s'écriait-elle,
Comme à son pays bien-aimé.
Elle avait effectivement non-seulement un empire stoïque sur elle-même,
mais encore, et grâce au ciel, une généreuse facilité à reprendre ses
armes vaillantes, son inspiration, son souffle de poëte, sa parole
entraînante et son aimable rire d'enfant. Elle a bravement vécu,
noblement lutté et légitimement triomphé. Il n'y a rien de trop dans les
éloges que nous venons de lire. Que ce bouquet d'anniversaire, réuni par
une main pieuse, soit donc pour elle un parfum de fête et comme un
remercîment de cette belle vie qu'elle nous a consacrée à tous,
peut-être, hélas! aux dépens de la sienne en ce monde; car elle avouait,
comme madame de Staël, qu'elle dépensait trop de sa flamme intérieure et
qu'elle en était parfois brisée; mais là où elle vit maintenant, elle
recueille les fruits de tant de fleurs jetées par elle sur nos chemins,
et la nouvelle tâche qu'elle accomplit dans une autre station de la
route éternelle est une récompense, c'est-à-dire une carrière plus
glorieuse encore.
Montfeuilly, 5 juillet 1856.