BONAPARTE.

Au Caire, le 29 prairial an 7 (17 juin 1799).

_Au même._

Le général Destaing se rend, citoyen général, dans le Bahireh avec un

bataillon de la soixante-unième, un bataillon de la quatrième s'y étant

précédemment rendu de Menouf. Mon intention est que la légion nautique

et la dix-neuvième, qui se trouvent à Rosette, en partent sur-le-champ

pour se rendre au Caire, et que le détachement de la vingt-cinquième,

qui est à Rosette, se rende à Damiette.

Le général Dommartin part pour Alexandrie; mon intention est que tout

l'équipage de campagne sans distinction, et la partie de l'équipage de

siège qu'il jugera nécessaire, se rendent sur-le-champ au Caire. Il est

autorisé à laisser à Alexandrie quatre pièces de campagne.

Vous aurez reçu plusieurs lettres que je vous ai écrites de Jaffa et de

Catieh. Tous les projets de l'ennemi ont été tellement déconcertés par

la campagne imprévue et prématurée de Syrie, que, s'ils tentent quelque

chose, cela sera découvert et facile à repousser. La province de Bahireh

vous fournira de l'argent; nous sommes ici fort pauvres.

Je ne conçois pas comment un brick anglais, restant à croiser devant

Alexandrie, se trouve maître de la mer: pourquoi une frégate ou des

bricks ne sortent-ils pas? Le citoyen Dumanoir a été autorisé à le

faire.

Je vous prie de m'envoyer au Caire l'agent divisionnaire qui a été

surpris vendant cent ardeps de blé, et le Français qui les achetait.

Faites venir au Caire tout l'argent provenant de la vente des effets de

ces deux individus.

Une grande quantité d'employés, d'officiers de santé se sont embarqués

pour France sans permission. Il me semble que cette police était aisée à

faire.

Vous avez eu tort dans toutes les discussions d'autorité que vous avez

eues. Le commissaire Michau se trouvait sous les ordres de l'ordonnateur

Laigle, et, eût-il été indépendant, la politique eût dû vous engager à

avoir des procédés différens, puisque tous les magasins de l'Egypte se

trouvant à la disposition de l'ordonnateur Laigle, c'est peu

connaître les hommes, que de ne pas voir que c'était vous priver des

approvisionnemens que je désirais avoir dans une place comme Alexandrie.

Sans cette discussion malentendue, vous auriez eu à Alexandrie quatre

cent mille rations de biscuit de plus.

L'ennemi se présentant devant Alexandrie ne descendra pas au milieu de

la place: ainsi, vous auriez le temps de rappeler les détachemens

que vous enverriez pour soutenir le général Destaing et lever les

impositions. Vous n'avez rien à espérer que de nos provinces de Rosette

et de Bahireh.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 60 / 342 题