Voilà un mélodrame que j'ai fait, le dernier de plusieurs mélodrames
anglais qui ont Lagardère pour héros. Des mots remplacent l'action, des
mots remplacent le décor, les costumes, et les accessoires; mais enfin ce
pastiche n'est qu'une pièce et non un roman. Je l'ai fait pour Lewis
Waller, acteur romantique s'il en fut, et grandement doué des qualités
qui appartiennent par tradition à Lagardère. J'ai su, il y a longtemps,
grâce à M. Jules Claretie, que vous étiez le vrai createur de ce paladin,
Lagardère, pair de d'Artagnan, pair de Cyrano, pair presque de Roland et
d'Olivier. Et si je ne l'avais pas su, j'aurais pu l'apprendre
dernièrement en lisant ce livre aussi plein de charme que d'érudition,
"Les Anciens Théâtres de Paris" de M. Georges Cain. Mais je crois que
cette vérité est connue de peu de monde dans les pays où se parle la
langue anglaise, que quand on loue "Le Bossu" de Féval on doit aussi
louer "Le Bossu" de Sardou.