Au Caire, le 28 thermidor an 7 (15 août 1799).
<Au général Kléber._
Je reçois à l'instant, citoyen général, votre lettre du 26 à six heures
du matin; l'Arabe qui l'a apportée me dit être parti à neuf heures.
Je suis instruit qu'un grand nombre de bâtimens de ceux qui étaient à
Aboukir en sont partis le 25, et, si ce ne sont pas ceux-là qui viennent
faire de l'eau au Bogaz, ce sont des bâtimens qui étaient mouillés à
Alexandrette, et que le bruit des premiers succès d'Aboukir aura fait
mettre à la voile.
Le bataillon de la vingt-cinquième est parti pour vous rejoindre. Je
vous envoie la demi-galère _l'Amoureuse._
Vous pouvez disposer du général Vial qui est dans la Garbieh avec un
bataillon de la trente-deuxième; il a avec lui une pièce de canon.
La cavalerie qui était à Alexandrie, qui arrive à l'instant, se reposera
la journée de demain, et, si cela est nécessaire, je là ferai partir
sur-le-champ.
Quelque chose que ce convoi puisse être, je ne doute pas que vous n'ayez
eu le temps de réunir votre division et de vous mettre bien en mesure.
J'ai des nouvelles de Syrie à peu près conformes aux vôtres. Ibrahim-Bey
a avec lui deux cent cinquante mameloucks à cheval et cent cinquante à
pied, cinq cents hommes à cheval de Djezzar, et six cents hommes à pied.
Elfy-Bey n'a avec lui que quatre-vingts mameloucks: une partie des
Arabes cherche, comme à l'ordinaire, les moyens de les piller.
J'espère recevoir de vous, dans la journée de demain, des renseignemens
positifs sur cette flotte: pourvu qu'ils mettent trois jours à
débarquer, comme ils ont fait à Aboukir, et je ne suis plus en peine de
rien.
Je fais partir le chef de bataillon Rutty pour commander votre
artillerie.