Les parties contractantes de part et d'autre promettent d'observer
sincèrement, fidèlement et de bonne foi, tous les articles contenus et
établis dans le précédent traité, sans faire ni souffrir qu'il y soit
fait de contravention directe on indirecte; mais au contraire, elles se
garantissent généralement et réciproquement toutes ses clauses.
[Illustration: texte arabe.]
* * * * *
_Note de l'auteur._--A la suite de son «voyage au Sénégal», Durand
a fait paraître un troisième tome, qu'il appelle «Atlas» et où sont
contenus les traités passés par lui avec les Maures, et 44 planches
dont les 16 premières sont des cartes et des plans et les autres des
gravures fort originales de scènes maures et sénégalaises.
De ces planches, seule, la 32e, fort curieuse et des plus fantaisistes,
mérite une mention. Elle représente «M. Durand recevant à son bord et
donnant à dîner au roi Hamet-Moctard et à sa famille».
Dans les trois traités passés par Durand figure celui de l'émir des
Brakna que nous donnons plus haut. Nous l'avons reproduit quand même
ici, afin que la collection des traités passés par la France avec les
Brakna fût trouvée ici au complet, et qu'au surplus l'Atlas de Durand
est à peu près introuvable.
Une note de l'Atlas relate:
«Ces traités sont en français et en arabe, ils sont précédés d'un
avertissement du citoyen Silvestre de Sacy, professeur d'arabe à la
Bibliothèque nationale, qui a bien voulu se charger de revoir le
texte, d'en suivre l'impression à l'imprimerie de la République,
et qui y a joint des notes aussi savantes qu'indispensables pour
l'intelligence de l'arabe.»
Nous nous permettrons ici de combler les lacunes que signale l'illustre
orientaliste dans son avertissement et dans ses notes. Parmi les mots
dont il n'a pu reconnaître l'origine il cite «baka», couteau: c'est
le vocable «paka» ouolof; de même «sit», miroir: c'est le ouolof
«sito». «Idjin», le vin, c'est sans doute le mot anglais «gin». Le
«bour Koursi» et non «Kirsen» c'est le «maître du trône». Le «Kariba»
est une déformation de «barika», barrique, baril. Les autres fautes,
signalées par lui dans le texte arabe, sont des erreurs de copiste.
Elles n'existent pas dans le texte original de nos Archives de Dakar.
De plus, le texte du traité, publié par Durand, porte un article
quinzième et dernier, qui semble bien avoir été ajouté après coup et
par lui-même, car il n'existe pas dans le texte officiel et au surplus
était du plus grand intérêt pour sa Compagnie. Le voici:
«ART. 15.--En cas de contestations sur l'exécution ou l'interprétation
d'un ou de plusieurs articles du présent traité, les parties
contractantes s'en remettent volontairement et sans retour à la
décision de M. le Gouverneur du Sénégal, et promettent de s'en tenir à
son jugement.»