BONAPARTE.

Au camp d'Acre, le 30 ventose an 7 (20 mars 1799).

_A l'émir Bechir_.

Après m'être emparé de toute l'Egypte, j'ai traversé les déserts et suis

entré en Syrie; je me suis emparé des forts d'El-Arich, Gaza et Jaffa,

qu'avaient envahis les troupes de Djezzar-Pacha; j'ai battu et détruit

toute son armée; je viens de l'enfermer dans la place d'Acre, dont je

suis occupé depuis avant-hier à faire le siége.

Je m'empresse de vous faire connaître toutes ces nouvelles, parce que je

sais qu'elles doivent vous être agréables, puisque toutes ces victoires

anéantissent la tyrannie d'un homme féroce qui a fait autant de mal à la

brave nation druse qu'au genre humain.

Mon intention est de rendre la nation druse indépendante, d'alléger

le tribut qu'elle paye, et de lui rendre le port de Bezuth, et autres

villes qui lui sont nécessaires pour les débouchés de son commerce.

Je désire que le plus tôt possible vous veniez vous-même ou que vous

envoyiez quelqu'un pour me voir ici devant Acre, afin de prendre tous

les arrangemens nécessaires pour vous délivrer de nos ennemis communs.

Vous pourrez faire proclamer dans tous les villages de la nation druse

que ceux qui viendront apporter des vivres au camp et surtout du vin et

de l'eau-de-vie, seront exactement payés.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome III. · 第 12 / 342 题