_Truandailles,_ par M. Jean Richepin.
1 vol. in-12, 3 fr. 50 (Charpentier).--Avec ce titre-là, il n'y a pas au
moins danger de s'y méprendre. Ce ne sont point des nouvelles à l'eau de
rose et la mère qui en permettrait la lecture à sa fille aurait
réellement perdu le sens, au moins le sens des mots. On savait bien que
M. Richepin était un oseur... Oh! oui, la preuve en était faite, en vers
ainsi qu'en prose. Mais on pouvait croire qu'une fois la queue de son
chien coupée, il oserait enfin une chose: avoir du talent ou du génie,
sans pistolet ni pétard, sans vouloir épater le bourgeois.
Il paraît que non; la queue de son chien repousse et, chaque fois,
l'auteur de la _Chanson des Gueux_ s'abandonne au plaisir de la couper.
_David d'Angers et ses relations littéraires._ Correspondance du maître
avec Victor Hugo, Lamartine, Chateaubriand, de Vigny, Lamennais, Balzac,
Charlet, Louis et Victor Pavie, lady Morgan, Cooper, Humboldt, etc.
publiée par Henry Jouin. 1 vol. in-8° avec un portrait inédit de David
d'Angers (Plon, Nourrit et Cie).--Nous ne dirons pas que ce volume vient
compléter l'ouvrage publié, il y a douze ans, par M. Henry Jouin: _David
d'Angers, sa vie, son oeuvre, ses écrits et ses contemporains_. Cette
biographie, éloquente et savante, n'avait pas besoin d'être complétée.
David et les hommes de son temps ont écrit ce livre, dit M. H. Jouin,
qui s'en déclare, il est vrai, responsable, mais comme éditeur
seulement, sorte de «mémoires des autres», à l'entendre; mais ces autres
ont les noms les plus illustres de la première partie du siècle. Au
milieu de noms plus célèbres se détache en première ligne celui d'un ami
du maître, Victor Pavie. Les proches de Pavie possédaient les lettres de
David; le fils du statuaire, M. Robert David d'Angers, conservait les
réponses de Pavie; qu'on ajoute à ces documents, qui font ressortir avec
relief la figure du maître, les autographes des contemporains «saluant
de tous les points du monde un artisan de leur gloire», et l'on aura
l'idée de la richesse et de l'intérêt d'une telle publication. M. Henry
Jouin a fait précéder le volume d'une introduction fort intéressante et
suivre la plupart des lettres d'une note qui fait connaître les
circonstances auxquelles elles se rapportent.
_Mémoires de la duchesse de Brancas,_ publiés avec préface, notes et
tables, par Eugène Asse.--Paris, Jouaust, 1890. In-18 elzévirien de
XLVII-233 pages. 3 fr. 50 c. La librairie des bibliophiles enrichit son
élégante petite «Bibliothèque des Mémoires» d'un volume tout à fait
curieux. C'est encore M. Eugène Asse, dont ont connaît la vaste
érudition historique et littéraire, qui, après nous avoir tout récemment
donné les _Mémoires de Mme de Lafayette_, publie aujourd'hui les
souvenirs de Mme de Brancas, sur Louis XV et Mme de Châteauroux. La
préface de l'habile éditeur est, par elle-même, un des chapitres les
plus piquants qui aient été écrits sur la «moralité» d'une certaine
partie de la cour, sous le règne du prince qui se piquait le moins de
vertu. Aux trop courts Mémoires de la duchesse de Brancas, M. Eugène
Asse a joint la correspondance (46 lettres de Châteauroux), ainsi qu'un
extrait bien choisi du fameux pamphlet, _Mémoires de la cour de Perse_,
le tout formant un ensemble très curieux, sinon fort édifiant.