Encore un mot. Le corps de Rusbrock était sous terre, depuis cinq ans,
quand il fut examiné. Il était parfaitement intact et pur; les vêtements
et les ornements dans lesquels il avait été enseveli, tout était sans
tache et sans souillure. Il y avait seulement un petit point du nez qui
portait une trace très légère, mais une certaine trace de corruption.
L’évêque du lieu, qui était présent à la levée du corps, ordonna de
l’exposer trois jours à l’entrée du monastère, afin que le peuple entier
pût voir et constater. Aussitôt du corps exposé sortit une odeur
délicieuse, comme si les parfums les plus exquis venaient de brûler sur
lui. Non seulement les frères du couvent, mais une multitude immense de
séculiers et de laïques dignes de foi ont rendu témoignage: ils étaient
là, et moi, j’ai recueilli le témoignage de leur bouche. Après les trois
jours d’exposition, l’évêque défendit de replacer le corps admirable
dans son premier tombeau, et ordonna de le transporter, plein d’honneur,
dans l’église. La chose fut faite avec un respect immense, au milieu
d’une foule immense. Et là Rusbrock repose, en attendant l’ordre suprême
du Dieu vivant qui réveillera les morts, du Seigneur Jésus-Christ à qui
soit honneur et gloire dans les siècles des siècles, dans les siècles
éternels. Amen.