[Footnote 8: C'était l'annonce d'une victoire remportée par le général
de brigade Merle sur les chouans du département de l'Orne, organisé en
_légion royale du Perche.]
Paris, le 28 nivose an 8 (18 janvier 1800).
_Au citoyen Lévêque, commissaire du gouvernement près l'administration
centrale du Calvados._
Les consuls de la république, citoyen, ne peuvent qu'approuver
l'intention que vous manifestez de rester au poste où vous vous trouvez
dans des circonstances difficiles. Ils apprécient les sentimens qui
vous déterminent et comptent que vous déploierez tout votre zèle pour
maintenir dans le département du Calvados la tranquillité qui y règne
encore.
Ils ne doutent pas que si elle venait à être troublée, les rebelles
n'éprouvassent, par l'effet de vos soins, la même résistance qui vient,
dans le département de l'Orne, d'être couronnée d'un succès complet.
Le général Gardanne, qui commande la division, brûle de détruire les
rebelles; secondez-le de tous vos moyens.
_Le premier consul,_ BONAPARTE.
Paris, le 9 pluviose an 8 (29 janvier 18oo).
_Au général Lefebvre._
Le général Brune, citoyen général, a fait filer sur Vannes, toutes les
troupes qui se trouvaient dans les départemens de la Sarthe, de la
Mayenne et de l'Orne; j'imagine qu'il aura également appelé à lui le
général Gardanne.
Ainsi les vingt-deuxième et quatorzième divisions militaires se trouvent
presque dégarnies de troupes.
Mon intention est que le général Chambarlhac, quels que soient les
ordres qu'il pourrait recevoir du général Brune, reste constamment
dans le département de l'Orne, en vous faisant cependant part, par un
courrier extraordinaire, de tous les ordres qu'il recevrait.
Si en conséquence des ordres du général Brune, le général Guidal est
parti pour Vannes, le général Chambarlhac prendra le commandement du
département de l'Orne. Il se mettra en correspondance avec les généraux
qui seraient restés dans la Sarthe et la Mayenne. M. Bourmont qui
commande les chouans dans ce département, a accédé à la pacification. Il
n'en est pas moins nécessaire que le général Chambarlhac pousse vivement
tous les rassemblemens qui existeraient encore, soit dans le département
de l'Orne, soit dans la Sarthe ou la Mayenne. Il aura à cet effet
de bonnes colonnes, commandées par le général Merle et le général
Champeaux.
Vous ferez partir demain le deuxième bataillon de la quarante-troisième
et le deuxième bataillon de la soixante-seizième; trois pièces
d'artillerie légère, et le cinquième de dragons.
Cette colonne sera commandée parle chef de brigade de la
quarante-troisième. Cette colonne se rendra à Verneuil où elle restera
en réserve. Vous en préviendrez le général Chambarlhac, qui n'en
disposera qu'en cas d'un besoin éminent. Le commandant de cette colonne
vous préviendra, par des courriers extraordinaires, de tout ce qui
sera à sa connaissance, soit du côté d'Evreux, soit du côté de
Nogent-le-Républicain.
S'il se présente des rassemblemens de chouans, il les poursuivra.
Vous lui ferez connaître que sa principale mission est de rester en
observation, et d'être a votre disposition, selon les circonstances et
les nouvelles ultérieures que je recevrai.