BONAPARTE.

Paris, le 21 nivose an 8 (11 janvier 1800).

_Aux habitans des départemens de l'Ouest._

Tout ce que la raison a pu conseiller, le gouvernement l'a fait pour

ramener le calme et la paix au sein de vos foyers; après de longs

délais, un nouveau délai a été donné pour le repentir. Un grand nombre

de citoyens a reconnu ses erreurs et s'est rallié au gouvernement qui,

sans haine et sans vengeance, sans crainte et sans soupçon, protége

également tous les citoyens, et punit ceux qui eu méconnaissent les

devoirs.

Il ne peut plus rester armés contre la France que des hommes sans foi

comme sans patrie, des perfides, instruments d'un ennemi étranger,

ou des brigands noircis de crimes, que l'indulgence même ne saurait

pardonner.

La sûreté de l'état et la sécurité des citoyens veulent que de pareils

hommes périssent par le fer, et tombent sous le glaive de la force

nationale; une plus longue patience ferait le triomphe des ennemis de la

république.

Des forces redoutables n'attendent que le signal pour disperser et

détruire ces brigands, que le signal soit donné.

Gardes nationales, joignez les efforts de vos bras à celui des troupes

de ligne. Si vous connaissez parmi vous des hommes partisans des

brigands, arrêtez-les; que nulle part ils ne trouvent d'asile contre le

soldat qui va les poursuivre; et s'il était des traîtres qui osassent

les recevoir et les défendre, qu'ils périssent avec eux!

Habitans de l'Ouest, de ce dernier effort dépend la tranquillité de

votre pays, la sécurité de vos familles, la sûreté de vos propriétés;

d'un même coup vous terrasserez et les scélérats qui vous dépouillent,

et l'ennemi qui achète et paie leurs forfaits.

_Le premier consul_, BONAPARTE.

Paris, le 25 nivose an 8 (15 janvier 1800).

_Au brave Léon Aune, sergent des grenadiers de la trente-deuxième

demi-brigade[7]_.

J'ai reçu votre lettre, mon brave camarade; vous n'aviez pas besoin de

me parler de vos actions: je les connais toutes.

Vous êtes le plus brave grenadier de l'armée, depuis la mort de

Benezette. Vous avez eu un des cent sabres que j'ai distribués à

l'armée. Tous les soldats étaient d'accord que c'était vous qui le

méritiez davantage.

Je désire beaucoup vous voir. Le ministre de la guerre vous envoie

l'ordre de venir à Paris.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 217 / 342 题