Les yeux accoutumés aux chefs-d'œuvre de l'âge suivant peuvent avoir
quelque peine à démêler Masaccio. Je l'aime trop pour en juger. Je
croirais cependant que c'est le premier peintre qui passe du mérite
historique au mérite réel.
Masaccio étant mort jeune, et ayant toujours aspiré à la perfection,
ses tableaux sont fort rares. J'ai vu de lui, au palais Pitti, un
portrait de jeune homme qui est sublime. On lui attribue à Rome les
évangélistes qui sont à la voûte de la chapelle de Sainte-Catherine;
mais c'est un ouvrage de sa jeunesse, ainsi que le tableau représentant
sainte Anne, qui est à Florence, dans l'église de Saint-Ambroise. Le
temps a effacé ses autres fresques.
L'antiquité n'ayant rien laissé pour le clair-obscur, le coloris, la
perspective et l'expression, Masaccio est plutôt le créateur que le
rénovateur de la peinture.