[145] Cet expédient était nécessaire aux vieux libertins usés par la

jouissance, et, lorsqu'on voyait un vieillard rechercher les femmes,

_irrumatorem esse suspicabatur_ (Dussaulx, sur Juvénal, p. 399). On

appelait les femmes qui se livraient à cette lubricité,

_fellatrices_. Les hommes s'en mêlaient aussi: car de quoi ne se

mêlent-ils pas? Il paraît que ce badinage était fort usité en Italie

du temps des Romains: on en juge par le fréquent emploi du mot dans

les auteurs Latins. Les artistes Grecs ont reproduit cette action

dans leurs peintures: témoin le tableau de Parrhasius, dans lequel

Atalante se voit représentée à genoux devant Méléagre, qu'elle

caresse à la mode des Lesbiennes.

IRRUMATUS, _a, um_. _Mart._ Dont la bouche a servi à l'usage de certaine

autre bouche; qui a pris avec la bouche le gobet amoureux; irrumé; à qui

l'on a fait teter le trayon amoureux.

IRRUMO, _as, are_. _Mart._ Faire teter le trayon amoureux; employer la

bouche supérieure aux usages de l'inférieure; faire prendre avec la

bouche le gobet d'amour; donner à la bouche d'en haut ce qui n'est dû

qu'à la bouche d'en bas; faire servir la bouche de vase amoureux;

irrumer[146].

[146] Se dit des hommes qui usent entre eux de cette affreuse

jouissance.

ISIACA SACRA. Le plus secret du mystère amoureux; le sacrifice d'amour;

les mystères de Vénus.

ISICAE SACRARIA LUNAE. _Juv._ Les petits temples d'Isis, où quantité

d'aventures galantes se mettaient à fin[147].

[147] Les mystères de cette déesse devinrent ceux de l'amour et de la

débauche. Le culte en fut proscrit sous le consulat de Pison et de

Gabinius; mais Auguste le rétablit, pour amuser le peuple qu'il

voulait asservir.

ITHYPHALLUS, _i_, m. Le Priape en belle humeur porté en procession, et

les poésies qu'on y chantait à sa louange, aux fêtes d'Osiris en Égypte,

et à celles de Bacchus et de Priape à Athènes.

J

(N) JACEO, _es, ere_. Être couché dans une posture favorable au plaisir.

_Briseis multum aversa jacebat_: Briséis, selon Martial, voyait très

fréquemment la feuille à l'envers; c'est qu'elle avait un héros pour

ami.

(N) JUDAEUM PONDUS. Le paquet des trois pièces utiles à la génération.

Voy. FIBULA, PENSILIA, PONDUS.

K

(N) KALENDAE FOEMINEAE. Les Calendes de Mars, pendant lesquelles il y

avait, dans l'intérieur des maisons, des fêtes pour les domestiques du

genre féminin. Les maîtresses les servaient alors, comme les maîtres

servaient leurs esclaves mâles pendant les Saturnales. Ces fêtes étaient

appelées _Matronalia_. Les uns veulent qu'elles aient été instituées en

mémoire de la paix avec les Sabins à pareille époque, pour cause de

l'enlèvement des Sabines; d'autres disent que c'est en l'honneur de

Vénus. Il en est aussi qui assurent que les premiers jours du printemps

étaient comme des jours de fête pour les dames; qu'elles paraient leurs

appartements, et qu'alors elles recevaient des présents de leurs maris

ou de leurs galants. Juvénal reprend quelques hommes efféminés de son

siècle pour les imiter en cela (Sat. IX, vers 46 et suiv.).

L

LABDA, _ae_, m. f. _Varr._ Qui fait usurper à sa bouche l'emploi d'une

autre espèce de bouche; qui engloutit des hommes liquides; qui boit le

plaisir amoureux; qui dévore les hommes avant qu'ils puissent être vus.

LABDACE, _es_, f. _Varr._ Le suçage du trayon amoureux; le sucement du

doigt qui est sans os; l'action de faire servir sa bouche aux usages

d'une autre espèce de bouche.

(N) LABRA MORDERE. Pincer avec les dents les lèvres de sa mie. Ces

petits amusements ont lieu en attendant des plaisirs plus vifs.

LACINATA MULIER. _Petr._ Femme qu'on a déchirée à force de vouloir lui

faire plaisir.

LAECASTRA, _ae_, f. Une courtisane sous les armes; une fille commode en

équipage de conquête.

LAECACITAS, _atis_, f. Maquerellage. Ou: paillardise.

LAECATOR, _oris_, m. Pourvoyeur d'amour. Ou: paillard.

LAECO, _as, are_. Faire un maquerellage. Ou: paillarder, faire la joie.

(N) LAEVIS. Voy. LEVIS.

(N) LAMBERE MEDIOS VIROS. Faire un métier de chien; Voy. DEMITTERE

CAPUT, PHOENICISSARE, TERERE INGUINA. C'est faire aux dames, avec la

langue, le même plaisir qu'elles font aux hommes avec la bouche.

LAMPADIUM, _ii_, n. Sortes de filles de joie qui se tenaient la nuit

dans les rues avec une petite lampe à la main, afin que le marchand pût

voir si la marchandise lui plaisait. A Rome, il y a encore de petits

coquins qu'on trouve assis le soir dans les places et dans les rues,

avec une petite lumière, et qui crient de temps en temps: «_Chi me vuol

levar?_»

(N) LAMPSACUM, _i_, n. Lampsaque, ville de Bithynie, célèbre par le

culte de Vénus, de Cupidon et de Cybèle. C'est à Lampsaque que le dieu

Priape, fils de Bacchus et de Vénus, fut élevé. Par reconnaissance, il

fit toutes sortes de niches aux habitants de cette ville, c'est-à-dire

aux maris des plus belles femmes, ce qui d'abord le fit chasser. Il

finit cependant par y être adoré, et son culte y devint public.

LANDICA, _ae_, f. Voy. CUNNUS.

LANGORES, _orum_, m. Débauchés aux femmes.

LANGUS, _i_, m. Adonné aux femmes. Ou: bardache.

LANUVINI, _orum_, m. _Cic._ Les témoins d'amour, vénérables par leur

barbe.

LANUVIUM, _ii_, n. _Prop._ La foulerie d'Amour; le fouloir de Vénus; la

fouloire de Cupidon.

(N) LASCIVIA, _ae_, f. Lubricité; recherche des moyens de varier,

augmenter, suspendre ou prolonger les plaisirs amoureux. _Improbitas

Venerea_, selon Juvénal.

(N) LASCIVIRE. C'est prolonger la jouissance; user des plaisirs de

l'amour tantôt avec délicatesse, quelquefois avec assez d'emportement

pour se mettre hors de combat.

LASTAURUS, _i_, m. Celui qu'en amour on appelle bien fourni; qui est

bien emmanché. Ou: qui a l'entrefesson velu. Ou: l'entrefesson, le

périnée. Ou: paillard, ribaud.

(N) LATUS MOLLE. La croupe, les parties supérieures aux fesses; le

fessier lui-même.

_Quantum et quale latus! quam juvenile femur!_

(_Ovid._)

(N) LAXUS, _a, um_. Se dit des hommes et des femmes dont le vase

amoureux s'est élargi à force de servir. Il y a du remède avec

l'_onguent de la Comtesse_; mais les palliatifs ne rendent jamais à la

nature son vrai mérite.

LECTAMBULUS, _i_, m. Qui essaie de diverses garnitures de lit sans se

fixer à pas une; un pirate d'amour; galant qui se divertit aux dépens

des maris; un amant qui vit sur le commun; un corsaire en amour; qui

court le bon bord en amour.

LECTICARIOLA, _ae_, f. _Mart._ Une femme qui trouve du ragoût dans les

porteurs de chaise.

LECTI FURTIVI FOEDERA. _Tib._ Les secrètes liaisons où les larcins

amoureux engagent; les tendres engagements que font prendre les vols que

l'on fait en amour.

LEGAEGYNAECES, _cum_, f. Femmes âpres à la curée; gaillardes de grand

appétit[148].

[148] Femmes à tempérament.

LENA, _ae_, f. _Plaut._ Appareilleuse; conciliatrice de volontés;

entremetteuse; médiatrice de plaisir; pourvoyeuse d'amour; maquerelle;

ministre de Vénus[149].

[149] Tante d'Opéra. _Lena juventa_, dans Ausone: la fraîcheur de

l'âge attire les hommages.

LENO, _onis_, m. _Ter._ Marchand d'esclaves. Ou: ministre d'amour;

intendant des plaisirs amoureux; pourvoyeur d'amour; appareilleur de

Vénus; agent de change en amour; conciliateur de volontés amoureuses;

courtier de plaisirs; maquereau; médiateur de tendres unions[150].

[150] Accapareur de filles; marchand de chair humaine.

LENO, _as, are_. _Vet. epigr._ Être marchand d'esclaves. Ou: fournir des

sujets de plaisirs amoureux; concilier les volontés en amour; être

ministre de Vénus; appareiller des amants; être courtier de plaisir; se

mêler de pourvoir aux besoins amoureux; être pourvoyeur de Cupidon; être

agent de change en amour; faire trafic de ce que recherchent les amants;

s'entremettre d'unir les coeurs et les corps; être médiateur de tendres

unions; faire commerce de marchandise amoureuse; négocier en faveur des

amants; battre la caisse pour enrôler sous les étendards de Vénus;

maquereller; prostituer.

LENOCINAMENTUM, _i_, n. Voy. LENOCINIUM.

LENOCINATOR, _oris_, m. Voy. LENO.

LENOCINE, adv. _Lamprid._ En maquereau; à la manière des pourvoyeurs

d'amour; en courtier de Vénus; par maquerellage.

LENOCINIUM, _ii_, n. _Cic._ Trafic d'esclaves. Ou: conciliation de

volontés en amour; intendance de plaisirs amoureux; trafic d'union de

coeurs et de corps; charge de pourvoyeur de Vénus; médiation entre les

amants; commerce de sujets de plaisirs amoureux; emploi d'appareilleur

d'amants; courtage de plaisir; négociation en faveur des amants; office

d'entremetteur d'amour; négoce de marchandise amoureuse; commerce de

prostitution. Ou (_Sueton._): coquetterie; air coquet; soin excessif de

se parer; afféterie; affectation dans la propreté; manière affétée.

LENONICE, adv. Voy. LENOCINE.

LENONIUS, _a, um_. _Plaut._ Qui concerne les marchands d'esclaves. Ou:

qui concerne les ministres des plaisirs amoureux.

LEPUS, _oris_, m. _Ter._ Qui est, comme le lièvre, tantôt mâle, tantôt

femelle; qui se laisse Ganymédiser. Ou (_Ovid._): le lièvre qu'on fait

lever pour le mener au gîte. Ou (_Plaut._): Terme de caresse amoureuse.

LESBIO, _as, are_. Aimer à la manière de Sapho; vouloir imiter les

hommes dans les caresses qu'on fait aux belles personnes de son sexe;

tribader[151].

[151] Gamahucher. Les Lesbiennes sont célèbres pour avoir rendu la

bouche le plus fréquent organe de la volupté. Elles employaient la

langue à se faire plaisir mutuellement, et elles affectaient la

blancheur aux lèvres.

(N) LEVIS. Homme efféminé, qui prend soin de son corps comme une femme;

qui se fait épiler pour qu'on se méprenne à la douceur de sa peau, et

pour mieux jouer le rôle de femme.

LIBIDINES IN ALIQUO FACERE. _Catull._ Soumettre quelqu'un au dérèglement

de ses passions[152].

[152] _Libido praepostera_: passion bizarre des non-conformistes.

(N) LIBIDINOR, _aris, ari_. Polissonner; s'abandonner à la débauche.

(N) LIBIDINOSUS, _a, um_. Débauché; libertin, tantôt impudique, et

tantôt voluptueux.

(N) LIBIDO, _inis_, f. Passion; désir; volonté; fantaisie; débauche.

LIGURIRE NATURAM CAPRIS. _Suet._ Employer sa langue à découvrir la

propreté de la nature de nos chèvres[153].

[153] Il est difficile de rendre proprement cette expression. Voy.

LESBIO, TERERE INGUINA.

LIMARE CAPUT CUM ALIQUA. _Plaut._ Donner à une personne et en recevoir

coup sur coup des baisers affectueux; s'entrebaisotter. Ou: joindre de

près une belle; se frotter avec elle.

(N) LINGERE CUNNUM. Voy. LIGURIRE et CUNNILINGUS. Fantaisie

ultramontaine et Florentine: les Français ont le coeur trop faible pour

s'y livrer aussi fréquemment que les Italiens. Selon Martial, Eryx, fils

de Vénus et de Butis, en est mort; mais les mythologistes prétendent

qu'Hercule l'a tué, ce qui est bien différent.

(N) LINGUA MALA. Mauvaise langue, en terme ordinaire. Ici, cela veut

dire une langue impudique, lubrique. Voy. LAMBERE MEDIOS VIROS.

(N) LINGUA MARITUS. _Martial._ Langue qui entreprend sur les droits d'un

mari, d'un amant.

LONGANO, _onis_, m. _Varr._ L'intestin rectum, que les Italiens

appellent _budel gentile_. Pourquoi cela? je m'en rapporte. Le boyau

culier; le gros boyau[154].

[154] Le gentil boyau: instrument de fantaisie.

LONGANON, _is_, m. _Veget._ LONGANUM, _i_, n. Voy. LONGANO.

LUCUS HUMIDUS. _Plaut._ Le bosquet que l'Amour a soin d'arroser.

LUDERE, EDERE, BIBERE. _Hor._ Boire, manger, dormir à l'Hébraïque.

LUDERE IN UMBRA VOLUPTATIS. _Petr._ Se divertir en idée; goûter des

plaisirs en imagination; s'arrêter à des voluptés imaginaires. Ou:

préluder amoureusement; tâter le clavier amoureux.

LUDERE CUM ALIQUA. _Petr._ Badiner avec une personne; se jouer avec une

belle; se divertir avec quelqu'une[155].

[155] Folâtrer, préluder, batifoler.

(N) LUMBI, _orum_, m. Les reins: le levier d'amour; la puissance motrice

et génératrice; la source de la liqueur séminale.

LUPA, _ae_, f. _Cic._ Courtisane; fille de joie; personne de commodité.

LUPAL, LUPANAR, _is_, n. _Juv._ Lieu de plaisir; maison de commodité;

retraite de débauche; bordel.

LUPANARIS, m. f., _re_, n. _Apul._ De maison de commodité; de bordel;

qui concerne les lieux de plaisir.

LUPANARIUM, _ii_, n. _Ulp._ Voy. LUPANAR.

LUPANARIUS, _ii_, m. _Lamprid._ Suppôt de bordel; un souteneur; un

mangeur de blanc. Ou: coureur d'aiguillette.

LUPOR, _ari_, dép. _Accius._ Courir l'aiguillette; rechercher les belles

apprivoisées; mordre sur toute bête comme un chien d'amour affamé; en

vouloir jusqu'aux chèvres coiffées; ne mépriser pas en amour les restes

du genre humain; se plonger dans la débauche des femmes.

LUSIZONOS, _i_, f. Celle qui a éprouvé ce que vaut un homme; personne

qui a fait expérience des talents amoureux d'un galant; fille qui a

expérimenté combien un homme peut être utile au sexe[156].

[156] Voy. LYZIZONA.

LUSTRO, _onis_, m. _Catull._ Chercheur de bonnes fortunes aisées;

fureteur de lieux de plaisir; coureur d'aiguillette.

LUSTROR, _ari_, dép. _Plaut._ Courir l'aiguillette; fureter les lieux de

plaisir; fréquenter les maisons de commodité.

LUSTRUM, _i_, n. _Cic._ Lieu de plaisir; maison de commodité; bordel.

(N) LUXURIA, _ae_, LUXURIES, _ei_, f. La luxure; la débauche;

l'impureté.

_... Saevior armis

Luxuria incubuit, victumque ulciscitur orbem._

(_Juven._)

Le péché de luxure a son agrément, lorsqu'il n'est pas poussé trop loin.

LYZIZONA, _ae_, f. Fille devenue femme; celle qui a fait épreuve des

bons offices mutuels que les deux sexes peuvent se rendre. Voy.

LUSIZONOS.

M

MACROCAULUS, MACROCOLUS, _i_, m. Piquier dans le régiment de Vénus;

lancier en la milice d'Amour; un longue-queue.

(N) MAENADES, _dum_, f. C'étaient des espèces de prêtresses de Bacchus

ou de Priape, qui, dans les fêtes de Cérès, ou de la Bonne Déesse, ou

d'Isis, contrefaisaient peut-être ensemble, par chasteté, les mystères

de l'amour, comme les philosophes Socratiques les contrefaisaient entre

eux, par sagesse. Il résultait de tout cela que de l'imitation on

voulait venir à la réalité, et que, sortant des mystères, les Ménades ou

les Bacchantes couraient après les hommes, _ululabant Priapum_, avec une

fureur qui écartait tout le monde. Aussi, ne trouvant personne à qui

parler, on assure qu'elles sollicitaient les animaux.

(N) MALA, _orum_, n. _Priap._ Ce sont les petites pommes de l'arbre de

vie. Ève en fut gourmande, et ses descendantes ont conservé le même

appétit pour ce fruit. Voy. COLEUS, TESTES.

(N) MAMMA, _ae_, f. La mamelle; le sein d'une femme; la pomme d'amour.

_Mamilla_ est le diminutif; le terme est plus joli, mais la chose vaut

mieux dans une belle et juste proportion. _Mamilla_ se prend aussi pour

la fraise ou le bouton qui couronne le sein d'une femme. _Mamma

inclinata_: pendard.

(N) MANGO, _onis_, m. _Mart._ Un maquignon; un Mercure procureur

d'amourettes; intendant de sérail; directeur des menus plaisirs de la

cour de Cythère.

(N) MANUS PULLARIA, PROTERVA. Main libertine ou officieuse, qui rend à

d'autres le service qu'on peut se rendre à soi-même. La jeune amie

d'Ovide ne lui refusait pas cet aimable service:

_Hanc etiam mea non est dedignata puella

Leniter admota sollicitare manu._

La main d'une belle femme a produit des miracles, et rajeuni des

vieillards dont le coeur toutefois n'était pas mort:

_Illius ad tactum Pylius juvenescere possit,

Tithonusque annis fortior esse suis._

(_Ovid._)

MARISCA, _ae_, f. _Mart._ (_Subaud._ FICUS). Voy. CHIA[157].

[157] Tumeurs au fondement, par l'effet du libertinage contre nature.

MASTRUPATOR, _oris_, m. _Mart._ Voy. MASTUPRATOR.

MASTRUPOR, _ari_, dép. _Mart._ Voy. MASTUPROR.

MASTRYLLIUM, _ii_, n. Voy. LUPANAR.

MASTUPRATOR, _oris_, m. _Mart._ Assassin d'hommes informes; qui se passe

de femme parce qu'il a cinq doigts à chaque main; celui qui se conduit

par la main au plaisir; qui trouve une femme dans sa main; qui se joue à

soi-même[158]. (En cas que ce mot soit composé de _manus_ et de

_stupror_: car s'il est fait de _mas_ et de _stupror_, il signifie un

Ganymédiseur; un puériseur; celui qui emploie dans ses plaisirs un sexe

pour l'autre; qui métamorphose des garçons en filles; un bougre.)

[158] Un Narcisse, un Hippolyte; tout homme épris des jouissances

solitaires: onanisme, et, pour les femmes, nymphomanie.

MASTUPROR, _ari_, dép. _Mart._ Assassiner des hommes informes; se passer

de femme parce qu'on a cinq doigts à chaque main; trouver une femme dans

sa main; se jouer à soi-même; conduire au plaisir par la main (soi ou un

autre); clitoriser. Cette signification n'est qu'en cas que ce verbe

soit composé de _manus_ et de _stupror_: car, si on le dérive de _mas_

et de _stupror_, il signifie Ganymédiser; puériser; métamorphoser des

garçons en filles; faire emploi d'un sexe pour l'autre dans ses

plaisirs[159].

[159] User du Manuel des Solitaires.

MASTURBATOR, _oris_, m. _Mart._ Qui devient mari de sa main; ou: qui

conduit au plaisir par la main. Voy. MASTUPRATOR.

MASTURBATUS, _a, um_. _Mart._ Qui est devenu le mari de sa main; qui a

été conduit au plaisir par la main; qui s'est amoureusement chatouillé

pour se faire rire; qui s'est joué soi-même; qui a trouvé une femme dans

sa main. Ou: clitorisé.

MASTURBO, _are_, MASTURBOR, _ari_, dép. _Mart._ Voy. MASTUPROR.

(N) MATRIMONIUM, _ii_, n. Honnête concubinage ordonné par des lois et

fondé sur des conventions entre hommes et femmes, qui presque toujours

s'en repentent. Les Anciens en usaient avec encore plus d'appareil que

les Modernes. Ils avaient une multitude de dieux, grands et petits, qui

présidaient à toutes les cérémonies du mariage. Quand la fille avait

engagé sa foi, les matrones la conduisaient au dieu Priape et la

faisaient asseoir sur le membre énorme de ce dieu: là, on ôtait la

ceinture de la jeune mariée, et l'on invoquait la déesse _Virginensis_.

Le dieu _Subigus_ soumettait la fille aux transports du mari. Le déesse

_Prema_ la contenait sous lui pour l'empêcher de remuer à contre-temps.

Enfin la déesse _Pertunda_, ou Perforatrice, ouvrait à l'homme le

sentier de la volupté. Dans les Indes, ce sont les prêtres qui se sont

emparés de cette fonction divine. D'autres dieux et déesses présidaient

aux travaux de l'enfantement; mais ici il ne s'agit que du plaisir, et

non de la peine qui le suit.

MELLINA, _ae_, f. _Plaut._ Le cabaret où l'Amour enivre les hommes; le

lieu où l'on goûte ses douceurs.

(N) MEMBROSUS, _a, um_. _Priap._ _Membrosior aequo Priapus_: bien fourni

de la pièce essentielle au jeu d'amour: puissant plus que l'homme n'a

coutume de l'être.

(N) MEMBRUM, _i_, n. Il y a beaucoup d'épithètes à ce mot. Voy. MENTULA.

MENTULA, _ae_, f. _Mart._ Le sceptre d'amour[160]; le bâton de

commandement dans la milice amoureuse; le flambeau de Cupidon; le

poisson de Vénus; l'arc-boutant de Nature; le coutre de la charrue

d'amour; le serpent tentateur; le pilon du mortier amoureux; la lardoire

et le lardon dont fait piquer sa viande Cupidon; le pinceau qui redonne

la couleur aux filles; le chalumeau dont l'Amour se sert pour enfler son

ballon; le hoyau des jardins de Vénus; le bourdon des pèlerins amoureux;

ce qui n'est qu'une ligne droite et fait pourtant les cornes aux cocus;

le ciseau des sculpteurs d'amour; le refouloir des canonniers de Vénus;

l'aiguillon de la volupté; le prototype des chevilles; la clef du

cabinet de la mère d'Amour; l'instrument que l'Amour emploie à faire un

étui pour les âmes; la quille, le mât et le gouvernail des vaisseaux

amoureux; la lame que Vénus aime bien au fourreau; le hochet des amours;

le plongeon de Vénus; le battant de la cloche amoureuse[161].

[160] Ce sceptre amoureux a plus d'une fois procuré le trône à des

mortels favorisés de la Nature:

_Imperium nobis mentula sola dedit._

(_Priap._)

[161] La plume de l'Amour.

Voici les synonymes Latins de cette partie essentielle: _Pars

obscena, pars tegenda, tenta, penis, telum, columna, trabs, palus,

contus pedalis, fascinum pedale, coleata cuspis, sceptrum, seminale

membrum, ventris arma, vena tenta, hasta, Priapus, anguis, thyrsus,

pensilia, peculium, muto, nota virilis, virilis nervus, mutinus,

verpa, inguen, taurus, glans, babalum, psoleon, pyramis, clavus

Cupidinis, vir, sica, sicula vel parva sica, cauda turgens, aluta,

pipinna, iota longum_.

MENTULATUS, _a, um_. _Plaut._ Qui est pourvu d'un grand persuasif en

amour; qui est avantageusement partagé en faveur des dames; qui est bien

fourni, doué par la Nature de magnifiques talents pour le service des

belles; qui a de quoi servir le sexe à bouche que veux-tu; qui a une

ample garniture amoureuse; que Nature a libéralement fourni à l'usage

des dames, bien entalenté pour le sexe.

MERENDUM (AD) A LENONE COGI. _A. Gell._ Être forcé par un marchand

d'esclaves à s'attirer les caresses du public par sa complaisance.

MERETRICATIO, _onis_, f. Voy. MERETRICIUM.

MERETRICIE, adv. _Plaut._ En courtisane; en coquette outrée; à la

manière des filles de joie; d'un air de garce; en putain.

MERETRICIUM, _ii_, n. _Suet._ Coquetterie outrée; profession de

courtisane; métier de fille de joie.

MERETRICIUS, _a, um_. _Cic._ De coquette outrée; de fille de joie; de

courtisane; de fille de commodité; de putain.

MERETRICOR, _ari_, dép. _Colum._ Fréquenter les maisons de commodité;

hanter les lieux de plaisir.

MERETRICULA, _ae_, f. _Cic._ Diminutif de MERETRIX.

MERETRIX, _icis_, f. Coquette outrée; courtisane; fille de commodité;

fille commode; fille de joie; garce; putain; débauchée; fille

d'amour[162].

[162] Synonymes: _alicaria, diobolaris, elecebra, schoenicula,

scortum_.

MERITORIUS PUER. _Cic._ Jeune mignon qu'on entretient dans la vue de

s'en servir à sa fantaisie; un Ganymède.

MERITORIA TABERNA. _Suet._ Maison de commodité.

MERITORIA SCORTA. _Suet._ Personnes qui s'attirent les bonnes grâces par

des complaisances sans réserve.

(N) MOBILIS, m. f., _e_, n. Cet adjectif est pris dans un sens assez

lubrique par Ovide au second livre des _Amours_, où il parle du mérite

des femmes et soutient que celle dont la démarche est hardie, agaçante,

doit procurer sur un lit la plus voluptueuse agitation:

_Sive procax aliqua est, capior, quia rustica non est,

Spemque dat in molli mobilis esse thoro._

(N) MOECHA, _ae_, f. Femme mariée qui se livre aux désirs de tous les

hommes qui lui font la cour; femme adultère; impudique, infidèle.

(N) MOECHISSO, _are_. Entretenir un commerce adultère; pondre dans le

nid d'autrui; cocufier son voisin, son ami, son parent.

MOECHOCINAEDUS, _i_, m. _Lucil._ Le mignon du mari et de la femme; celui

qui rend à la femme ce que lui prête le mari; celui qui souffre du mari

les caresses qu'il fait à la femme.

(N) MOECHOR, _ari_, dép. Violer le lit nuptial; déchirer le contrat de

mariage.

(N) MOECHUS, _i_, m. Mari débauché, qui porte à la femme d'autrui ce qui

n'appartient qu'à la sienne; adultère.

_Fundum alienum arat: incultum familiarem deserit._

(_Plaut._)

_Semitarii moechi_: libertins, coureurs de filles dans les carrefours et

les places publiques.

(N) MOLLES MARES. Hommes efféminés qui se prostituent à d'autres hommes;

Ganymèdes, etc. Le synonyme de _mollis_ serait le mot _facilis_. Voy.

PATHICUS.

MOLO, _is, ere_. _Petr._ Moudre amoureusement[163].

[163] _Molitur per utramque cavernam_: moudre à tout vent; ne refuser

aucune proposition; entreprendre en tout sens. _Molitor_, dans

Ausone, se distingue de _moechus_ et _adulter_.

MONETA, _ae_, f. Le lieu où se frappe la monnaie d'amour; la pièce avec

laquelle les femmes se font battre monnaie.

(N) MORARI GAUDIA, _vel sustinere sese in gaudiis_. _Ovid._ Suspendre,

arrêter, prolonger le plaisir et la volupté d'une jouissance. C'est un

talent heureux, et auquel les amants délicats et bien constitués savent

se livrer. Ovide prétend qu'il faut avoir sept lustres, ou trente-cinq

ans, pour bien savourer le plaisir des sens; mais cela dépend d'une

constitution plus ou moins forte.

(N) MORDERE LABELLA. _Catull._ Sorte de caresse amoureuse imitée des

oiseaux, qui se mordent bec en bec dans leurs transports érotiques. La

marque qui reste quelquefois de cette morsure ne fait pas plaisir aux

dames.

MORIGERARI ORE ALICUI. _Suet._ Livrer sa bouche aux plaisirs de

quelqu'un; accommoder quelqu'un de sa bouche[164].

Dictionnaire érotique Latin-Français · 第 7 / 10 段