LES «MAQUETTES ANIMÉES»

[Illustration: Le joueur de violoncelle sur la scène du théâtre des

Marionnettes.]

[Illustration: Le nouvel hôpital d'Aubervilliers.]

A Versailles, dans l'atelier du peintre Georges-Bertrand. Deux cents

spectateurs environ, la plupart venus de Paris tout exprès pour jouir du

pittoresque et rare spectacle auquel l'artiste les convie. Voici, au

premier rang, frileusement enveloppé de sa pelisse, le ministre

plénipotentiaire du Japon et Mme Motono; à leur droite, M. Finot,

directeur de la _Revue_, derrière qui sourit Mme Pierson, de la

Comédie-Française; voici M. Gaston Menier, député; le prince B.

Karageorgevitch, M. René Baschet, MM. Gaston Bérardi, Mariani, le

peintre Roll; et, debout, à gauche, M. Henri Lavedan, de l'Académie

française, et Mme Lavedan, qui ont l'air de s'amuser beaucoup... Et tout

le monde, en effet, s'amuse ici infiniment; car le rideau de la petite

scène devant laquelle nous sommes assis vient de s'ouvrir, et la

première des «maquettes animées» de Georges-Bertrand vient d'entrer en

scène: c'est le clown violoncelliste, dont la prodigieuse virtuosité va

nous enchanter pendant de trop courtes minutes. Après lui viendront la

cantatrice, le clown jongleur, le chef d'orchestre, Polin, Caruso, Cleo

de Mérode et Zambelli. Aux musiques du phonographe invisible s'adaptent

si exactement, si spirituellement les gestes, les mouvements de corps,

les jeux de physionomie de l'interprète que c'est bien, en vérité, un

petit personnage vivant qui s'agite, chante et parle devant nous!

Le peintre Georges-Bertrand s'est révélé, en cette circonstance,

sculpteur émérite, costumier, mécanicien et metteur en scène hors de

pair. Les «maquettes animées» sont devenues l'oeuvre et la passion de sa

vie. Puisse le succès récompenser un effort d'art si original et si

intéressant!

L'Illustration, No. 3273, 18 Novembre 1905 · 第 34 / 36 题