Ces articles furent imprimés, le dernier printemps, en diverses revues
qui voulurent bien me laisser dire: les _Entretiens_, la _Revue
Blanche_, les _Essais d’Art libre_, l’_Ermitage_, le _Livre d’Art_.
Les voici ensemble, liés par un seul fil, même les trois derniers dont
le ton sera un peu discordant.
A cette heure, la théorie idéaliste n’est plus guère contestée que par
quelques canards enclins à se plaire dans les vieux marécages. Les
naturalistes les plus entêtés et les plus obtus ont cédé eux-mêmes à
l’énergique pression intellectuelle qui, depuis quatre ans, depuis la
mort de Villiers de l’Isle-Adam, pesa sur le monde où la pensée
s’élabore en œuvres d’art.
La grande guerre est donc finie, mais selon le conseil de Machiavel,--le
«maître bien-aimé de Tribulat Bonhomet»--il faut achever les blessés,
afin qu’ils ne surgissent pas guéris et aptes à de nouvelles batailles.
Si médiocre que soit un vaincu, sa colère est toujours à craindre: c’est
pourquoi l’extermination est nécessaire.
J’espère que tant de férocité ne sera pas jugée contradictoire avec les
principes de la liberté de l’art, que je préconise avant tout.