La richesse incompréhensible, la sublimité, la communication libérale et
coulante que Dieu a et que Dieu fait ravissent le contemplateur dans le
lieu de l’admiration. L’admirateur va surtout vers les courants d’en
haut, ces effluves qui tombent de Dieu. Il réfléchit profondément sur
l’incompréhensibilité de l’Essence divine; jouissance commune de Dieu et
des saints, et sur l’opération immense des personnes divines agissant
dans la grâce, dans la gloire, dans la nature et au-dessus, en tout lieu
et en tout temps, dans les saints et dans tous les hommes, au ciel et
sur la terre, dans tous les êtres raisonnables ou irraisonnables, dans
l’esprit et dans la matière, suivant le besoin, la capacité et la
dignité de chaque créature. Il contemple le ciel, la terre, le soleil,
la lune, les éléments, toutes créatures, les mouvements du ciel, le
patrimoine commun des vivants.
Tout cela se donne, Dieu se donne, les anges se donnent. L’âme
raisonnable appartient à tout le corps, à tous les membres du corps.
Elle est là, partout tout entière. Elle ne peut être divisée que par
hypothèses. Les puissances supérieures et les puissances intérieures de
l’homme, si prodigieusement distantes, si la raison les regarde,
constituent pourtant le même homme dans l’unité duquel sont unis l’âme
et le corps. Dieu est dans tous et dans chacun. Tout par lui, tout en
lui, tout de lui, le ciel, la terre et toute la nature. Pendant que la
réflexion intérieure et profonde se promène sur l’excellence de la
nature divine, sur les éblouissants trésors de Dieu, et sur sa
magnificence, l’admiration grandit dans le contemplateur, et il arrive à
la stupeur, à cause de la sublimité et de la fidélité immense. Avec la
foi et l’espérance, émerge du fond de l’homme la joie singulière. Or
cette joie pénètre et embrasse, avec toutes les puissances de l’âme,
l’unité même de l’Esprit.