IV

Puis il parla, disant des mots longtemps pensés

Où, tel qu'un faucon, l'aile alourdie par l'orage,

Son âme luttait, voulant dompter l'amer pouvoir.

Il parla, murmurant des mots longtemps pensés:

--«C'est l'amer pouvoir dont tu m'ensorcelles,

Pliant mon vouloir à ta volonté,

Qui régit les rêves de mon lourd sommeil,

Et les heures brèves des brèves journées,

Toutes les minutes de mes heures brèves

Et l'insaisissable instant, trépassé;

Amer et pourtant d'une douceur telle

Que rien n'en rappelle la suavité,

Car les forts anneaux de la double chaîne,

Ce sont les baisers que ta bouche martèle.»

V

Et ses yeux dévoraient déjà les larges lèvres

Qu'un Dieu semble avoir faites exprès pour le baiser;

Il se plut à redire tout haut cette pensée,

Et ses yeux dévoraient déjà les larges lèvres.

La divine harmonie de leurs désirs unis

Absorba le murmure mourant des autres phrases;

A peine songeaient-ils, buvant à pleines lèvres

La divine harmonie de leurs désirs unis.

Lettres à Sixtine · 第 26 / 54 题