DEUXIÈME ACTION

L’homme intérieur s’est tourné vers Dieu pour adorer, pour s’offrir,

pour brûler sur le grand autel. Dieu vient au rendez-vous avec ou sans

intermédiaire. Il apporte le don de sagesse. La sagesse est la source de

toutes les vertus. Elle est l’instigatrice de toute perfection; elle

ébranle, elle pousse l’homme extérieur vers toute activité extérieure et

féconde. Mais cette même sagesse embrase l’homme intérieur d’un feu si

grandiose, que les dons de Dieu ne l’assouvissent plus. En cet état tout

ce que Dieu peut apporter, en dehors du don de lui-même, paraît à

l’homme étroit, mesquin, et son désir augmente, et son impatience

grandit.

L’homme sent alors au fond de lui-même un point central, principe et fin

de toutes vertus. Dans ce point central il les offre toutes à Dieu C’est

dans ce point que vit l’amour. Or la faim et la soif grandissent si

démesurément, qu’il se sent défaillir par la vertu du ravissement. Or,

chaque fois qu’il reçoit au fond de lui la foudre de Dieu, il est

embrasé et incendié par un contact nouveau. Il meurt dans la vie, et

ressuscite dans la mort. C’est une ardeur tendre qui obtient la

ressemblance et qui aspire à l’unité. Et la faim et la soif se

renouvellent à chaque instant. Cette action est plus utile et plus sûre

que la précédente. L’activité ardente du désir et de l’amour est le

principe de la paix suprême. L’activité précède, accompagne et suit la

paix. Elle est l’exercice nécessaire.

Sans les actes de la charité, nul ne peut obtenir Dieu ni conquérir

l’amour, ni garder l’amour conquis. Mais le repos et le retard qu’on

prendrait dans la créature est l’empêchement de l’homme spirituel. Dieu

seul peut satisfaire la faim qui le dévore.

Rusbrock l'Admirable (œuvres choisies) · 第 53 / 117 题