BONAPARTE.

[Footnote 19: Nous la rapportons parce qu'elle est également honorable

pour Bonaparte et pour le général Moreau, le plus dangereux rival que le

premier consul eût alors dans l'opinion publique.]

Paris, le 27 frimaire an 9 (18 décembre 1800).

_Message au sénat conservateur._

Sénateurs,

Le premier consul, conformément à l'art. 16 de la constitution, vous

présente pour candidats aux deux places auxquelles le sénat doit nommer

en exécution de l'art. 15 de la constitution;

Le citoyen Dedelay d'Agier, qui a réuni les suffrages du tribunal et du

corps-législatif;

Le citoyen Rampon, général de division actuellement en Egypte. Ce soldat

a rendu des services dans les circonstances les plus essentielles de

la guerre. Il est digne, d'ailleurs, du peuple français, de donner une

marque de souvenir et d'intérêt à cette brave armée qui, attaquée à la

fois du côté de la mer Rouge et de la Méditerranée par les milices de

l'Arabie et de l'Asie entière, a été sur le point de succomber par les

intrigues et la perfidie sans exemple du ministère anglais; mais elle

se ressouvint de ce qu'exigeait la gloire, et confondit aux champs

d'Héliopolis, et l'Arabie, et l'Asie et l'Angleterre. Séparés depuis

trois ans de la patrie, que les soldats de cette armée sachent qu'ils

sont tous présens à notre mémoire.

_Le premier consul_, BONAPARTE.

Paris, 4 nivose an 9 (25 décembre 1800).

_Réponse du premier consul à une députation du département de la Seine._

J'ai été touché des preuves d'affection que le peuple m'a données dans

cette circonstance[20]. Je les mérite, parce que l'unique but de mes

désirs et de mes actions est d'accroître sa prospérité et sa gloire.

Tant que cette poignée de brigands m'a attaqué directement, j'ai dû

laisser aux lois et aux tribunaux ordinaires leur punition; mais

puisqu'ils viennent par un crime sans exemple dans l'histoire, de mettre

en danger une partie de la population de la cité, la punition sera aussi

prompte qu'exemplaire. Assurez, en mon nom, le peuple de Paris que cette

centaine de misérables qui ont calomnié la liberté par les crimes qu'ils

ont commis en son nom, seront désormais mis dans l'impuissance absolue

de faire aucun mal. Que les citoyens n'aient aucune inquiétude; je

n'oublierai pas que mon premier devoir est de veiller à la défense du

peuple, contre ses ennemis intérieurs et extérieurs.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 248 / 342 题