Il forma à la sculpture Arnolfe Fiorentino, auteur du tombeau de
Boniface VIII à Saint-Pierre de Rome, et son fils, Jean Pisano, qui fit
le tombeau de Benoît IX à Pérouse. Ce fils travailla à Naples et dans
plusieurs villes de Toscane; mais son ouvrage le plus remarquable est
le grand autel de Saint-Donat d'Arezzo, qui coûta trente mille florins
d'or.
Jean Pisano eut pour compagnon à Pérouse, et peut-être pour élève,
un André Pisano, qui, s'étant ensuite établi à Florence, orna de
statues la cathédrale et l'église de Saint-Jean. On sait qu'il employa
vingt-deux ans à faire une des trois portes de bronze par lesquelles on
entre dans ce baptistère célèbre. Il a mérité cette louange, que c'est
en étudiant les bas-reliefs qui couvrent cette porte que les artistes
ses successeurs sont parvenus à faire les deux autres, que Michel-Ange
appelait les portes du paradis. Il est impossible, en effet, de rien
voir de plus agréable que celle qui fait face au dôme. C'est un ouvrage
plein de grâce, et dont la porte de bronze, qui était à l'ancien musée
Napoléon, dans la salle du Nil, ne peut donner aucune idée.
André fonda l'école célèbre qui produisit Donatello et Ghiberti.
Après André Pisano vient Balducci de Pise; c'est un des sculpteurs
les plus remarquables du siècle. Castruccio, ce grand homme, tyran de
Lucques, et Azzone Visconti, seigneur de Milan, l'employèrent à l'envi;
mais c'est dans cette dernière ville qu'il a le plus travaillé. Le
voyageur ne doit pas négliger le tombeau de saint Pierre, martyr, à
Saint-Eustorge; il y verra ce que l'art avait encore produit de mieux à
cette époque (1339).
Deux artistes de Sienne sortirent de l'école de Jean Pisano. Agnolo
et Agostino étaient frères. Ce sont eux qui exécutèrent, sur les
dessins de Giotto, le singulier tombeau de Guido, évêque d'Arezzo, où
l'on trouve des bas-reliefs et un si grand nombre de petites statues
représentant les principaux exploits de ce prélat guerrier. Ils
travaillèrent beaucoup à Orvietto, à Sienne, en Lombardie.
La mosaïque suivait la sculpture, et la gloire en est encore à un
Toscan, le moine Mino da Turita.