L’homme intérieur s’est tourné vers Dieu pour adorer, pour s’offrir,
pour brûler sur le grand autel. Dieu vient au rendez-vous avec ou sans
intermédiaire. Il apporte le don de sagesse. La sagesse est la source de
toutes les vertus. Elle est l’instigatrice de toute perfection; elle
ébranle, elle pousse l’homme extérieur vers toute activité extérieure et
féconde. Mais cette même sagesse embrase l’homme intérieur d’un feu si
grandiose, que les dons de Dieu ne l’assouvissent plus. En cet état tout
ce que Dieu peut apporter, en dehors du don de lui-même, paraît à
l’homme étroit, mesquin, et son désir augmente, et son impatience
grandit.
L’homme sent alors au fond de lui-même un point central, principe et fin
de toutes vertus. Dans ce point central il les offre toutes à Dieu C’est
dans ce point que vit l’amour. Or la faim et la soif grandissent si
démesurément, qu’il se sent défaillir par la vertu du ravissement. Or,
chaque fois qu’il reçoit au fond de lui la foudre de Dieu, il est
embrasé et incendié par un contact nouveau. Il meurt dans la vie, et
ressuscite dans la mort. C’est une ardeur tendre qui obtient la
ressemblance et qui aspire à l’unité. Et la faim et la soif se
renouvellent à chaque instant. Cette action est plus utile et plus sûre
que la précédente. L’activité ardente du désir et de l’amour est le
principe de la paix suprême. L’activité précède, accompagne et suit la
paix. Elle est l’exercice nécessaire.
Sans les actes de la charité, nul ne peut obtenir Dieu ni conquérir
l’amour, ni garder l’amour conquis. Mais le repos et le retard qu’on
prendrait dans la créature est l’empêchement de l’homme spirituel. Dieu
seul peut satisfaire la faim qui le dévore.