[1: Aujourd'hui conservés à la bibliothèque de Carcassonne, où ils
forment la meilleure part du fonds Peyrusse. Voir le _Catalogue général
des manuscrits des bibliothèques des départements_, tome XIII,
_Carcassonne_, par Léon CADIER. Un volume in-8°, Paris, Plon.]
[2: Voir _Correspondance de Napoléon Ier_, t. XXVII, et ma publication
signalée plus haut.]
[3: Marcellin PELLET, _Napoléon à l'Île d'Elbe_, un vol. in-12. Paris,
Charpentier, 1889.]
[4: Les _Souvenirs de Foresi_ ont été publiés par son petit-fils. J'ai
publié les notes de Rebuffat (adressées à Pons) sur _Porto-Longone
durante il primo imperio_ dans l'_Archivio storico italiano_ (série IV,
tome XVI, 1895).]
[5: Henry HOUSSAYE, _1815_, p. 193. Pons, dans son _Mémoire aux
puissances alliées_, parle du «landau impérial».]
[6: En 1809.]
[7: «Pons à Barras.»]
[8: «De la bataille et de la capitulation de Paris, extrait d'un _Essai
historique sur le règne de l'empereur Napoléon_, suivi de la 2e édition
du Congrès de Châtillon», par PONS. Paris, Delaforest, 1828.]
[9: Sur M. Cornet Peyrusse on trouvera des renseignements utiles dans un
rapport sur la Bibliothèque municipale de Carcassonne, dû au
bibliothécaire M. Izard et publié dans les _Mémoires de la Société des
sciences et arts_ de cette ville.]
[10: On peut supposer qu'il le sut par les Cormenin, alliés à la famille
de G. Peyrusse.]
[11: La lettre d'envoi est conservée avec les autres papiers de Pons.]
[12: Aujourd'hui dans la collection d'autographes de la même
bibliothèque.]
[13: C'est par une singulière erreur qu'ils ont été classés dans le
fonds Mahul, où Cadier les a laissés.]
[14: J'en ai publié quelques fragments, les moins dénués d'intérêt, dans
diverses revues italiennes.]
[15: Dans la collection de la _Société d'histoire contemporaine_.]
[16: Voir ci-dessous, chapitre XI.]
[17: Voici la version sacrifiée par Pons: «L'Empereur avait l'air
riant:--Vous commentez _Télémaque_?--Non, Sire, mais je l'explique, et
mes explications sont écrites.--Faites-vous allusion à ma
personne?--J'en fais à votre gouvernement.--En quel sens?--Pour
l'intérieur, en plus d'un sens. Et pour l'extérieur?--Tout à l'avantage
de Votre Majesté.--Il vous faut bien étudier les causes et les
effets.--C'est à quoi je m'applique.--Fénelon fabriquait des rois
divins, mais les rois sont des hommes, et ne sont que des hommes, un
assemblage de défauts et de qualités, de vices et de vertus. Les plus
grands rois sont ceux qui sont les moins imparfaits; ils n'échappent
point à la loi commune. Ces principes doivent vous aller?--Oui, Sire,
ils m'enchantent.--Tant mieux.» Et l'Empereur, visiblement satisfait,
rentra dans son appartement.]
[18: Voir ci-dessous, deuxième partie, chapitre premier, sous-chapitre
V.]
[19: «Dès qu'il y eut mis pied à terre, le temps devint orageux, si
orageux que le brick ne put plus s'approcher de l'embarcadère et qu'il
dut rester toute la nuit à la cape entre l'île de la Pianosa et l'île
d'Elbe. Heureusement que l'Empereur avait eu la précaution de faire
suivre sa tente de campagne et qu'il put, avec toute sa suite, s'abriter
du vent qui était violent et de la pluie qui tombait en abondance.
Toutefois il était mécontent; son mécontentement le rendait même un peu
injuste: il murmurait contre la marine au lieu de murmurer contre la
bourrasque. Le lendemain, l'on profita d'un moment de calme; le brick
s'approcha de la Pianosa, la chaloupe, montée par l'enseigne Sarri,
aborda le rivage dans un lieu favorable, et elle ramena l'Empereur à
bord de l'_Inconstant_.»]
[20: «L'île d'Elbe au début du dix-neuvième siècle», dans le _Bulletin
de la Société languedocienne de géographie_, 1896 et 1897; et «L'île
d'Elbe pendant la Révolution et l'Empire», dans la _Miscellanea
Napoleonica_, t. III, 1897.]
[21: Outre l'introduction, Pons a donné aussi dans un des fragments
supprimés une sorte de plan général de son ouvrage, qui montre bien son
dessein, et qu'il me paraît, à ce titre, utile de donner ici; le morceau
est, du reste, fort court: «L'histoire générale de l'île d'Elbe n'entre
pas et ne peut pas entrer dans le cadre spécial de mon ouvrage. Aussi je
n'écrirai pas l'histoire générale de l'île d'Elbe; ce qui ne doit pas
m'empêcher de faire connaître l'île d'Elbe.
«Voici donc le plan que je me suis tracé:
«Je dirai d'abord l'île d'Elbe telle qu'elle était à l'arrivée de
l'empereur Napoléon. Je chercherai à expliquer avec vérité les hommes et
les choses du moment. J'ai longtemps habité l'île d'Elbe; je puis en
parler avec connaissance de cause. J'écrirai avec ma mémoire et avec mes
notes. Ma mémoire embrassera les généralités de l'île; elle ne me fera
pas défaut, parce que je la débarrasserai de toutes les incertitudes et
que je ne lui demanderai que ce qu'elle pourra facilement me garantir.
Mes notes sont l'enregistrement abrégé des faits que je puis certifier,
elles ne sont susceptibles d'aucune variation, et je n'ai qu'à leur
donner une étendue égale à leur importance. Cette partie de mon ouvrage
contiendra un travail circonstancié sur les mines de fer qui sont ce que
l'île d'Elbe a de plus important.
«Cela fait, je remonterai vers les siècles de l'antiquité; je me
placerai au début connu de l'histoire politique de ce rocher célèbre, je
franchirai rapidement les époques reculées, je sauterai presque à pieds
joints le chaos du moyen âge, et, sans m'appesantir sur les temps plus
modernes, j'arriverai au moment où, par suite de la Révolution
française, l'île d'Elbe s'est trouvée en contact direct avec la France.
«Alors, sûr d'intéresser mon pays, de lui donner des renseignements
utiles, je suivrai pas à pas tous les événements qui ont eu lieu dans
l'île d'Elbe, jusqu'au grand événement elbois qui résulte du
débarquement de l'empereur Napoléon à Porto-Ferrajo.
«Là, avec toute la gravité de l'histoire, j'avancerai lentement, je
méditerai, je discuterai, et, la main sur la conscience, je dirai tout
ce qui sera venu à ma connaissance.
«J'ai le désir prononcé de bien faire, mais la bonne volonté ne suffit
pas toujours pour remplir avec distinction une belle tache, alors même
qu'on se l'est volontairement imposée, et je ne promets que ce qui est
(_sic_) en mon pouvoir de tenir.
«Je ne prends pas non plus l'engagement radical d'écrire positivement
l'histoire de l'empereur Napoléon à l'île d'Elbe, car il peut y avoir
des choses que je n'aie pas connues, et je ne veux pas m'exposer au
reproche mérité d'avoir laissé des lacunes. Ce sont des faits
remarquables que je raconte, que je transmets à l'histoire universelle
du monde social, et dont je lui lègue la propriété. D'ailleurs, un style
purement historique m'exposerait à des embarras dans le récit des
événements auxquels j'ai pris part; et comme j'ai pris part à presque
tous les événements, ces embarras deviendraient incessants, peut-être
même insurmontables.
«Un mémoire historique écarte tous les inconvénients. C'est donc à un
mémoire historique que je vais consacrer mes veilles. L'empereur
Napoléon n'y perdra aucun des hommages de vérité que l'histoire aurait
pu lui rendre. Je commence.»]
[22: Quelques titres et l'arrangement matériel de ces petits cahiers de
notes sont dus à M. Cornet-Peyrusse.]
[23: J'en ai publié quelques-uns il y a plusieurs années dans la _Revue
rétrospective_ de M. Cottin.]
[24: Il doit y avoir là un rapprochement forcé; il est probable que ce
n'est qu'après 1815 que Drouot a pu corriger quelques pages des écrits
de Pons.]
[25: Les fragments ci-dessous, par exemple, donneront une idée de ces
invectives dont j'ai coupé la plus grande partie: «Sans doute l'Empereur
faisait unanimement planer sa prépotence sur tous ceux qui
l'entouraient, mais cela ne dit pas que cette prépotence brisait les
caractères qu'elle ne parvenait pas à faire plier sous sa volonté, et, à
cet égard, je dois à l'honneur de me citer comme preuve du contraire. Si
j'avais lutté avec un des personnages du gouvernement anglais de la
Restauration, ou avec un des personnages du gouvernement prostitué qui
représente la monarchie de 1830, comme j'ai lutté avec l'Empereur,
j'aurais été lié et garrotté, puisque, pour avoir fait de justes
représentations la loi à la main, j'ai perdu ma carrière.» Ailleurs, à
propos du général Boinod qui vint retrouver Napoléon à l'île, il dit:
«Boinod, que la révolution de 1830 ou ceux qui l'ont accaparée ont mis
hors de service en lui rognant encore quelques écus de retraite... La
révolution de 1830 a, d'ailleurs, fait plusieurs choses semblables.»]
[26: Voir _Revue rétrospective, Documents sur le séjour de Napoléon Ier
à l'île d'Elbe_.]
[27: Qu'entendait-il par trois gros volumes? Son manuscrit est sur
feuilles séparées; leur masse pouvait à ses yeux représenter la valeur
de trois volumes. Et il y a aussi à Carcassonne une copie en quatre gros
registres de son manuscrit, mais je la crois postérieure à Pons, et elle
est incomplète; il est possible cependant qu'elle ait été faite sous ses
yeux, par une de ses filles peut-être, et que ce soit d'elle que Pons
parle ici.]
[28: Il raconte avec attendrissement, dans son _Voyage en Italie_,
comment il retrouva à Sienne, en 1841, Mlle Enrichetta Vantini, devenue
Mme Patriachi et mère de famille. Il est étonnant qu'il n'ait jamais eu
occasion de parler de ce fils aîné du chambellan de l'Empereur, qui fut
enlevé enfant par les Barbaresques et qui devint par la suite le général
Yusuf.]
[29: Voir ci-dessous, deuxième partie, chapitre premier, sous-chapitre
III.]
[30: Une fois même, soixante-douze heures dans son cabinet, à la
préfecture de Lyon, pendant les Cent-Jours.]
[31: Sur les divers voyages de l'_Inconstant_, Pons avait eu des notes
de l'enseigne Sarri.]
[32: _Biographie des hommes du jour_, par Germain Sarrut et B.
Saint-Edme, Paris, Henri Krabbe, 1836; extrait avec le titre «Pons de
l'Hérault», Paris, imprimerie de Béthune et Plon, 1837; «troisième
édition, continuant jusqu'à ce jour la seconde édition de 1836»,
imprimerie d'Ad. Blondeau, 1848, in-4° de 106 p.]
[33: La famille de Pons de l'Hérault a aujourd'hui pour chef son
petit-neveu, M. Masson, employé de la Compagnie P.-L.-M., à Cette.
Citons, entre autres souvenirs conservés par lui, un médaillon en cire
envoyé à son frère aîné par Pons pendant qu'il combattait à l'armée
d'Italie. Ce curieux portrait n'a jamais été reproduit.]
[34: Voir ce qu'il en dit ci-dessous, page 221.]
[35: Il critique assez vivement celle-ci dans son _Mémoire aux
puissances alliées_.]
[36: Voici ce qu'il dit, dans un fragment inédit, de ses trois
devanciers:
«Il y a cependant un _Voyage à l'île d'Elbe_, par Arsenne Thiébaut,
publié à Paris en 1808, et ce voyage peut être bon à consulter.
Mais M. Arsenne Thiébaut a écrit vite, bien vite, et quoiqu'il
n'ait passé que trois jours dans l'île, il tranche sur tout, et son
langage n'est pas toujours vrai.
«Lambardi, de Porto-Ferrajo, publia, en 1791, un mémoire sur l'île
d'Elbe, et les Elbois ont considéré cet ouvrage comme une sornette.
Il y a eu quelques autres sornettes.
«Ninci, qui, comme Lambardi, est de Porto-Ferrajo, a écrit, en
1815, une _Histoire de l'île d'Elbe_, et il l'a dédiée «à Sa
Majesté sacrée l'empereur Napoléon le Grand». Ninci a peut-être été
plus hardi dans sa dédicace que savant dans son travail. Cette
histoire est d'ailleurs d'une diffusion telle qu'on a souvent peine
à comprendre ce que l'auteur a voulu dire. Ninci a autant puisé
dans la fable que dans la vérité, dans l'inconnu que dans le connu,
et ses opinions ne font pas toujours preuve d'un génie
transcendant. Lui-même en convient. Il me l'a dit avec une bonhomie
charmante. Toutefois, l'ensemble de son travail est un véritable
service rendu à l'île d'Elbe. Un jour l'empereur Napoléon me
demanda «si je croyais que Ninci était capable d'écrire une
histoire», et je dus lui répondre, ce qui était vrai, que je ne
savais même pas qu'il fût écrivain. J'appris à l'Empereur que Ninci
avait été moine. Alors, l'Empereur ajouta à la demande qu'il
m'avait adressée: «Moine! cela nous vaudra une chronique.»
J'ignorais complètement que Ninci fût auteur. Il peut se faire que
j'aie recours à lui, c'est-à-dire que j'aie besoin de son ouvrage,
et j'y puiserai sans scrupule, si j'y trouve des choses
essentielles qui aient échappé à mes recherches.»
]
[37: Publié dans la _Revue rétrospective_.]
[38: Inédite.]
[39: Il semble d'ailleurs, à son insistance même, qu'il n'a pas obtenu
satisfaction sur ce point. Peyrusse n'avait pas d'ailleurs, à proprement
parler, de journal. Pons demandait probablement les livres de
comptabilité du trésorier. Mais Peyrusse lui donna d'autres
renseignements.]
[40: Les uns et les autres n'ont été publiés que tout récemment dans la
_Revue hebdomadaire_ et dans la _Revue bleue_.]
[41: M. Marcellin Pellet l'a déjà dit. M. Capelletti a bien voulu s'en
assurer de nouveau pour moi.]
[42: Mon ami M. Casanova, archiviste à l'_Archivio di Stato_, de
Florence, y a cependant fait pour moi quelques recherches dont le
résultat, quant à ce contrôle, a été négatif. À Trieste, mon confrère et
ami M. Madelin s'est également assuré que les archives de la police ne
conservent aucune trace de Pons.]
[43: Cette, Archives municipales. Il ne reste que quelques volumes épars
et fragmentaires de ces registres. M. Mouret, archiviste à Cette, a bien
voulu m'en extraire de précieux renseignements.]
[44: Il y a des différences dans les noms propres. Pons appelle
Rohan-Mignac la même dame que Mariotti appelle Renard de Polignac; il
écrit Borri ou Bourri le nom que Mariotti écrit Baury, et Roule celui de
l'officier casseur et tapageur Ruhl. La liste des officiers de la garde
ne paraît pas exempte d'erreurs et de répétitions. Les noms des gens du
service intérieur sont aussi défigurés.]
[45: On ne trouvera ici qu'une allusion à ce fait, qui est raconté tout
au long dans l'_Ile d'Elbe pendant la Révolution et l'Empire_.]
[46: Quoique ami du colonel Vincent, Pons s'exprime sur lui avec la plus
âpre sévérité: «L'Empereur eut le malheur de trouver à Porto-Ferrajo un
homme que la nature avait fait l'ennemi des hommes, et dont chaque
parole était une sorte d'anathème contre l'espèce humaine. C'était le
colonel qui, depuis plusieurs années, commandait le génie militaire en
Toscane et que les événements de la guerre avait forcé de se réfugier
sur l'île où son commandement s'étendait. L'Empereur le connaissait
bien. Sa Majesté avait plusieurs fois refusé de lui donner de
l'avancement. D'ailleurs, la police ne lui avait pas laissé ignorer que
cet officier était son antagoniste décidé. Tout devait donc le lui
rendre suspect.
À propos du départ du colonel, il dit encore: «Le colonel du génie
partit également. Ses adieux furent marqués par une foule de traits
satiriques contre l'Empereur; il blâmait la trop grande dépense de Sa
Majesté; ensuite, il feignait de craindre la circulation d'une monnaie
de mauvais aloi.»]
[47: Il refusa toujours de porter le titre de comte de Rio que Napoléon
lui avait donné à Paris en 1815 avant de l'envoyer administrer ses chers
Lyonnais].
[48: Le dernier historien de Cambronne, M. Brunschwig, ne les a pas tous
connus].
[49: Pons en trace dans le fragment suivant un assez long tableau:
«L'organisation générale, civile et militaire était accomplie, et tous
les Impériaux Elbois devaient s'y soumettre. Mais l'Empereur se moquait
des règles qu'il avait établies, des hiérarchies qu'il avait fixées, et
il ne prêchait pas d'exemple. Tous les moyens de donner des ordres lui
étaient également bons. Il dictait à la première personne de ses
alentours qui lui tombait sous la main. N'importe que cette personne fût
ou ne fût pas au courant de ce dont il était question, qu'elle eût ou
qu'elle n'eût pas autorité sur ceux à qui elle écrivait. Néanmoins tout
allait. D'ailleurs, lorsque la chose en valait la peine, les ordres se
succédaient, les instructions les suivaient, et il n'y avait jamais
sujet de désobéir pour cause d'ignorance. Ce n'étaient que les
susceptibilités qui, parfois, se trouvaient blessées.»]
[50: Pons a fait deux fois le tableau des relations de Napoléon avec ces
princesses. On n'a pas à attendre de lui de confidences sur la vie
privée de Pauline Borghèse; il ne croyait pas, du reste, au mauvais état
de santé de la princesse.]
[51: Mais il fait ici une restriction notable: «Napoléon ne demandait
jamais deux fois la même chose, lorsque, après une première demande, on
s'était mis à même d'obéir sans pourtant pouvoir exécuter. Mais alors
qu'on lui répondait de suite que ce qu'il voulait n'était pas faisable,
il s'irritait comme si on l'avait accusé de manquer de raison ou de
jugement, et cette irritation s'exhalait quelquefois par un mot
d'impatience et de mécontentement.» _(Fragment inédit.)_]
[52: Pons fait retomber sur le colonel Vincent une partie de ces choix
malheureux: «Sa Majesté, dit-il, le prit pour son principal conseil; ce
qui le conduisit à quelques choix qui auraient pu être plus dignes...
Toutefois, ces quelques choix peu convenables n'appartenaient qu'aux
fonctions d'apparat, au servage plus ou moins brodé des affaires privées
du palais, et ce n'était que par l'intrigue qu'ils pouvaient influer sur
les actes du gouvernement. L'Empereur savait que l'étoffe de la
domesticité couvre mal un fonctionnaire public.»]
[53: Henri HOUSSAYE, _1815_, p. 144 et suivantes.]
[54: «L'idée d'avoir l'Impératrice avec lui à l'île d'Elbe n'était sans
doute pas pour l'Empereur une idée de stabilité indéfinie, et il serait
ridicule de le penser aveuglément. Mais cette idée de stabilité, sinon
indéfinie, du moins prolongée, dans les combinaisons de l'Empereur, aura
encore une plus grande probabilité, si l'Empereur traîne à sa suite une
quantité d'équipages somptueux qui ne pourraient être qu'un embarras
fastidieux et une dépense exagérée pour un établissement précaire.» Ces
lignes se trouvent dans un chapitre sur les écuries impériales à l'île
d'Elbe que j'ai jugé inutile de reproduire, Pons s'étant borné à y
transcrire les mémoires du sellier Vincent que j'ai publiés dans la
_Revue rétrospective_.]
[55: «Je m'empare de tout ce qui peut tendre à prouver moralement que
les méfaits de la Sainte-Alliance ont fait partir l'Empereur de l'île
d'Elbe bien plus tôt qu'il ne voulait en partir, si tant est qu'il
voulût d'abord en partir.» (_Même chapitre_.)]
[56: Rien ne confirme la fameuse invention des fromages évidés dans
l'intérieur desquels auraient circulé, de Marseille à Porto-Ferrajo, des
lettres de Masséna à Pons ou autres. Je n'ai trouvé la preuve de cette
imagination saugrenue nulle part, pas même dans l'enquête de police
dirigée contre Masséna en 1816 par Decazes et le commissaire Caire,
lesquels pourtant ont accueilli nombre d'inepties passionnées.]
[57: Il faut cependant observer qu'il dit le dimanche 6 février, et que
le 6 février de l'année 1815 n'était pas un dimanche, mais un lundi. Y
a-t-il erreur sur le jour ou sur le quantième? Cette date, dimanche 6
février, ne peut-elle pas être fausse tout entière? N'a-t-elle pas été
suggérée à Pons par la date vraie du _dimanche 26 février_? Et alors
comment conclure, et que croire?]
[58: Comme nous l'avons déjà dit, Sa Majesté avait déjà décidé que le
drapeau serait blanc, traversé diagonalement d'une bande rouge qui le
diviserait en deux triangles égaux, et que cette bande rouge serait
parsemée de trois abeilles en or. Napoléon hésita pour adopter les trois
abeilles jaunes: il les voulait bleues. Mais après avoir réfléchi, il
dit: «Avec les abeilles bleues, nous aurions le drapeau tricolore, ce
qui pourrait bien nous occasionner des désagréments.» Et les abeilles
jaunes l'emportèrent.]
[59: Plusieurs de ces embarcations étaient remplies de musiciens qui
jouaient des airs analogues à la circonstance. On remarquait aussi
quelques improvisateurs qui chantaient _Apollon exilé du ciel et réfugié
en Thessalie_.]
[60: Comme le prouve entre autres choses la lettre que je transcris ici.
J'avais dû faire deux rapports financiers à l'Empereur. J'avais prié M.
Peyrusse de les remettre. Il m'écrivit immédiatement:
«Mon cher Pons, vous avez toujours l'air en colère; votre premier
rapport est trop sec, et le second est d'un style acerbe. On a déjà
observé qu'il y avait trop de raideur dans votre caractère. Votre
diction s'en ressent. Voilà, mon ami, ma manière de voir, et je
vous la témoigne, parce que je voudrais que vous plussiez en tout
point, etc.»
]
[61: M. Vauthier, employé à Florence dans l'administration militaire,
sous les ordres de l'ordonnateur Mazade, se rendit à l'île d'Elbe en
quittant la Toscane, et l'Empereur le plaça auprès de l'ordonnateur
Boinod. Ce M. Vauthier fut ensuite nommé adjoint aux commissaires des
guerres.]
[62: Il y avait quelque chose tout à la fois d'admirable et
d'incompréhensible dans les discussions que l'Empereur soulevait; il
allait jusqu'aux entrailles des questions les plus opposées et
auxquelles on le croyait le plus étranger: il les tournait et les
retournait; il les prenait sous toutes les formes et de toutes les
façons; il ne les quittait que lorsque tous les raisonnements étaient
épuisés. L'Empereur souffrait très bien la controverse, il soutenait son
opinion, il cherchait à la faire prévaloir; mais il s'arrêtait dès qu'on
l'avait convaincu. Un léger mouvement des épaules était l'indice le plus
ordinaire de son mécontentement. Après ce mouvement on pouvait tout
dire. Le mécontentement de l'Empereur dans les discussions d'affaires,
quand on parlait de bonne foi, n'avait pas d'autre durée que celle d'un
instant.]
[63: Le jour du départ de l'île d'Elbe, M. Noisot était commissaire pour
le bal qui devait avoir lieu chez l'Empereur le jour même du départ. M.
Franconnin était aussi l'un des commissaires.]
[64: Le capitaine Mompez voulait quitter l'île et avait déjà pris congé
de ses camarades, par la raison que l'Empereur n'avait pas voulu
admettre au cercle de la Cour une dame avec laquelle cet officier
vivait. La réflexion fit que ledit officier changea de dispositions.]
[65: Ces paroles de l'Empereur lui étaient dictées par les prétentions
d'un grand nombre des officiers ou des personnages corses qui se
faisaient présenter à lui et qui, presque tous, croyaient ou
prétendaient avoir des affinités de famille avec Sa Majesté. Ce qui
faisait souvent dire à Napoléon: «Il n'en serait pas de même si je
n'étais qu'un simple et pauvre vétéran.»]