Paris, le 21 brumaire an 8 (12 novembre 1799).
_Au peuple français._
La constitution de l'an III périssait; elle n'avait su, ni garantir
vos droits, ni se garantir elle-même. Des atteintes multipliées lui
ravissaient sans retour le respect du peuple; des factions haineuses et
cupides se partageaient la république. La France approchait enfin du
dernier terme d'une désorganisation générale.
Les patriotes se sont entendus. Tout ce qui pouvait vous nuire a été
écarté; tout ce qui pouvait vous servir, tout ce qui était resté pur
dans la représentation nationale s'est réuni sous les bannières de la
liberté.
Français, la république, raffermie et replacée dans l'Europe au rang
qu'elle n'aurait jamais dû perdre, verra se réaliser toutes les
espérances des citoyens, et accomplira ses glorieuses destinées.
Prêtez avec nous le serment que nous faisons _d'être fidèles à la
république, une et indivisible, fondée sur l'égalité, la liberté et le
système représentatif_.
Par les consuls de la république.