III.

M. de Las-Cases à Sainte-Hélène, auprès de Napoléon, le capitaine

Medwin, auprès de lord Byron en Italie et en Angleterre, furent chacun

un de ces échos providentiels que le hasard ou la volonté place à côté

de ces grands hommes pour répercuter à l'avenir leurs confidences

fausses ou vraies, intéressées ou désintéressées, selon qu'ils voulaient

parler à leur chevet ou parler, comme on dit, par la fenêtre. La

Providence ménage à ces hommes rares de pareils confidents: les uns

pour porter leur voix lointaine à leurs partisans, comme Las-Cases; les

autres, comme Medwin, pour donner au monde des notions familières et

vraies sur une des grandes natures de leur époque. Quand le plus grand

homme de l'Allemagne moderne eut vieilli sans perdre une seule des

facultés de son âme et sans perdre un seul des cheveux blanchis de sa

large tête, le ciel lui envoya Eckermann, comme le soir envoie au

voyageur son ombre prolongée qui le suit dans sa route afin de lui

certifier son image. Or, qu'était-ce qu'Eckermann?

Cours familier de Littérature - Volume 20 · 第 151 / 182 题