Au Caire, le 15 messidor an 7 (3 juillet 1799).
_Au général Reynier._
J'ai reçu, citoyen général, votre lettre de Seneta, du 10 messidor.
Toute la cavalerie de l'armée est dans ce moment-ci dans le Rahhireh; il
sera possible, cependant, de réunir une centaine de chevaux d'ici au 20,
en y mettant une partie de mes guides. Faites en sorte que, ce jour-là,
les cent hommes de cavalerie que vous avez soient à Belbeis, afin que
ces deux cents hommes réunis, avec une pièce de canon, et deux cents
hommes d'infanterie puissent nettoyer l'oasis. Je confierai cette
opération au général Lagrange.
Le seul moyen qui vient de réussir parfaitement au général Rampon, et
qui lui a fait lever en très-peu de temps cent chevaux et tout le miri
du Kelioubeh, c'est d'arrêter les scheicks qui ne payent pas, et de les
tenir en ôtages jusqu'à ce qu'ils aient donné de bons chevaux et payé le
miri. Avec votre infanterie et votre pièce de canon, vous en avez autant
qu'il vous en faut pour ne pas vous détourner un instant de l'importante
affaire de la levée du miri.
Pour surprendre Elfy-Bey dans l'ouadi, il faut que les troupes partent
le soir de Belbeis, marchent toute la nuit dans le désert, de manière à
arriver, à la petite pointe du jour, au santon.