MOYEN SIMPLE D'IMITER LA NATURE.

Il est singulier que les Grecs et les peintres, qui, en Italie,

renouvelèrent les arts, n'aient pas eu l'idée de mouler le corps de

l'homme[234], ou de le dessiner par l'ombre d'une lampe. Dans les

mines du Hartz, près d'Hanovre, les rois d'Angleterre ont fait creuser

une galerie horizontale pour l'écoulement des eaux. En descendant de

Clausdhal, où est la bouche de la mine, on arrive, de puits en puits,

et d'échelle en échelle, à une profondeur de treize cents pieds. Au

lieu de remonter par un chemin si ennuyeux, on vous fait errer dans

un noir dédale, on prend la galerie, on marche longtemps, enfin l'on

aperçoit à une grande distance une petite étoile bleue; c'est le jour,

et l'ouverture de la mine. Lorsqu'on n'en est plus qu'à une demi-lieue,

le mineur qui conduit ferme une porte qui barre le chemin. On admire

la précision avec laquelle l'ombre de cette lumière lointaine dessine

jusqu'aux plus petits détails; c'est une perfection de physionomie qui

nous frappa tous, quoique aucun de nous ne s'occupât de peinture.

[234] Pline, liv. XXXV, chap. XIV.

Histoire de la peinture en Italie · 第 165 / 465 题