BONAPARTE.

Au Caire, le 14 messidor an 7 (3 juillet 1799).

_Au général Desaix._

Je reçois, citoyen général, votre lettre du 3 messidor. J'ai reçu en

même temps une lettre du général Friant de Bénêçoùef, du 12 messidor; il

m'annonce que Mourad-Bey fuit dans le Bahhireh. Il est indispensable que

vous fassiez partir tout de suite pour le Caire tous les escadrons

ou hommes montés des neuvième de hussards, troisième, quatorzième et

quinzième de dragons. Gardez avec vous tous les hommes du vingt-deuxième

de chasseurs et du vingtième de dragons. Il me paraît qu'il'se trame

quelque chose dans le Bahhireh; plusieurs tribus d'Arabes et quelques

centaines de Maugrabins s'y sont rendus de l'intérieur de l'Afrique;

Mourad-Bey s'y rend. Si ce rassemblement prenait de la consistance, il

pourrait se faire que les Anglais et les Turcs y joignissent plusieurs

milliers d'hommes.

Nous n'avons encore, ni devant Damiette, ni devant Alexandrie, aucune

espèce de croisière ennemie.

On travaille tous les jours avec la plus grande activité aux

fortifications d'El-Arich et de Catieh.

On vous envoie tout ce qui reste du vingt-deuxième de chasseurs et du

vingtième de dragons.

Il part également une centaine d'hommes de votre division qui vont

vous rejoindre. Si vous pouvez vous passer du bataillon de la

soixante-unième, envoyez-le ici.

Le général Davoust est tombé malade et n'a pu remplir la mission que je

voulais lui confier.

L'état-major n'a pas l'état des officiers auxquels vous avez accordé de

l'avancement, envoyez-le moi, ainsi que celui des soldats auxquels vous

désirez qu'il soit accordé des récompenses.

J'attends des nouvelles d'Europe, Le vent commence à devenir bon et nos

ports sont ouverts. Au reste, Perrée, avec ses trois frégates, doit y

être arrivé: il était chargé de nos instructions particulières.

J'attache une importance majeure à la prompte exécution du mouvement de

cavalerie dont je vous ai parlé plus haut.

Le général Dommartin se rendant a Alexandrie sur un bâtiment armé, a été

attaqué par les Arabes. Il est parvenu, quoique échoué, à les repousser

avec la mitraille; mais il a deux blessures qui ne sont pas dangereuses.

On dit que vous avez quelques gros bâtimens provenant des mameloucks,

et quelques djermes désarmées: faites passer tout cela au Caire, nous

tâcherons d'en tirer parti.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 115 / 342 题