Tous les hommes ont le même droit à la terre et chaque homme a le droit
inaliénable au produit de son travail. L’un et l’autre droit furent
transgressés par la reconnaissance du droit de propriété exclusive sur
la terre et par les impôts et les taxes sur le produit du travail.
Pour rétablir le véritable droit, il n’est qu’un moyen: l’institution
d’un impôt sur la terre dont la valeur égalerait le profit que les
propriétaires tirent de leur terre, et la substitution à tous les autres
impôts, payés par le travail, d’un impôt unique sur toute la terre.
L’établissement de cet Impôt unique fut déjà proposé à diverses
reprises, dans différents pays, et fut de nos jours exposé en détail par
l’Américain Henry George.
Les principes de l’Impôt unique sont les suivants:
1º Tous les hommes ayant le droit égal à la terre, et chaque homme ayant
le droit inaliénable au produit total de son travail, nul ne doit avoir
le privilège de jouir de la terre et nul ne doit déposséder les
travailleurs du fruit de leur travail sous forme de redevance ou celle
d’impôts et de contributions;
2º Afin que ni l’un ni l’autre droits ne puissent être violés, il faut
que ceux qui jouissent de la terre payent à la communauté un impôt
correspondant aux profits qu’on tire de tel terrain comparativement aux
profits des autres terrains. Il faut ensuite que ceux qui ne possèdent
pas de terre et s’occupent d’autres affaires soient libérés de tout
impôt ou contribution.
Dans une pareille organisation, toutes les ressources, fournies
actuellement par le travail et destinées aux dépenses des services
publics, seraient tirées de la terre, suivant sa situation procurant tel
ou tel bénéfice aux possédants.
Par exemple, les terrains les plus fertiles ou situés à proximité des
voies de communication, rapportant, par suite, davantage que le sol
sablonneux ou le terrain situé loin des centres populeux, payeraient
davantage; les terrains situés dans les villes, ou près des lieux
d’embarquement, ou contenant des minerais, payeraient plus encore.
Enfin, ceux qui possèderaient un sol dépourvu de tout avantage, ou ceux
qui ne possèderaient pas de terre, jouiraient quand même de toutes les
commodités de l’organisation sociale: administration municipale, voies
de communication et tout autre service public, sans rien payer.