DE LA BEAUTÉ DES FEMMES.

Dans la république, leurs formes doivent plutôt annoncer le bonheur;

dans les monarchies, le plaisir.

Mais voyez quel est le bonheur du colon anglais qui défriche des bois

dans les montagnes Bleues, et de l'homme aimable à Paris.

Sous la cabane du sauvage, les femmes ne sont que les esclaves du mari,

accablées de tous les travaux pénibles[325]. A Sparte, à Corinthe,

elles ne sortaient jamais du profond respect. En vertu de quoi l'homme,

qui est le plus fort, n'aurait-il pas abusé de sa force? L'intimité

de l'amour était pour un autre sexe. Si les femmes sortaient de leur

nullité, ce n'était pas par le plaisir, c'était pour être quelquefois

le conseil du mari, ou, comme veuves, pour donner des soins aux

enfants; il leur fallait donc la prudence et le sérieux profond qui en

était la marque; elles devaient donner des enfants capables de défendre

la ville, il leur fallait donc la force. La ville était-elle devenue

puissante à force de batailles, les femmes couraient aux combats de

gladiateurs; et, par un mouvement de la main, le pouce renversé,

ordonnaient que le gladiateur seulement blessé par son partenaire fût

par lui égorgé sous leurs yeux avides: il fallait de telles mères aux

jeunes Fabius.

[325] Malthus, _de la Population_, 5e édition.

Histoire de la peinture en Italie · 第 283 / 465 题