SUBLIMITÉ DU DON DE CONSEIL

Celui qui veut posséder le don de conseil dans la plénitude de sa

perfection doit viser à la ressemblance même de Dieu et ne pas se

contenter d’une excellence inférieure. Il faut que, ravi par l’amour, il

adhère à l’essence suressentielle. Ceux qui s’inclinent et s’abîment

dans l’essence supersubstantielle, y trouveront la jouissance immense:

ils recevront avec une joie immense la lumière simple dans la puissance

de l’unité. Ceux qui vont dans ce lieu sacré, impénétrable à l’ennui

terrestre, ne peuvent échapper aux mains du ravissement qui les plonge

dans la lumière simple où ils s’éloignent d’eux-mêmes par la fuite

sublime, très lointaine et sans retour. Et ils deviennent le trône où le

Dieu des délices se repose avec le ciel entier. Ainsi, sans défaillance,

nous aspirerons, la bouche ouverte, vers l’essence superessentielle.

Mais toujours penchés sur le monde inférieur, par toute pratique, par

toute vérité, par toute activité, par toute justice, nous dessinerons

notre royaume intérieur à l’image et ressemblance du Seigneur Dieu. Mais

un désir médiocre, qui ne vous suspendrait pas à l’essence divine,

serait un cruel empêchement. Les gens du désir médiocre ne reçoivent pas

le rayon; ils ne sont pas touchés par l’ignorance sublime, par

l’ignorance essentielle des mesures humaines; ils subsistent en

eux-mêmes. Ils font défaut à la lumière; ils n’aspirent pas, la bouche

ouverte, vers le lieu où l’homme ne se connaît plus. C’est pourquoi les

gens du désir médiocre ne sont pas dévorés sur terre par la gueule

béante de la béatitude.

Rusbrock l'Admirable (œuvres choisies) · 第 108 / 117 题