Au quartier-général du mont Carmel, le 28 ventose an 7 (18 mars 1799).
_A l'adjudant-général Grézieux._
Nous nous sommes emparés de Caïffa, où nous avons trouvé des magasins de
coton et trois mille quintaux de blé, prise d'autant meilleure, que
ce blé était destiné à l'approvisionnement de l'escadre qui bloque
Alexandrie.
Le capitaine Smith, avec deux vaisseaux de guerre anglais, est arrivé
d'Alexandrie à Saint-Jean d'Acre: ainsi, si notre flottille arrivait,
vous feriez débarquer promptement les denrées, vous feriez entrer dans
la rade les bâtimens, tels que _la Fortune_, qui pourraient y entrer, et
vous renverriez sur-le-champ les autres prendre leur station à Damiette.
Nous avons eu une affaire au village de Kakoun avec la cavalerie de
Djezzar, réunie à des Arabes et à des paysans. Après quelques coups de
canon, tout s'est dispersé; la cavalerie de Djezzar a fait en quatre
heures deux journées de marche; elle est arrivée à Acre le même jour
de l'affaire, et y à porté là consternation et l'effroi; la plupart de
cette cavalerie est aujourd'hui dispersée. L'investissement d'Acre sera
fait ce soir: faites connaître ces nouvelles à Damiette et au Caire.
Envoyez-nous le plus de biscuit et de riz que vous pourrez, sur des
bâtimens qui débarqueront à Courra ou à Tentoura: nous sommes bien
avec les habitans de ce pays, qui sont venus au devant de nous et se
comportent fort bien.