Comète vagabonde, issue d'un
brillant soleil, où est la fin de ton
vol? Il est sans fin... sans fin....
Tu gardes le silence!... moi, je t'ai dévoilé les abîmes
de mon coeur. Je t'en conjure, donne-moi la puissance,
une part chétive, une part de ce que sur la terre a conquis
l'orgueil! Avec cette faible part, que je créerais de
bonheur! Tu gardes le silence!... Tu n'accordes rien au
coeur, accorde donc à la raison. Tu le vois, je suis le premier
des hommes et des anges, je te connais mieux que
les archanges, je suis digne que tu me cèdes la moitié de
ta puissance.... Réponds.... Toujours le silence!... Je ne
mens pas, tu gardes le silence et tu te crois un bras puissant!...
Ignores-tu que le sentiment dévorera ce que n'a
pu briser la pensée? Vois mon brasier, mon sentiment;
je le resserre pour qu'il brûle avec plus de violence; je le
comprime dans le cercle de fer de ma volonté, comme la
charge dans un canon destructeur.