Je me suis distrait forcément aujourd'hui de la préoccupation d'hier.
Brumières m'est arrivé vers dix heures avec un appétit d'enfer. La
Mariuccia a trouvé moyen de le faire déjeuner, et nous avons loué deux
rosses efflanquées qui nous ont portés, tant bien que mal, à Albano.
Notre première station a été au couvent de Grotta-Ferrata, que je pris
d'abord pour une forteresse. C'est une communauté très-riche de l'ordre
de saint Basile. Nous nous y arrêtâmes pour voir les fresques de la
sacristie.
Ces fresques sont du Dominiquin et très-bien conservées. C'est là qu'est
la composition célèbre du _Jeune Possédé_, une très-belle chose comme
sentiment, quoique d'une exécution un peu trop naïve. En repassant dans
l'église, je vis une cérémonie bizarre. Une confrérie de paysans revêtus
de robes jadis blanches, à revers rouges, et la tête couverte de leurs
mouchoirs sales, étalés de manière à leur couvrir le visage, entourait
une sorte de lit noir et or, en psalmodiant des prières. Au bout d'un
instant, ils remirent précipitamment leurs mouchoirs dans leurs poches,
jetèrent çà et là leurs costumes, et s'enfuirent en causant et en riant,
comme pressés de se débarrasser d'une corvée dégoûtante.
Je m'approchai du lit, qui restait au milieu de l'église déserte, et j'y
vis un objet que j'eus besoin de toucher pour le comprendre. Brumières,
qui était resté dans la sacristie, approcha à son tour, et s'y méprit.
--Qu'est-ce que cela? dit-il. Je ne connaissais pas cela. C'est
magnifique! quelle vérité, quel caractère! Voyez! on a imité jusqu'à la
bouffissure des mains malades.
--Que croyez-vous donc que ce soit? lui demandai-je: une figure de cire
ou de bois peint?
Il eut alors quelque doute, et appuya son doigt sur la main enflée, qui
se creusa sous cette empreinte.
--Pouah! fit-il, c'est une morte pour de bon! Que ne le disait-elle?
C'était une petite vieille qui devait rester exposée sur le catafalque
funéraire jusqu'au moment de la sépulture. Elle paraissait au moins
centenaire, et pourtant elle était très-belle dans le calme de la mort:
sa peau avait le ton mat et uni de la cire vierge; ses traits, fortement
accentués, n'avaient pas S de sexe, car un duvet, blanc comme la neige,
ombrageait ses lèvres rigidement fermées. Vêtue d'une robe de linge
blanc nouée au cou et aux poignets par des rubans noirs, la tête
ombragée d'un voile de mousseline, qui lui donnait l'aspect d'une
religieuse, elle semblait dormir dans une attitude aisée, les mains
pendantes sur le bord du lit mortuaire. Elle paraissait si recueillie et
si satisfaite dans son éternel sommeil; son mouvement semblait si bien
dire, comme le _Sonno_ de Michel-Ange: _Ne m'éveillez pas!_ qu'elle
donnait envie d'être mort comme elle, sans convulsion, sans regret,
semblable au voyageur qui trouve enfin un bon lit après les fatigues
d'une longue route.
Comme je m'étonnais de l'abandon de ce cadavre si proprement arrangé et
apporté là en cérémonie, puis tout à coup laissé sans surveillance et
sans prières dans l'église ouverte à la curiosité des passants:
--C'est toujours comme cela, me dit Brumières. La mort, en Italie, n'a
rien de sérieux, les honneurs qu'on lui rend ont plutôt un air de fête;
les larmes des parents et des amis n'accompagnent le défunt que jusqu'à
la porte de la maison. Le reste est pour le coup d'oeil, et même
quelquefois pour la farce. J'ai vu autrefois, sur la grande route de
la Spezia, un pauvre diable que deux hommes portaient au cimetière. Le
prêtre marchait d'un air allègre, regardant les filles qui passaient et
leur souriant, tout en marmottant les prières d'usage. Derrière lui
et autour de lui, sautait et gambadait, sans qu'il en parût choqué ou
seulement étonné, un jeune gars, vêtu de la robe noire et masqué de la
hideuse cagoule, portant une grande croix de bois noir et remplissant
l'office de _frère de la mort_. Ce garçon faisait mille contorsions
burlesques, courait après les filles pour les effrayer, et les
embrassait bel et bien sous le nez du prêtre, qui paraissait trouver la
chose fort plaisante. Je demandai aux passants ce que cela signifiait.
Cela ne fait pas de mal aux morts, me fut-il philosophiquement répondu.
Et, comme je demandais si on en usait aussi cavalièrement avec tous, un
bourgeois me dit:
--Non, sans doute; mais celui-ci n'est pas du pays.»
Une autre fois, à Naples, continua Brumières, j'ai vu porter à l'église
le cadavre d'un gros vieux cardinal, en grande pompe et à visage
découvert, comme c'est l'usage. On lui avait mis une couronne de roses,
et, le croiriez-vous? du fard sur les joues, pour réjouir la vue des
assistants.
A Castel-Gandolfo, en longeant à pied les murs extérieurs d'un autre
couvent:
--Tenez, me dit Brumières en s'arrêtant devant une petite fenêtre
grillée, voici autre chose qui vous fera voir comme on joue ici avec la
mort.
Je m'approchai, et je vis dans l'intérieur d'une petite chapelle, une
hideuse bouffonnerie: un squelette tombant en poussière était agenouillé
dans une attitude suppliante, devant un autel fait d'ossements humains.
La croix, les flambeaux, un lustre en roue suspendu à la voûte, étaient
composés de tibias, de côtes, de mâchoires et de vertèbres artistement
agencés dans l'intention, à la fois lugubre et facétieuse, d'appeler
l'attention des passants. C'était un appel à la charité publique, et,
dans ce pays de misère, la dévotion trouvait le moyen d'y répondre, car
le pavé de la chapelle était littéralement jonché de gros sous.
C'était, en effet, quelque chose de bien caractéristique que ce
squelette agenouillé qui représentait, non la prière, mas la mendicité.
--Vous le voyez, me dit Brumières, ici, les morts mêmes tendent la main
aux passants.
Nous nous retournâmes pour voir, d'une terrasse ombragée de grands
arbres, le lac d'Albano. Pour un lac, c'est bien peu de chose, et, comme
les collines environnantes sont sans haute végétation et sans caractère,
il me fut impossible de partager l'admiration de mon compagnon. C'est un
garçon d'esprit et un artiste intelligent devant les choses d'art; mais,
tout littérateur qu'il est en même temps que peintre, car il écrit des
articles très-spirituels pour ce que l'on appelle, à Paris, la _petite
presse_, je crois qu'il n'aime pas la nature, ou, du moins, qu'il ne
porte, dans son amour pour elle, aucune délicatesse, aucun discernement.
Il l'accepte partout ici telle qu'elle est, comme un écolier ou comme
un moine cloîtré accepterait n'importe quelle femme, vieille ou jeune,
noire ou blanche. Pourvu qu'il y ait de l'air vif, du ciel bleu, des
lignes crues, et surtout des noms et des souvenirs, il croit que le plus
pauvre coin de la nature méridionale est préférable aux plus beaux sites
et aux plus beaux aspects de celle du Nord. Nous sommes en discussion
perpétuelle sur ce point. Il est, du reste, comme beaucoup de touristes
qui ne croient qu'aux choses lointaines ou célèbres. Les humbles beautés
de leurs champs paternels n'existent pas pour eux, et l'amour des pays
de tradition et de soleil est chez eux à l'état de fétichisme.
--Au fait, me répondait-il en riant, quelle description oserait-on faire
de Château-Chinon ou de toute autre bourgade de votre France centrale?
Qui dit Auvergne, Marche ou Limousin, dit quelque chose que tout le
monde est censé connaître.
--Et que personne ne connaît!
--J'en conviens; mais, vous-même, vous voilà ici cherchant un beau ciel
et de beaux sites?
--Oui, je les cherche, et je trouve un ciel gris et des sites très
au-dessous de leur réputation. Maintenant que je me rappelle certains
aspects des environs de Marseille, où vous n'avez pas voulu me suivre,
je me demande si ce que j'ai vu de la Provence n'est pas infiniment plus
beau que ce que je vois de l'Italie. Ce qu'il y a de certain, c'est que
je n'ai pas encore rencontré ici une aussi belle journée que celle que
j'ai passée sur les hauteurs de Saint-Joseph, et cependant c'était jour
de mistral. Tout à l'heure, dans la gorge boisée de Marino, ajoutai-je,
je vous disais que j'avais été élevé dans des ravins cent fois plus
pittoresques, et que cette gorge rocailleuse, avec son ruisseau maigre
et son village perché sur la colline, me paraissaient jolis, mais tout
petits.
--Mais la tristesse de ce site, mais son caractère à nul autre
semblable?
--Il n'est pas un coin de l'univers, si vulgaire qu'il paraisse,
qui n'ait son caractère unique au monde, pour qui est disposé à le
comprendre ou à le sentir. Mais avouez que l'imagination est souvent
pour beaucoup dans nos impressions, et que, si l'on ne vous disait
pas que Marino est un ancien repaire de brigands, sur cette route
de Terracine féconde en sujets de mélodrames; enfin, que, si vous
rencontriez ce village et ce site sur un chemin de fer, à vingt-cinq
lieues de Paris, vous n'y feriez pas la moindre attention?
--J'en conviens de tout mon coeur. Il n'a pour moi des airs de drame et
de roman que parce qu'il est sur la terre du roman et du drame. Donc, je
suis un voyageur naïf, tandis que vous, avec votre prétention de voir
les choses par elles-mêmes, et de ne les juger que par ce qu'elles sont,
vous vous ôtez tout le plaisir qu'elles vous donneraient, si vous les
acceptiez pour ce qu'elles paraissent ou pour ce qu'elles rappellent.
Tout en cheminant, à grand renfort d'éperons, pour soutenir le trot de
nos montures, je me demandais si Brumières avait raison, et si, avec sa
nature parisienne irréfléchie, à la fois moutonnière et fantaisiste, il
n'était pas plus aisément satisfait, par conséquent plus heureux que
moi. Après y avoir réfléchi et fait un notable effort pour suivre vos
conseils, c'est-à-dire pour me rendre compte de moi-même, je fus en
mesure de lui répondre.
Nous étions arrivés à l'Aricia, l'antique Aricia des Latins, aujourd'hui
une toute petite bourgade gracieusement située. Nos chevaux se
reposaient, et, appuyés sur le parapet d'un magnifique pont à trois
rangées d'arches superposées, ouvrage moderne digne des anciens Romains,
nous reprîmes la conversation. Ce site-là était vraiment bien joli. Le
pont monumental remplit un profond ravin pour mettre de plain-pied la
route d'Aricia à Albano. Il passe donc par-dessus tout un paysage vu en
profondeur, et ce paysage est rempli par une forêt vierge jetée dans un
abîme. Une forêt vierge fermée de murs, c'est là une de ces fantaisies
que des princes peuvent seuls se passer. Il y a cinquante ans que la
main de l'homme n'a abattu une branche et que son pied n'a tracé un
sentier dans la forêt Chigi. Pourquoi? _Chi lo sa?_ vous disent les
indigènes.
Cela m'a rappelé ce que vous me racontiez d'un palais aux portes et aux
fenêtres murées depuis vingt ans, sur le boulevard de Palma, à l'île
Majorque, par suite d'une volonté testamentaire dont nul ne savait la
cause. Il y a, dans ces contrées de vieille aristocratie omnipotente,
des mystères qui défrayeraient nos romanciers, et qui excitent en vain
nos imaginations inquiètes. Les murs se taisent, et les gens du pays
s'étonnent moins que nous, habitués qu'ils sont à ne pas savoir la cause
de faits bien plus graves dans leur existence sociale.
Au reste, ce caprice-là, qui serait bien concevable de la part d'un
propriétaire artiste, est une agréable surprise pour l'artiste qui
passe. Sur les flancs du ravin s'échelonnent les têtes vénérables des
vieux chênes soutenant dans leur robuste branchage les squelettes
penchés de leurs voisins morts, qui tombent en poussière sous une mousse
desséchée d'un blanc livide. Le lierre court sur ces mines végétales,
et, sous l'impénétrable abri de ces réseaux de verdure vigoureuse et de
pâles ossements, un pêle-mêle de ronces, d'herbes et de rochers va se
baigner dans un ruisseau sans rivages praticables. Si l'on n'était sur
une grande route, avec une ville derrière soi, on se croirait dans une
forêt du nouveau monde.
En fait d'arbres, je n'ai jamais rien vu d'aussi monstrueux que les
chênes verts des _galeries_ d'Albano. On appelle ainsi les chemins qui
entourent cette localité célèbre en suivant une corniche faite de main
d'homme, au-dessus de la plaine immense qui dentelle la Méditerranée. Ce
pays du Latium est largement ouvert, fertile, plantureux et pittoresque.
Je vous dirai, par le menu, ce qui manque à cette riche nature; mais je
n'oublie pas que je suis sur le pont gigantesque d'Aricia, planant sur
la forêt Chigi, et causant avec Brumières.
--J'étends votre raisonnement et le mien à toutes choses, lui disais-je,
et cela n'en prouve qu'une seule, c'est que chaque organisation suit sa
logique personnelle et croit tenir la vraie notion, la vraie jouissance
des biens terrestres. Je vous avoue donc humblement que je me crois
infiniment mieux partagé que vous. Je n'ai pas cette bienveillance sans
bornes et sans conteste que vous accordez à tout ce qui est réputé
précieux. Je suis privé, en effet, de cette expansion continuelle d'une
âme continuellement satisfaite; mais j'ai en moi des trésors de volupté
pour les joies qui s'adaptent bien à mon coeur et à mon intelligence.
J'ai l'esprit un peu critique peut-être, ou un peu rebelle à
l'admiration de commande; mais, quand je rencontre ce que je peux
considérer comme mien, par la parfaite concordance de l'objet avec mon
sentiment intérieur, je suis si heureux dans mon silence, que je ne peux
m'en arracher. J'ai toujours pensé que, le jour où je rencontrerai le
coin de terre dont je me sentirai véritablement épris, je n'en sortirai
jamais, cela fût-il aux antipodes ou à Nanterre, cela s'appelât-il
Carthage ou Pézénas; de même que...
J'achevai ma phrase en moi-même, comme vous m'avez souvent reproché de
le faire; mais Brumières, perspicace en ce moment, l'acheva tout haut.
--De même, dit-il, que, le jour où vous rencontrerez la femme dont vous
vous sentirez complètement amoureux, qu'elle soit reine de Golconde ou
laveuse de vaisselle, vous serez à elle éternellement... mais non pas
exclusivement, j'espère?
--Exclusivement, je vous le jure; ne voyez-vous pas; par mes
continuelles restrictions, que je porte en moi, dans le sentiment de la
nature et de la vie, un idéal qui n'a pas encore été satisfait et que je
ne serai pas assez sot pour laisser échapper s'il se présente?
--Diantre! s'écria mon compagnon, je suis heureux que ma _princesse_
(c'est ainsi qu'il persiste à appeler Medora) ne vous entende pas parler
de la sorte. Je serais enfoncé à cent pieds au-dessous du niveau de la
mer! D'autant plus que depuis cette course, sans moi, à Tivoli, c'est
étonnant comme mes actions ont baissé!
--Allons donc!
--Je ne plaisante pas. Soit que vous ayez été délicieux durant
cette promenade, soit que votre maladie vous ait rendu ensuite
très-intéressant, ou enfin que votre exploit sur la _via Aurelia_ ait
laissé un souvenir ineffaçable, je trouve, surtout depuis votre départ,
que vous faites des progrès effrayants, tandis que j'en fais à reculons
dans le coeur de cette belle. Jean Valreg, ajouta-t-il moitié riant,
moitié menaçant, si je pensais que vous vous moquez de moi, et que vous
agissez pour votre propre compte....
--Si vous me demandez cela avec des yeux flamboyants et le ton terrible,
je vas vous envoyer promener, mon cher ami! mais, si vous faites
sérieusement un dernier appel à ma loyauté, avec la volonté de prendre
ma parole pour une chose sérieuse... dites, est-ce ainsi que vous
m'interrogez?
---Oui, sur votre honneur et sur le mien!
--Eh bien, sur mon honneur et sur le vôtre, je vous renouvelle mon
serment de ne jamais songer à miss Medora.
--Vous êtes donc bien sûr de pouvoir le tenir? Voyons, cher ami, ne vous
fâchez pas; je suis l'homme du doute, puisque je doute de moi-même;
puisque, moi, je n'oserais pas vous faire, en pareille circonstance, le
serment que vous me faites si résolument.
--Alors, gardez vos soupçons. Que voulez-vous que j'y fasse?
--Non! non! j'accepte votre parole! Je la tiens pour sacrée quant à
présent; mais songez que, d'un jour à l'autre, vous pouvez regretter de
me l'avoir donnée!
--Pourquoi, et comment cela?
--Eh! mon Dieu! on ne sait ce qui peut se passer dans la cervelle d'une
jeune fille aussi exaltée que Medora le paraît dans de certains moments.
Si elle concevait pour vous... une fantaisie, je suppose; si elle vous
avouait un préférence....
--En sommes-nous là! lui dis-je pour couper court à des suppositions qui
m'embarrassaient un peu: venez-vous, rival débonnaire, me signaler les
dangers, c'est-à-dire les avantages de ma situation?
Brumières sentit la crainte du ridicule et s'empressa de me rassurer;
mais, au retour, tout le long du chemin, il ne put se défendre de
revenir sur ce sujet, et j'eus bien de la peine à me préserver des
questions directes; questions auxquelles je n'aurais pas hésité à
répondre par autant de mensonges effrontés. Cette éventualité me prouve
bien que la vérité absolue n'est pas possible quand il s'agit de femmes.
Je vins à bout de calmer Brumières par une vérité, qui est la
déclaration obstinée de mon absence de penchant pour Medora. Mais, quand
cela fut bien posé, sa satisfaction se changea en un certain dépit
contre l'insulte que ce dédain faisait à son idole, et il épuisa toutes
les formules de l'admiration pour me prouver que j'étais aveugle et que
je me connaissais en femmes comme un _croque-mort en baptêmes_.
Cette conversation m'ennuya considérablement, car elle m'empêcha de
donner aux objets extérieurs l'attention que j'aime à leur donner quand
je me mets en route dans ce but. Décidément, il vaut mieux être seul que
dans un tête-à-tête où le coeur n'a rien à voir. Je n'avais pas mis dans
les prévisions de ma journée, en m'éveillant, que je passerais cette
journée de loisir à parler de miss Hedora. Pouah, la discussion! pouah,
l'esprit! pouah, les préoccupations d'avenir et de fortune! Je ne suis
bon à rien de tout cela, et il me tardait de me retrouver seul; je me
disais involontairement tout bas:
--J'ai assez vu Brumières aujourd'hui.