BONAPARTE.

Paris, le 6 nivose an 8 (27 décembre 1799).

_Au sénat conservateur._

Sénateurs,

Les consuls de la république s'empressent de vous faire connaître que

le gouvernement est installé. Ils emploieront dans toutes les

circonstances, tous leurs moyens pour détruire l'esprit de faction,

créer l'esprit public et consolider la constitution qui est l'objet des

espérances du peuple français. Le sénat conservateur sera animé du même

esprit, et par sa réunion avec les consuls, seront déjoués les mal

intentionnés, s'il pouvait en exister dans les premiers corps de l'état.

_Le premier consul_, BONAPARTE.

Paris, le 7 nivose an 8 (28 décembre 1799).

_Au général Augereau, commandant en chef l'armée française en Batavie._

Je vous ai nommé, citoyen général, au poste important de commandant en

chef l'armée française en Batavie.

Montrez, dans tous les actes que votre commandement vous donnera lieu de

faire, que vous êtes au-dessus de ces misérables divisions de tribunes,

dont le contre-coup a été malheureusement, depuis dix ans, la cause de

tous les déchiremens de la France.

La gloire de la république est le fruit du sang de nos camarades; nous

n'appartenons à aucune autre cotterie qu'à celle de la nation entière.

Si les circonstances m'obligent à faire la guerre par moi-même, comptez

que je ne vous laisserai pas en Hollande, et que je n'oublierai jamais

la belle journée de Castiglione[5]. Je vous salue.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 212 / 342 题