Constance avait déclaré incestueux les mariages des oncles avec leurs
nièces; Théodose les défendit entre cousins germains, sous peine du feu
et de la confiscation des biens. Ces alliances avaient été permises
jusqu'alors; mais la pudeur naturelle, qui les rendait fort rares, lui
parut une raison suffisante pour les interdire tout-à-fait[587]. Il
laissa cependant la liberté de les contracter sous une dispense obtenue
du prince. Arcadius modéra dans la suite la rigueur excessive de cette
loi, en retranchant la peine du feu; mais il déclara ces mariages
illégitimes, les enfants qui en naîtraient inhabiles à succéder et
à recevoir aucune donation de leurs pères, les femmes privées de
leur dot, qui serait dévolue au fisc. Quelques années après, Arcadius
abolit entièrement la loi de son père[588], que son frère Honorius
continua de faire observer dans ses états. Justinien rétablit dans
son Code l'ancien droit romain sur cet article, et permit dans tout
l'empire les mariages des cousins germains; mais la discipline de
l'Église a conservé la loi de Théodose; elle a toujours proscrit ces
alliances comme illicites, à moins qu'il n'y eût dispense accordée pour
les contracter. Le mélange des barbares faisait croître la licence
parmi les troupes. Les officiers et les soldats s'écartaient de leurs
quartiers pour piller leurs campagnes, et traitaient en ennemis les
sujets de l'empire. Théodose enjoignit aux gouverneurs des provinces et
aux défenseurs des villes, dont nous avons déja parlé, de l'instruire
sur-le-champ du nom de ceux qui se rendraient coupables de ces
désordres.
[Note 587: _Tantum pudori tribuens et continentiæ, ut consobrinarum
nuptias vetuerit, tamquam sororum._ Aur. Vict. epit. p. 233.--S.-M.]
[Note 588: Par une loi du 26 novembre 396.--S.-M.]
[Note latérale: XXVII.
Sarmates vaincus.