Nos sauvages, qui deviennent raisonneurs depuis qu'ils ont du temps
à perdre, remarquent, chez leurs guerriers les plus robustes, que
l'exercice de la force entraîne dans les membres une certaine
altération. L'habitant de l'Ouabache, qui marche sans chaussure tant
qu'il est enfant, qui, plus tard, ne porte qu'une chaussure grossière,
a le pied défendu par une espèce de corne qui lui fait braver les
arbrisseaux épineux. Il a le bas de la jambe chargé de cicatrices.
La nécessité de garantir son œil de l'impression directe des rayons
du soleil a couvert ses joues de rides sans nombre; mille accidents
de cette vie misérable, des chutes, des blessures, des douleurs
causées par la fraîcheur des nuits, ont ajouté leurs imperfections
particulières aux imperfections générales, suites inévitables de
l'exercice d'une grande force. Il est simple de ne pas reproduire les
marques de ces imperfections dans les images des dieux.