALTUS, _us_, m. _Plaut._ Le bocage amoureux; la garenne d'amour; le
bosquet de Vénus; le taillis où l'Amour va giboyer.
SARABUS, _i_, m.; SARON, _i_, n. Voy. CUNNUS.
(N) SAVIARI (_pro_ SUAVIARI). S'embrasser avec tendresse.
SCATINIA LEX. Loi faite contre les professeurs de l'art subtil et contre
leurs disciples.
(N) SCELERARE TEMPLA. Profaner, souiller les temples par des actes de
lubricité.
SCHEMA, _ae_. f. _Suet._ Manière particulière d'embrasser
homocentriquement; la manière de faire cela.
(N) SCEPTRUM, _i_, n. Le sceptre d'Amour; voy. MENTULA.
(N) SCHOENICULA, _ae_, f. Courtisane; prostituée.
(N) SCINDO, _ere_. Rompre et déchirer tous les obstacles qui s'opposent
à la jouissance; enlever un pucelage; forcer les barrières de la
volupté.
SCORTATIO, _onis_. Voy. SCORTATUS.
SCORTATOR, _oris_, m. _Cic._ Qui aime les filles de joie; putassier;
bordelier; coureur de garces.
SCORTATUS, _us_, m. _Apul._ Inclination pour les filles de joie; ou:
l'exercice qu'on fait faire aux filles de commodité; ou: leur
fréquentation.
SCORTILLUM, _i_, n. _Catull._; SCORTISCUM, _i_, n. Une jeune fille de
joie; une petite garce[210].
[210] Ou: une fille de joie pour le petit peuple.
SCORTOR, _ari_. dép. _Ter._ Courir les filles de joie; fréquenter les
filles de commodité; hanter les maisons de plaisir; ou: mettre en
exercice les filles commodes; faire travailler les filles de Vénus.
SCORTUM, _i_, n. _Cic._ Fille de joie; fille commune. Ou (_Suet._): un
Ganymède.
SCORTUS, _i_, m. Voy. CINAEDUS.
(N) SCROBS VIRGINALIS. La fossette naturelle chez les dames; le puits
d'amour. Voy. CUNNUS.
SECUTULEIA, _ae_, f. _Petr._ Celle qui recherche les caresses de
l'homme; belle de haut appétit; personne âpre à la curée[211].
[211] Femme à tempérament.
SELINON, _i_, n. Voy. CUNNUS.
(N) SEMEN HUMANUM. La graine d'hommes; la liqueur générative dont
l'expansion est le but que la Nature se propose dans le déduit amoureux.
(N) SEMINALE MEMBRUM. La gerbe d'amour. Voy. MENTULA.
(N) SEMIVIR, _i_, m. Eunuque; prêtre de Cybèle.
SICULA, _ae_, f. _Catull._ La dague amoureuse[212].
[212] _Parva sica._
(N) SIPHNIASSO, _are_. _Plin._ Fantaisie lubrique en usage parmi les
anciens habitants de Siphno, l'une des îles Cyclades. Érasme dit que
c'est _manum admovere postico_: aider les plaisirs du devant par ceux du
derrière.
(N) SOCRATES; SOCRATICI DISCIPULI. Tous ces messieurs les Sages, en
fuyant la compagnie des femmes, en déclamant contre leurs défauts et
contre l'amour, ont donné pour la plupart dans des accès bien plus
répréhensibles. La nature ne perd jamais ses droits, et encore moins
qu'ailleurs dans des climats brûlants.
(N) SOLLICITARE INGUINA. Réveiller le chat qui dort; irriter les désirs
charnels.
(N) SOTADES, _is_, m. Sotadès, poète de Mantinée, le premier qui ait
écrit sur l'amour Grec ou l'amour malhonnête et contre nature.
(N) SPADO, _onis_, m. Eunuque: homme qui n'est plus homme, et qui peut
servir de femme à ceux qui ne les cherchent pas où elles sont, ou les
prennent à rebours lorsqu'ils les trouvent.
SPATALOCINAEDUS[213], _i_, m. _Petr._ Un joli Ganymède.
[213] Ou: SPATHALOCINAEDUS.
SPETLOMA, _atis_, n. Le bruit du concert amoureux.
SPHINGA, _ae_, f. Voy. MERETRICULA.
SPHINX, _gis_, f. Voy. MERETRIX.
SPINTRIA, _ae_, m. _Suet._ Inventeur de nouvelles attitudes amoureuses;
qui trouve en amour des postures inusitées. Ou: Voy. PATHICUS.
(N) SPONSA TURPIS. Une épouse qu'on ne peut avouer. Les Romains avaient
une sorte de mariage infâme et bien qualifié du nom _turpis_: deux
hommes se mariaient ensemble. Juvénal en parle en plusieurs endroits de
ses Satires, notamment dans la deuxième, vers 134 et suiv.
_... Quid quaeris? nubit amicus,
Nec multos adhibet. Liceat modo vivere, fient,
Fient ista palam, cupient et in acta referri.
Interea tormentum ingens nubentibus haeret,
Quod nequeunt parere, et partu retinere maritos.
Sed melius, quod nil animis in corpora juris
Natura indulget: steriles moriuntur, et illis
Turgida non prodest condita pyxide Lyde,
Nec prodest agili palmas praebere Luperco._
Voyez le mariage de Gracchus avec un musicien, décrit dans la deuxième
Satire, vers 117.
Néron épousa publiquement Sporus, son Ganymède; et le plaisant de
l'affaire, c'est qu'après l'avoir épousé comme homme, il voulut
décidément lui faire changer de sexe, et tenta pour cela le secours de
la chirurgie et des enfants d'Esculape. Le pauvre Sporus en demeura tout
mutilé: aussi, pourquoi se mariait-il à Néron?
Martial a parlé de ces noces abominables. Elles se sont, à ce qu'on dit,
renouvelées sous Héliogabale, et sous notre ridicule Henri III, roi
Français de Sodomitique mémoire.
On a dit plaisamment que Domitien, père de Néron, aurait agi prudemment
en épousant un homme. En effet il n'eût pas eu d'enfant, et la terre
n'eût pas été souillée par l'existence d'un monstre tel que Néron.
(N) SPORUS, _i_, m. Non d'un eunuque. Voy. SPONSA TURPIS.
SPURIA, _ae_, f.; SPURIUM, _ii_, n. La coquille des pèlerins d'amour.
STRUTHEUM, _i_, n.; STRUTHEUS, _i_, m.; & STRUTHIUM, _ii_, n.; STRUTHOS,
_i_, m. L'oiseau d'amour; la racine amoureuse; le moineau de Vénus.
STULTICEN, _inis_, m. Un poète folâtre; qui ne chante que des
folâtreries.
STUPRATIO, _onis_, f. _Plaut._ Engagement où l'on met une belle de se
rendre à sa passion; la soumission à ses désirs amoureux qu'on exige de
la complaisance d'une personne; prise de possession de l'honneur d'une
jolie personne; la douce et agréable violence faite aux dames; prise de
corps amoureuse; l'effort auquel les dames succombent avec plaisir.
STUPRATOR, _oris_, m. _Quintil._ Qui soumet une belle à ses désirs
amoureux; qui fait aux dames une agréable et douce violence; qui pousse
son inclination amoureuse aussi loin qu'elle peut aller; qui engage une
jolie personne à se rendre à sa passion; qui s'empare de ce que les
dames n'osent offrir; qui prend amoureusement possession de l'honneur
d'une belle; qui fait des efforts où les dames succombent avec plaisir;
qui exige la dernière complaisance des belles; qui pousse amoureusement
sa pointe jusqu'au bout; un abatteur de bois remuant; un Poliorcète en
amour.
STUPRATUS, _a, um_. _Cic._ Qui a laissé prendre une amoureuse possession
de son honneur; qui s'est laissé aller à la passion amoureuse d'autrui;
pris amoureusement au corps; qui a donné les dernières marques de
complaisance en amour; qui a succombé aux efforts amoureux de quelqu'un;
qui s'est donné aux désirs amoureux d'autrui; qui s'est amoureusement
soumis aux inclinations de quelqu'un; dont on a exigé les dernières
faveurs; à qui l'on a fait une amoureuse et douce violence; qui a été
poussé amoureusement à bout; qui a été engagé à se rendre aux
sollicitations amoureuses; qui a souffert des secousses d'amour; qui a
été employé amoureusement hors de l'état de mariage.
STUPRISEQUESTRA, _ae_, f. _Plaut._ Fille de joie. Ou: appareilleuse.
STUPRO, _are_. _Plaut._ S'emparer de l'honneur d'une belle; engager une
personne à se rendre à sa passion; prendre amoureusement au corps;
s'attirer les dernières marques de complaisance en amour; soumettre à
ses inclinations amoureuses; faire une amoureuse et douce violence;
exiger les dernières faveurs; faire succomber sous ses efforts amoureux;
pousser amoureusement à bout; prendre une amoureuse possession; engager
à se rendre à ses sollicitations amoureuses; faire céder à ses
empressements amoureux; employer amoureusement hors de l'état de
mariage.
STUPROSUS, _a, um_. _Val. Max._ Voy. STUPRATOR.
STUPRUM, _i_, n. _Cic._ Prise de possession de l'honneur d'une fille ou
d'une femme; excès de familiarité amoureuse; l'effort où les dames
succombent avec plaisir; la douce et amoureuse violence faite aux
belles; amoureuse prise de corps; exaction des dernières faveurs; emploi
qu'on fait d'une belle hors de l'état de mariage.
(N) SUAVIOR, _ari_, dép. S'embrasser, se baiser amoureusement. Voy.
SAVIOR.
(N) SUAVIUM, _ii_, n. Baiser sur la bouche. Synonymes: _basium,
osculum_. Servius donne l'explication de ces trois mots: _basium_ est le
baiser qu'on donne à une épouse; _suavium_ est celui que l'on donne à
une maîtresse; _osculum_ est le baiser de paternité, ou que les pères et
mères donnent à leurs enfants: c'est aussi le baiser de paix et de
cérémonie. Il y a un gros livre sur les baisers, par Kempius. On peut le
lire lorsque l'on veut approfondir la matière en curieux et en savant:
pour ceux qui ne le sont pas, la chose vaut mieux que le mot.
SUBACTIO, _onis_, f. _Cic._ L'action de fouler amoureusement; le travail
amoureux qu'on fait faire sous soi.
SUBACTOR, _oris_, m. _Lampr._ Voy. FUTUTOR. Ou: Voy. PAEDICO.
SUBACTRIX, _icis_, f. Voy. FRICTRIX. Voy. TRIBAS.
SUBACTUS, _a, um_. Foulé amoureusement; repassé naturellement ou contre
nature.
SUBACTUS, _us_, m. _Plin._ Voy. SUBACTIO.
SUBADMOVERE MARI FOEMINAM. _Colum._ Mettre aux prises le mâle et la
femelle; engager les deux sexes au combat de Vénus.
SUBAGITATIO, _onis_, f. _Plaut._ Le travail amoureux qu'on fait faire
sous soi; les mouvements qu'on cause à ce qu'on caresse amoureusement;
le branle qu'on donne à l'objet de ses plaisirs; les secousses
amoureuses.
SUBAGITATOR, _oris_, m.; SUBAGITATRIX, _icis_, f. Qui met en mouvement
l'objet de ses désirs; qui fait travailler amoureusement sous soi; qui
met en branle ce qu'il aime.
SUBAGITATUS, _a, um_. Qu'on a mis amoureusement en branle; mis en
mouvement amoureux; à qui l'on a donné des secousses amoureuses; qui
travaille amoureusement sous autrui.
SUBAGITO, _are_. _Plaut._ Faire mouvoir amoureusement sous soi; mettre
en amoureux mouvement; mettre en branle ce qu'on aime; donner des
secousses amoureuses à l'objet de ses plaisirs.
SUBALARIA NEGOTIA. Affaires amoureuses.
SUBANS, _tis_, _omn. gen._ _Plin._ Qui refoule amoureusement. Ou: qui
est en amour; qui est en chaleur.
SUBATIO, _onis_, f.; SUBATUS, _us_, m. _Plin._ Voy. SUBACTIO. Ou: la
chaleur des femelles; le désir du mâle[214].
[214] Ce qui se dit plus spécialement des animaux.
SUBATUS, _a, um_. Qui a été amoureusement refoulé. Voy. SUBAGITATUS.
SUBIGATRIX, _icis_. f. Voy. SUBIGITATRIX.
SUBIGENDUS, _a, um_. _Col._ Qu'il faut refouler amoureusement; qu'on
doit faire travailler amoureusement sous soi.
SUBIGITATRIX, _icis_. f. _Plaut._ Tribade, moderne Sapho.
SUBIGITO, _are_. _Plaut._ SUBIGO, _ere_. _Cic. Suet._ Refouler
amoureusement; faire travailler amoureusement sous soi; refouler la
charge amoureuse[215].
[215] Cela se dit des hommes et des femmes: _Nicomedes Caesarem
subegit_.
SUBIGUS, _i_, m. Le dieu qui présidait au renversement des belles[216].
[216] Aux premiers sacrifices à l'Amour.
SUBO, _are_. _Plin._ Rechercher le mâle; être en amour; être en
chaleur[217]. Ou (_Hor._): Voy. SUBIGO.
[217] Se remuer, s'agiter pendant le plaisir amoureux. Voy. SURIO.
SUBANDO CUBILIA RUMPERE. _Hor._ Enfoncer le lit à force de faire
rage[218].
[218] Et de mouvoir le croupion.
(N) SUBSIDERE MARIBUS. Se dit des femelles des animaux, qui s'arrêtent
et se tiennent fermes pour recevoir le mâle.
SUBULA, _ae_, f. _Colum._ L'alène de Cupidon.
SUBULO, _onis_, m. Voy. PAEDICO.
SUBULO, _are_. Voy. PAEDICO.
(N) SUBURRANA PUELLA. Fille publique; courtisane; raccrocheuse. La
Suburra est le quartier de Rome où logent toutes les filles publiques.
_Suburrana uxor, vel Summoeniana uxor_: une prostituée, une femme qui se
marie au premier venu pendant un quart d'heure.
SUCCUBA, _ae_, f. _Ovid._ Concubine; maîtresse; celle dont on a les
faveurs.
SUCCUBO, _are_. _Apul._ Se soumettre aux caresses amoureuses; travailler
amoureusement sous une personne.
SUCCUBONEUS, _a, um_. _Titinn._; SUCCUBUS, _a, um_. _Prud._ Qui se
soumet aux caresses amoureuses; qui travaille amoureusement sous autrui.
SUCCUMBO, _ere_. _Varr._ Voy. SUCCUBO.
SUCCUMBERE ANTE NUPTIAS QUIBUS & VELLENT. _Varr._ Se soumettre, avant le
mariage, aux caresses de tous ses amants; en donner à tous ceux qui en
veulent avant d'être mariée; ne refuser personne avant ses noces.
(N) SULCUS, _i_, m. Sillon charmant; fosse d'amour.
SUPERCUNNUM, _i_. n. Les broussailles du mont de Vénus.
(N) SURIO, _ire_. Ce mot exprime pour les hommes ce que _subare_ veut
dire des dames.
(N) SUSTINERE SESE (_scilicet in gaudiis_). Savoir jouir; s'arrêter à
propos pour prolonger le plaisir que l'on peut donner à son amie dans
l'acte Vénérien. Voy. MORARI.
(N) SYBARITICI LIBELLI. Catéchismes pour les libertins, dans lesquels la
gymnastique lubrique était enseignée avec la plus grande perfection.
Selon Lucien, ils ont pour auteur Hémithéon, natif de Sybaris.
SYNCOETIUM, _ii_, n. Le paiement des plus vives caresses amoureuses;
l'honoraire en amour; le prix des dernières faveurs.
SYNUSIA, _ae_, f. La plus intime liaison que puissent avoir ensemble les
deux sexes; la plus étroite union que puissent former deux personnes de
sexe différent.
T
(N) TABELLAE, _arum_, f. Tablettes ou billets doux écrits par des
amants.
(N) TABELLAE VOTIVAE ET PICTAE. Tablettes où se trouvent peintes toutes
les postures inventées à Lampsaque. Les jeunes filles qui possédaient de
ces tablettes en faisaient hommage à Priape, afin qu'il leur accordât la
réalité. On ne voit pas de ces _ex-voto_ dans les églises Chrétiennes.
Properce a déclamé contre ces tablettes obscènes:
_Quae manus obscenas depinxit prima tabellas
Et posuit casta turpia visa domo,
Illa puellarum ingenuos corrupit ocellos,
Nequitiaeque suae noluit esse rudes._
(_Propert._, II, 5, 19.)
(N) TACEO, _ere_. Se taire est un acte très simple de sa volonté; mais
quand on se laisse mettre dans la bouche quelque chose d'humain qui
l'emplit, il y a bien force. En ce sens, _tacere_ est synonyme de
_morigerari_, et très obscène. Vossius dit que _tacere_ signifie la même
chose que _irrumari_.
TAEDAE JURE COIRE. _Ovid._ User des droits de l'Hyménée en faveur du
plaisir; prendre l'ascendant amoureux que donne l'Hymen; se servir
amoureusement des libertés que donne le mariage.
(N) TANGERE MULIEREM MANIBUS. Faire l'imposition des mains sur une
femme; aller à la découverte du bosquet de Cythère; y faire naître avec
les doigts mille sensations agréables, qui préparent une de ces crises
charmantes qui font perdre la vie pendant quelques minutes.
TAUROPOLIA, _orum_, n. Le carquois de Cupidon.
TAURUS, _i_, m. _Fest._ Le laboureur du champ de la Nature.
(N) TENDO, _ere_. Dans le style lubrique, signifie l'érection causée par
les désirs charnels. _Tendere alutam_ (_Mart._)
(N) TENER, _era, erum_. Jeune, délicat, agréable, joli, charmant:
_... Sed tu sane tenerum et puerum te
Et pulchrum, et dignum cyatho coeloque putabas._
(_Juven._)
TENTIGINOSUS, _a, um_. Qui bande toujours son imagination vers les
plaisirs de l'amour.
TENTIGO, _inis_, f. _Mart._ L'érection, le désir de Vénus. Ou (_Juv._):
Priapisme volontaire, ou involontaire.
TENTARE DIGITIS LOCA FOEMINARUM. _Colum._ Tâter si les poulettes ont
l'oeuf; mettre les doigts où il n'en faut qu'un bon.
TENTUM, _i_. n. La tente de la plaie amoureuse.
TERERE INGUINA. _Juv._ Se donner des branles amoureux[219].
[219] Sonder avec la langue l'antre de Cypris. Voy. PHOENICISSO,
LESBIO.
(N) TESTES, _ium_, m. Les témoins du pouvoir génératif.
(N) TESTICULI, _orum_, m. Les témoins et les assistants du jeu d'amour.
Ils sont presque toujours deux, et quelquefois trois.
TESTICULO, _are_; TESTICULOR, _ari_, dép. _Fest._ Donner le mâle aux
femelles.
(N) THALASSIO, _onis_, m. L'action qui est le premier but du mariage; le
dieu des noces; la chanson nuptiale ou épithalame. Martial a dit:
_Indicare thalassionem manibus libidinosis._
(N) THECA, _ae_, f. La boîte ou l'étui dans lequel on serrait toute la
marchandise qui sert à la génération. Il y en avait en métal ou en cuir.
Voy. FIBULA.
(N) THORUS, _i_, m. Le lit ou le canapé où l'on se livre aux jouissances
de l'amour.
(N) THYRSUS, _i_, m. Le thyrse d'amour. Voy. MENTULA.
(N) TOLLERE PEDES. Faire des gambades sur un lit; mettre les gens plus à
leur aise en levant les pieds et les jambes en l'air pendant le combat
amoureux.
(N) TRABES, _is_, f. Arc-boutant de la génération. Voy. MENTULA.
(N) TRACTARE MENTULAM. Le beau Narcisse et le sauvage Hippolyte fuyaient
les femmes pour se livrer plus à leur aise à ce plaisir, qui n'en est
plus un lorsqu'il conduit à la mort. C'est l'Onanisme, dont Tissot a
montré tous les dangers. Chacun voit cela à sa manière, et de grands
capitaines assurent que l'Onanisme est nécessaire à la guerre. Moi je
prétends qu'il doit y être rare ou bien ménagé: sans quoi les dames
n'auraient plus de plaisir à recevoir les militaires en quartier
d'hiver, et ces messieurs dépeupleraient le monde de toutes les
manières.
TRIBAS, _adis_, f. _Mart._ Tribade; moderne Sapho; femme qui entreprend
sur les fonctions viriles auprès de son sexe; clitoriseuse.
TRIEMBOLUM, _i_. n. Le membre par excellence.
TRIPHALLUS, _i_, m. _Tibull._ Surnom de Priape, à cause de sa grande
fourniture. Ou: un magnifique sceptre amoureux.