Au Caire, le 17 messidor an 7 (5 juillet 1799).
_Au général Lanusse._
Je reçois, citoyen général, votre lettre du 17 messidor: je suis fort
aise que le village de Tatau soit innocent.
Le général Friant m'instruit, par une lettre du 14, que Mourad-Bey est
toujours à la fontaine de Rayenne. Il paraît qu'il y est malade de sa
personne. Le général Friant va se mettre en route pour le déloger.
Faites passer cette lettre au général Murat, et donnez-moi exactement
toutes les nouvelles que vous pourrez avoir de ce qui se passe dans le
Bahhireh.
Je vous ai envoyé plusieurs procès-verbaux sur les assassinats commis
sur nos courriers dans les villages de votre province; faites punir les
scheicks de ces villages. Faites qu'avant l'inondation le miri soit
levé. Envoyez-moi la note des villages qui, selon vous, ne sont pas
assez taxés, afin de leur demander un supplément. J'attends les trente
chevaux que je vous ai demandés.
Je vais sous peu de jours me rendre à Menouf, pour, de là, reconnaître
l'emplacement d'un fort au ventre de la Vache. Faites-moi connaître le
nombre d'ouvriers que vous pourrez rassembler dans votre province, afin
de pouvoir pousser vivement ce travail.
Je désire fort que vous ayez la gloire de joindre Mourad-Bey. Elle
serait due a l'activité et aux services que vous avez rendus pendant
notre absence.
Je n'ai point reçu le rapport du général Destaing, qui aura probablement
été pris sur un des courriers, égarés. Faites-moi part des renseignement
qu'il vous aurait donnés.