Nous croyons l'avoir déjà dit dans un des précédents chapitres, dans le
premier peut-être, le chevalier San-Felice était un savant.
Mais, quoique les savants, comme les voyageurs de Sterne, puissent se
diviser et même se subdiviser en une foule de catégories, on doit les
diviser cependant en deux grandes espèces:
Les savants ennuyeux.
Les savants amusants.
La première espèce est la plus nombreuse et passe pour être la plus
savante.
Nous avons connu, dans le cours de notre vie, quelques savants amusants;
ils étaient en général reniés par leurs confrères, comme gâtant le
métier en mêlant à la science l'esprit ou l'imagination.
Quelque tort que cela puisse lui faire dans l'esprit de nos lecteurs,
nous sommes forcé d'avouer que le chevalier San-Felice appartenait à la
seconde espèce, c'est-à-dire à l'espèce des savants amusants.
Nous l'avons dit encore, mais il y a assez longtemps pour qu'on
l'ait oublié, le chevalier San-Felice était un homme de cinquante à
cinquante-cinq ans, d'une mise simple, mais élégante dans sa simplicité,
et qui n'ayant, dans des études qui durèrent toute sa vie, adopté aucune
spécialité, était plutôt un sachant qu'un savant.
Appartenant lui-même à l'aristocratie, ayant toujours vécu soit à la
cour, soit avec les seigneurs, ayant beaucoup voyagé dans sa jeunesse,
surtout en France, il avait les manières charmantes et l'aimable
désinvolture des Buffon, des Hélvétius et des d'Holbach, dont il
partageait, avec les principes sociaux, l'insouciance, nous dirons
presque l'irréligion philosophique.
Et, en effet, ayant, comme Galilée et Swammerdam, étudié les infiniment
grands et les infiniment petits, étant descendu des mondes roulants
dans l'éther aux infusoires nageant dans la goutte d'eau, ayant vu
que l'astre et l'atome tenaient la même place dans l'esprit de Dieu et
avaient la même part à l'amour immense que le Créateur répand sur toutes
ses créatures, son âme, étincelle échappée au foyer divin, s'était
prise à tout aimer dans la nature. Les humbles de la création avaient
seulement droit chez lui à une curiosité plus tendre que les superbes,
et nous oserions presque affirmer que la transformation de la larve en
nymphe et de la nymphe en scarabée, examinée le jour au microscope,
lui paraissait aussi intéressante au moins que la lente locomotion du
colosse Saturne, neuf cent fois plus gros que la Terre, et mettant près
de trente ans à tourner autour du Soleil avec l'attirail monstrueux de
ses sept lunes et l'ornement encore incompris de son anneau.
Ces études l'avaient un peu soulevé hors de la vie réelle, pour le
jeter dans la vie contemplative; ainsi, quand, de la fenêtre de sa
maison,--maison qui avait été celle de son père et de son aïeul,--par
une de ces chaudes nuits caniculaires de Naples, il voyait, sous la rame
du pêcheur ou sous le sillon de sa barque, s'allumer ce feu bleuâtre
qu'on croirait un reflet de l'étoile de Vénus, et que, pendant une
heure, quelquefois une nuit, immobile à l'appui de cette fenêtre, il
regardait le golfe étinceler de lumières et, si le vent du sud agitait
les vagues, nouer les unes aux autres des guirlandes de feu qui allaient
se perdre à ses yeux derrière Capri, mais qui se prolongeaient à coup
sûr jusqu'aux rivages d'Afrique, on disait: «Que fait là ce rêveur de
San-Felice?» Ce rêveur de San-Felice passait tout simplement du monde
matériel au monde invisible, de la vie bruyante à la vie silencieuse. Il
se disait que cet immense serpent de flamme dont les replis enveloppent
le globe, n'était rien autre chose qu'une réunion d'animalcules
imperceptibles, et son imagination reculait, effrayée, devant cette
épouvantable richesse de la nature qui met au-dessous de notre monde,
sur notre monde, autour de notre monde, des mondes dont nous ne nous
doutons pas, et par lesquels l'infini supérieur, qui s'échappe à nos
yeux dans des torrents de lumière, s'enchaîne sans se rompre à l'infini
inférieur, qui, plongeant au plus profond des abîmes, se perd dans la
nuit.
Ce rêveur de San-Felice, au delà du double infini, voyait Dieu, non pas
comme le vit Ezéchiel, passant au milieu des tempêtes; non pas comme
le vit Moïse, dans le buisson ardent, mais resplendissant dans la
majestueuse sérénité de l'amour éternel, gigantesque échelle de Jacob
que monte et descend la création tout entière.
Peut-être, maintenant, pourrait-on croire que cette tendresse infinie
répandue en portions égales sur toute la nature était une partie de leur
force à ces autres sentiments qui ont fait dire au poëte latin: _Je
suis homme, et rien de ce qui appartient à l'humanité ne m'est
étranger_?--Non, c'est chez le chevalier San-Felice que l'on eût pu
faire surtout cette distinction entre l'âme et le coeur qui permet
au vice-roi de la création d'être tantôt calme et serein comme Dieu,
lorsqu'il contemple avec son âme, tantôt joyeux ou désespéré comme
l'homme, quand il éprouve avec son coeur.
Mais, de tous les sentiments qui élèvent l'habitant de notre planète
au-dessus des animaux qui vivent autour de lui, l'amitié était celui
auquel le chevalier avait voué le culte le plus sincère et le plus
dévoué, et nous nous appesantissons sur celui-là, parce que celui-là eut
une plus profonde et plus particulière influence sur sa vie.
Le chevalier San-Felice, élevé au collège des Nobles, fondé par Charles
III, y avait eu pour condisciple un des hommes dont les aventures,
l'élégance et la haute fortune firent le plus de bruit dans le monde
napolitain, vers la fin du dernier siècle; cet homme était le prince
Joseph Caramanico.
Si le prince n'eût été lui-même que prince, il est probable que le jeune
San-Felice n'eût éprouvé pour lui que ce sentiment de respect banal
ou de jalousie envieuse que les enfants éprouvent pour ceux de leurs
compagnons qui pèsent sur l'indulgence des maîtres par la supériorité de
leur rang; mais, à part son titre de prince, Joseph Caramanico était un
charmant enfant plein de coeur et d'abandon, comme il fut plus tard un
charmant homme plein d'honneur, et de loyauté.
Il arriva cependant, entre le prince Caramanico et le chevalier
San-Felice, ce qui arrive inévitablement dans toutes les amitiés: il y
eut un Oreste et un Pylade; le chevalier San-Felice eut le rôle le moins
brillant aux yeux du monde, mais peut-être le plus méritoire aux yeux du
seigneur: il fut Pylade.
On devina quelle facile supériorité le futur savant, avec son
intelligence distinguée et ses dispositions studieuses, dut prendre sur
ses rivaux de collège, et, combien, au contraire, avec son insouciance
de grand seigneur, le futur ministre à Naples, le futur ambassadeur à
Londres, le futur vice-roi à Palerme devait être un mauvais écolier.
Eh bien, grâce au laborieux Pylade qui travaillait pour deux, le
paresseux Oreste se maintint toujours au premier rang; il eut autant de
prix, autant de couronnes, autant de récompenses que San-Felice, et
plus de mérite aux yeux de ses professeurs, qui ne savaient pas ou ne
voulaient pas savoir le secret de sa supériorité; car cette supériorité,
il la maintenait comme celle de sa position sociale, sans avoir l'air de
se donner le moindre mal pour cela.
Mais Oreste le savait, lui, ce secret de dévouement, et rendons-lui
cette justice de dire qu'il l'apprécia comme il devait être apprécié,
ainsi que le prouvera la suite de notre récit, en le mettant à
l'épreuve.
Les jeunes gens sortirent du collège, et chacun suivit la carrière vers
laquelle l'entraînait ou sa vocation ou son rang. Caramanico prit celle
des armes; San-Felice, celle de la science.
Caramanico entra comme capitaine dans un régiment de Lipariotes, nommé
ainsi des îles Lipari, d'où presque tous les soldats qui le composaient
étaient tirés. Ce régiment, formé par le roi, était commandé par le roi;
le roi portait le titre de colonel de ce régiment, et y être admis comme
officier était la plus haute faveur à laquelle pût aspirer un noble
Napolitain.
San-Felice, au contraire, voyagea, visita la France, l'Allemagne,
l'Angleterre, resta cinq ans hors de l'Italie, et, lorsqu'il revint
à Naples, trouva le prince Caramanico premier ministre et amant de la
reine Caroline.
Le premier soin de Caramanico, en arrivant au pouvoir, avait été
d'assurer une position indépendante à son cher San-Felice; en son
absence, il l'avait fait, avec exemption de voeux, nommer chevalier
de Malte, faveur, au reste, à laquelle avaient droit tous ceux qui
pouvaient faire leurs preuves, et lui avait fait donner une abbaye
rapportant deux mille ducats. Cette rente, avec celle de mille
ducats qu'il tenait de sa fortune patrimoniale, faisait du chevalier
San-Felice, dont les goûts étaient ceux d'un savant, c'est-à-dire fort
simples, un homme comparativement aussi riche que l'homme le plus riche
de Naples.
Les deux jeunes gens avaient marché dans la vie et étaient devenus des
hommes; ils s'aimaient toujours; mais, occupés, l'un de science, l'autre
de politique, ils ne se voyaient plus que rarement.
Vers 1783, quelques bruits qui couraient sur la disgrâce prochaine du
prince de Caramanico, commençaient à préoccuper la ville et à inquiéter
San-Felice: on disait que Caramanico, surchargé de besogne, comme
premier ministre, et voulant créer une marine respectable à Naples,
qu'il regardait, tout au contraire du roi, comme une puissance maritime,
plutôt que comme une puissance continentale, s'était adressé au
grand-duc de Toscane Léopold, afin qu'il voulût bien lui céder, pour le
mettre à la tête de la marine napolitaine, avec le titre d'amiral, un
homme qui venait de faire répéter son nom avec éloge dans une expédition
contre les Barbaresques.
Cet homme, c'était le chevalier Jean Acton, d'origine irlandaise, né en
France.
Mais à peine Acton s'était-il trouvé, par la protection de Caramanico,
installé à la cour de Naples, dans une position à laquelle ses rêves les
plus ambitieux n'auraient jamais cru pouvoir atteindre, qu'il combina
tous ses efforts pour remplacer son protecteur, et dans l'affection de
la reine et dans son poste de premier ministre, qu'il devait encore plus
peut-être à cette affection qu'à son rang et à son mérite.
Un soir, San-Felice vit entrer chez lui, comme un simple particulier et
sans avoir permis qu'on l'annonçât, le prince de Caramanico.
San-Felice, par une douce soirée du mois de mai, était occupé, dans ce
beau jardin dont nous avons essayé de faire la description, à donner la
chasse à des lucioles, sur lesquelles il voulait étudier, au retour du
matin, la dégradation de la lumière.
Il poussa un cri de joie en voyant le prince, se jeta dans ses bras et
le pressa contre son coeur.
Celui-ci répondit à ses embrassements avec son affection accoutumée, à
laquelle une préoccupation triste semblait donner encore une plus vive
expression.
San-Felice voulut l'entraîner vers le perron; mais Caramanico, enfermé
dans son cabinet depuis le matin jusqu'au soir, ne voulait point perdre
cette occasion de respirer l'air parfumé par la forêt d'orangers, dont
le feuillage métallique frissonnait au-dessus de sa tête; une douce
brise venait de la mer, le ciel était pur, la lune brillait au ciel et
se reflétait dans le golfe. Caramanico montra à son ami un banc adossé
au tronc d'un palmier; tous deux s'assirent sur ce banc.
Caramanico resta un instant sans parler, comme s'il eût hésité à
troubler le silence de toute cette nature muette; puis enfin, avec un
soupir:
--Mon ami, dit-il, je viens te dire adieu, peut-être pour toujours.
San-Felice tressaillit et le regarda en face; il croyait avoir mal
entendu.
Le prince secoua mélancoliquement sa belle tête pâle, et, avec une
profonde expression de découragement:
--Je suis las de lutter, reprit-il. Je reconnais que j'ai affaire à plus
fort que moi; j'y laisserais mon honneur peut-être, ma vie à coup sûr.
--Mais la reine Caroline? demanda San-Felice.
--La reine Caroline est femme, mon ami, répondit Caramanico, par
conséquent faible et mobile. Elle voit aujourd'hui par les yeux de cet
intrigant irlandais qui, j'en ai bien peur, poussera l'État à sa ruine.
Que le trône tombe! mais sans moi. Je ne veux pas contribuer à sa chute,
je pars.
--Où vas-tu? demanda San-Felice.
--J'ai accepté l'ambassade de Londres; c'est un honorable exil. J'emmène
ma femme et mes enfants, que je ne veux pas laisser exposés aux dangers
de l'isolement; mais il y a une personne que je suis obligé de laisser à
Naples; j'ai compté sur toi pour me remplacer près d'elle.
--Près d'elle? répéta le savant avec une espèce d'inquiétude.
--Sois tranquille, dit le prince essayant de sourire; ce n'est point une
femme, c'est une enfant.
San-Felice respira.
--Oui, continua le prince, au milieu de mes tristesses, une jeune femme
me consolait. Ange du ciel, elle est remontée au ciel, en me laissant
un vivant souvenir d'elle, une petite fille qui vient d'atteindre sa
cinquième année.
--J'écoute, dit San-Felice, j'écoute.
--Je ne puis ni la reconnaître, ni lui faire une position sociale,
puisqu'elle est née pendant mon mariage; d'ailleurs, la reine ignore et
doit ignorer l'existence de cette enfant.
--Où est-elle?
--A Portici. De temps en temps, je me la fais apporter; de temps en
temps même, je vais la voir; j'aime beaucoup cette innocente créature,
qui, j'en ai bien peur, est née dans un jour néfaste! et, m'en
croiras-tu, San-Felice, il m'en coûte moins, je te le jure, de quitter
mon ministère, Naples, mon pays, que de quitter cette enfant; car
celle-là, c'est bien l'enfant de mon amour.
--Moi aussi, dit le chevalier avec sa douce simplicité, moi aussi,
Caramanico, je l'aime.
--Tant mieux! reprit le prince; car j'ai compté sur toi pour me
remplacer près d'elle. Je veux, tu comprendras cela, je veux qu'elle
ait une fortune indépendante. Voici, en ton nom, une police de cinquante
mille ducats. Cette somme, placée par tes soins, se doublera en quatorze
ou quinze ans par l'accumulation seule des intérêts; tu prendras, sur
ta fortune à toi, ce qui sera nécessaire à son entretien et à
son éducation, et, lors de sa majorité ou de son mariage, tu te
rembourseras.
--Caramanico!
--Pardon, mon ami, dit en souriant le prince, je te demande un service;
c'est à moi de faire mes conditions.
San-Felice baissa la tête.
--M'aimerais-tu moins que je ne croyais? murmura-t-il.
--Non, mon ami, reprit Caramanico. Tu es non-seulement l'homme que
j'aime le mieux, mais celui que j'estime le plus au monde, et la preuve,
c'est que je te laisse la seule partie de mon coeur qui soit restée pure
et n'ait point été brisée.
--Mon ami, dit le savant avec une certaine hésitation, je voudrais te
demander une faveur, et, si ma demande ne te contrariait pas, je serais
heureux que tu me l'accordasses.
--Laquelle?
--Je vis seul, sans famille, presque sans amis; je ne m'ennuie jamais,
parce qu'il est impossible que l'homme s'ennuie avec le grand livre de
la nature ouvert devant les yeux; j'aime toute chose en général: j'aime
l'herbe qui, le matin, se courbe sous le poids des gouttes de rosée,
comme sous un fardeau trop lourd pour elle; j'aime ces lucioles que
je cherchais quand tu es arrivé; j'aime le scarabée à l'aile d'or dans
laquelle se mire le soleil, mes abeilles qui me bâtissent une ville, mes
fourmis qui me fondent une république; mais je n'aime pas une chose plus
que l'autre, et je ne suis aimé tendrement par rien. S'il m'était permis
de prendre ta fille avec moi, je l'aimerais plus que toute chose, je
le sens, et peut-être, elle aussi, comprenant que je l'aime beaucoup,
m'aimerait-elle un peu. L'air du Pausilippe est excellent; la vue que
j'ai de mes fenêtres est splendide; elle aurait un grand jardin pour
courir après les papillons, des fleurs à la portée de sa main, des
oranges à la hauteur de ses lèvres; elle grandirait flexible comme ce
palmier, dont elle aurait à la fois la grâce et la vigueur. Dis, veux-tu
que ton enfant demeure avec moi, mon ami?
Caramanico le regardait les larmes aux yeux et l'approuvait d'un doux
mouvement de tête.
--Et puis, continua San-Felice croyant que son ami n'était pas
suffisamment convaincu, et puis un savant, ça n'a rien à faire; eh bien,
je ferai son éducation, je lui apprendrai à lire et à écrire l'anglais
et le français. Je sais beaucoup de choses, va, et je suis beaucoup plus
instruit qu'on ne le croit; cela m'amuse de faire de la science, mais
cela m'ennuie d'en parler. Tous ces rats de bibliothèque napolitains,
tous ces académiciens d'Herculanum, tous ces fouilleurs de Pompéi, ils
ne me comprennent pas et ils disent que je suis ignorant parce que je ne
me sers pas de grands mots et que je parle simplement des choses de
la nature et de Dieu; mais ce n'est pas vrai, Caramanico; j'en sais
au moins autant qu'eux et peut-être même plus qu'eux, je t'en donne ma
parole d'honneur... Tu ne me réponds pas, mon ami?
--Non, je t'écoute, San-Felice, je t'écoute et je t'admire. Tu es la
créature par excellence. Dieu t'a élu. Oui, tu prendras ma fille; oui,
tu prendras mon enfant; oui, mon enfant t'aimera; seulement, tu lui
parleras de moi tous les jours, et tu tâcheras qu'après toi, ce soit moi
qu'elle aime le plus au monde.
--Oh! que tu es bon! s'écria le chevalier en essuyant ses larmes.
Maintenant, tu m'as dit quelle était à Portici, n'est-ce pas? Comment
reconnaîtrai-je la maison? Comment s'appelle-t-elle? Tu lui as donné un
joli nom, j'espère?
--Ami, dit le prince, voici son nom et l'adresse de la femme qui prend
soin d'elle, et, en même temps, l'ordre à cette femme de te regarder,
moi absent, comme son véritable père... Adieu, San-Felice, dit le prince
en se levant; sois fier, mon ami: tu viens de me donner le seul bonheur,
la seule joie, la seule consolation qu'il me soit permis d'espérer
encore.
Les deux amis s'embrassèrent comme des enfants, en pleurant comme des
femmes.
Le lendemain, le prince Caramanico partait pour Londres, et la petite
Luisa Molina s'installait avec sa gouvernante dans la maison du Palmier.