Je sais ce que je perds à sortir du vague. Je prête le flanc aux
critiques amères des gens qui _savent_ la peinture, et aux critiques
respectables des gens qui sentent autrement. Je n'écris pas pour
eux; c'est pour toi seulement, noble Wilhelmine. Tu n'es plus et
j'ose invoquer ton nom! Mais peut-être ton petit appartement dans le
monastère, au milieu de la forêt, est-il échu en partage à quelque âme
semblable à la tienne. Combien tu étais inconnue! Que de jours j'ai
passés près de toi! Tu n'étais que la plus belle et la plus silencieuse
des femmes! Le ciel si sévère envers moi m'a privé d'une consolation à
tous mes malheurs, en ne permettant pas que je pusse lire avec toi cet
ouvrage entrepris pour tâcher de t'oublier. Je placerai du moins ici la
liste que je t'envoyais pour guider ton attention parmi cette foule de
grands artistes dont le nombre t'effrayait.