Je ne voulais que citer, et je n'ai pas pu m'empêcher de copier. Il y
a des pièces, en effet (et ce sont les plus parfaites), où la beauté
est dans le tout. Qui pourrait ne pas comprendre dans celle-ci la
touchante et involontaire adresse de ce tourment triste des derniers
vers qui ramène à la mélancolie vague de la personne innomée, des
pensées dont l'amour voudrait s'emparer pour lui faire sentir un vide
que lui seul pourrait combler?
Je n'ai jamais pu lire ces vers sans que mon coeur, humide de larmes,
ne sourît en même temps de l'involontaire habileté du poëte; c'est une
des notes les plus voilées et tout à la fois les plus pénétrantes de
la poésie aimante, qui, pour se tromper soi-même, prend la voix de la
simple amitié.