LA LAMPE UVIOL.

La nouvelle lampe électrique imaginée par M. O. Schott, et baptisée par

lui «Uviol». est une lampe qui ne vise ni à éclairer, ni à chauffer.

C'est une lampe qui, des trois catégories de rayons composant la lumière

solaire: les calorifiques, les lumineux et les chimiques, émet surtout

les derniers, les rayons actiniques, les rayons ultra-violets. Ce

caractère spécial de la lampe explique son nom. La lampe «Uviol» est une

modification de la lampe à vapeur de mercure Cooper-Hewitt, et n'a été

rendue possible que par la fabrication récente, à Iéna, d'un verre qui

laisse passer en notable abondance les rayons ultra-violets. Les usages

de cette lampe pourront être nombreux. Il est entendu que personne n'en

fera usage pour s'éclairer ou se chauffer; mais elle servira de beaucoup

d'autres manières. Elle servira à éprouver les couleurs de teinture des

étoffes. Au lieu d'exposer les étoffes teintes au soleil pour voir

quelle est la résistance des coloris aux rayons (chimiques) du soleil,

on les exposera aux rayons de lampes Uviol, leur fonctionnement étant

régulier et constant, ce qu'on ne saurait dire de celui du soleil. La

lampe Uviol servira aussi en photographie: ce sera une excellente

lumière artificielle, en raison de sa richesse en rayons actiniques.

Enfin, elle paraît devoir prendre une place importante en thérapeutique.

Les rayons chimiques ont, on le sait, une puissante action sur

l'organisme: ce sont eux qui, entre autres méfaits, occasionnent le coup

de chaleur et aussi les brûlures du visage chez les alpinistes. Les

rayons actiniques tuent les bactéries et agissent fortement sur la peau.

La lampe Uviol tue les insectes: une mouche tenue à proximité meurt en

une minute: et si on laisse dehors, en été, une lampe Uviol allumée

pendant la nuit, on trouve, au matin, autour d'elle, une foule de

cadavres de petits insectes. Elle servira encore et surtout en

photothérapie selon la méthode de Finsen, et, avec une source aussi

puissante, on peut s'attendre à agir vigoureusement sur la peau. Si on

laisse agir sur celle-ci, à petite distance (de 1 à 3 centimètres), les

rayons pendant un temps variant de 5 à 15 minutes, on n'aperçoit rien

d'abord, comme avec le radium. Mais, quelques heures après, la peau

rougit,--elle est le siège d'une sensation de brûlure, et elle pèle. On

a certainement dans la lampe Uviol un agent thérapeutique pouvant

fournir des résultats fort intéressants.

L'Illustration, No. 3273, 18 Novembre 1905 · 第 18 / 36 题