Théâtre de l'Odéon; reprise des _Faux Bonshommes,_ comédie en quatre
actes, de MM. Barrière et Capendu.
La comédie des _Faux Bonshommes_ est trop connue pour que nous nous
étendions longuement à son sujet et pour que nous ne nous contentions
pas d'en annoncer la reprise, faite cette fois-ci sur notre seconde
scène française--en attendant mieux encore, sans doute. Tout l'intérêt
de la soirée se portait donc sur l'interprétation, et cette dernière,
sans être supérieure, a été suffisamment bonne pour nous démontrer que
la comédie de MM. Barrière et Capendu, bien qu'âgée de trente-quatre
ans, est toujours jeune et peut satisfaire non seulement les hommes mûrs
qui l'ont applaudie autrefois, mais les générations nouvelles.
L'Odéon n'avait pas de Péponet dans sa troupe, il a appelé à lui M.
Daubray, du Palais-Royal. M. Daubray, certes, est un excellent comique,
mais un comique plutôt qu'un vrai comédien, il a _joué_ le rôle de
Péponet, il n'a pas été Péponet. Le créateur du rôle, Delannoy, avait
autrement compris son personnage. Dumény dans le rôle d'Edgar, est
charmant, comme toujours, de finesse et de malice. Cornaglia fait M.
Dufouré, et il s'en acquitte consciencieusement, mais où est Parade?
Montbars mérite une mention toute particulière dans Bassecourt. Du côté
des femmes, nous citerons Mme Crosnier, parfaite de naturel, Mlle
Dieudonné, très mutine, et Mlle Dubut qui rend à merveille la douce
physionomie d'Emmeline. En somme, reprise très intéressante et dont le
directeur de l'Odéon n'aura pas à se repentir.