TIERCE-RIME

Sensible auprès de toi, muet comme l'enfance,

Je t'offris la pâleur de l'été maladif

Dans une seule rose ouverte et sans défense.

Quelle fée ouvragea, puis unit sans motif

Ses pétales--qu'un fil de parfum semblait joindre--

Et que tu vins casser d'un geste trop hâtif.

Ils tombent un par un. Je te regarde feindre

De ne pas voir combien se seront effeuillés.

Ah! se défaire ainsi doucement sans se plaindre!

Et j'embrasse en silence (aveugle que tu es!)

De larmes, de baisers, tes deux mains que je touche

Avec mes lèvres moins qu'avec mes cils mouillés.

Et tu repars distraite, et moi je me recouche

Sur tout ton souvenir.... Tel un pauvre histrion,

Je mime un rôle ardent sur ta lointaine bouche!

Et nous pleurons ensemble ainsi que nous rions

A l'heure passagère et vide--Ta présence,

Amour, n'est donc jamais ce que nous voudrions?

Quand perdras-tu sur moi ton étrange puissance?

Mon cœur malade, ah! quand va-t-il ne plus sentir,

Ou des yeux oublieux de la convalescence,

Quand pourrai-je sans peur te regarder partir?

Poems & Poèmes; autres alliances · 第 32 / 61 题