ARTICLE 14.

Les parties contractantes de part et d'autre promettent d'observer

sincèrement, fidèlement et de bonne foi, tous les articles contenus et

établis dans le précédent traité, sans faire ni souffrir qu'il y soit

fait de contravention directe on indirecte; mais au contraire, elles se

garantissent généralement et réciproquement toutes ses clauses.

[Illustration: texte arabe.]

* * * * *

_Note de l'auteur._--A la suite de son «voyage au Sénégal», Durand

a fait paraître un troisième tome, qu'il appelle «Atlas» et où sont

contenus les traités passés par lui avec les Maures, et 44 planches

dont les 16 premières sont des cartes et des plans et les autres des

gravures fort originales de scènes maures et sénégalaises.

De ces planches, seule, la 32e, fort curieuse et des plus fantaisistes,

mérite une mention. Elle représente «M. Durand recevant à son bord et

donnant à dîner au roi Hamet-Moctard et à sa famille».

Dans les trois traités passés par Durand figure celui de l'émir des

Brakna que nous donnons plus haut. Nous l'avons reproduit quand même

ici, afin que la collection des traités passés par la France avec les

Brakna fût trouvée ici au complet, et qu'au surplus l'Atlas de Durand

est à peu près introuvable.

Une note de l'Atlas relate:

«Ces traités sont en français et en arabe, ils sont précédés d'un

avertissement du citoyen Silvestre de Sacy, professeur d'arabe à la

Bibliothèque nationale, qui a bien voulu se charger de revoir le

texte, d'en suivre l'impression à l'imprimerie de la République,

et qui y a joint des notes aussi savantes qu'indispensables pour

l'intelligence de l'arabe.»

Nous nous permettrons ici de combler les lacunes que signale l'illustre

orientaliste dans son avertissement et dans ses notes. Parmi les mots

dont il n'a pu reconnaître l'origine il cite «baka», couteau: c'est

le vocable «paka» ouolof; de même «sit», miroir: c'est le ouolof

«sito». «Idjin», le vin, c'est sans doute le mot anglais «gin». Le

«bour Koursi» et non «Kirsen» c'est le «maître du trône». Le «Kariba»

est une déformation de «barika», barrique, baril. Les autres fautes,

signalées par lui dans le texte arabe, sont des erreurs de copiste.

Elles n'existent pas dans le texte original de nos Archives de Dakar.

De plus, le texte du traité, publié par Durand, porte un article

quinzième et dernier, qui semble bien avoir été ajouté après coup et

par lui-même, car il n'existe pas dans le texte officiel et au surplus

était du plus grand intérêt pour sa Compagnie. Le voici:

«ART. 15.--En cas de contestations sur l'exécution ou l'interprétation

d'un ou de plusieurs articles du présent traité, les parties

contractantes s'en remettent volontairement et sans retour à la

décision de M. le Gouverneur du Sénégal, et promettent de s'en tenir à

son jugement.»

Études sur l'Islam et les tribus Maures: Les Brakna · 第 148 / 245 题