_Aux scheicks, ulemas, schérifs, orateurs de mosquées et autres habitans
du pachalic d'Acre_.
Dieu est clément et miséricordieux.
Dieu donne la victoire à qui il veut; il n'en doit compte à personne.
Les peuples doivent se soumettre à sa volonté.
En entrant avec mon armée dans le pachalic d'Acre, mon intention est de
punir Djezzar-Pacha de ce qu'il a osé me provoquer à la guerre, et de
vous délivrer des vexations qu'il exerce envers le peuple. Dieu, qui tôt
ou tard punit les tyrans, a décidé que la fin du règne de Djezzar était
arrivée.
Vous, bons musulmans, habitans, vous ne devez pas prendre l'épouvante,
car je suis l'ami de tous ceux qui ne commettent point de mauvaises
actions et qui vivent tranquilles.
Que chaque commune ait donc à m'envoyer ses députés à mon camp, afin que
je les inscrive et leur donner des sauf-conduits, car je ne peux pas
répondre sans cela du mal qui leur arriverait.
Je suis terrible envers mes ennemis, bon, clément et miséricordieux
envers le peuple et ceux qui se déclarent mes amis.